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par Michel SANTO

Radars, limitation de vitesse et Gilets Jaunes : le double jeu des Départements…

La bêtise, l’ignorance et la violence roulent souvent ensemble. Sa couleur ? Le jaune ! Celui de motards ou d’automobilistes qui ont détruit, incendié ou dégradé sur les routes de France, ou mis hors de service 2.250 radars. Un vandalisme légitime, expliquent nos motorisés : le contrôle de la limitation de vitesse ne servirait qu’à remplir les caisses de l’État. Ce serait du « racket fiscal ». Absurde ! Qu’en est-il réellement ?

L’an dernier 1,01 milliard d’euros a été collecté par les radars (contre 579 millions d’euros en 2013), et la quasi-totalité des amendes (91,2 %) a permis de financer l’amélioration du réseau routier (406 millions €) ; des projets sécurisés de collectivités territoriales, départements, métropoles (270 millions €) * ; le déploiement et la maintenance des systèmes automatiques de contrôle et de sanction gérés par la Délégation à la sécurité routière (250 millions €). Le reste de cette somme, 8,8%, seulement, (88,7 millions €)  a été affecté au désendettement de l’Etat. *

Les collectivités territoriales, et les budgets des Départements en particulier (ils ont la compétence “routes”), sont donc aussi alimentés par les radars. On les a mêmes vus, ces Départements, paradoxalement, relayer la critique des Gilets Jaunes concernant la limitation de la vitesse à 80 km/h, en invoquant l’absence de consultation ; mais sans préciser toutefois qu’ils bénéficiaient financièrement de son contrôle radar.

Depuis, le Premier Ministre leur a soumis l’idée d’exercer la liberté de conserver ou pas cette limitation de vitesse… mais d’en  assumer toutes les conséquences. La réaction de leurs Présidents, en tous cas le mien (dans l’Aude), ne s’est pas faite attendre : « s’il part (le Premier Ministre) sur cette base, qu’il assume et qu’il maintienne le 80 km/h ». En d’autres termes : qu’il me donne la liberté de faire ou de ne pas faire, mais pas la responsabilté. Péguy disait de la duplicité qu’elle consistait à jouer « deux jeux étrangers et à volonté contraires. ». Nous y sommes. Pas très républicain tout ça !  

 

*Des chiffres à mettre en perspective avec le  document de politique transversale relatif à la sécurité routière publié en annexe du PLF pour 2019, où l’on apprend que l’État a consacré en 2017 plus de 3,7 milliards € à la politique de sécurité routière et que  le coût total des 61 224 accidents corporels survenus l’an passé est estimé, quant à lui, à 39,7 milliards €.

 

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