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par Michel SANTO

Rémunération de Carlos Ghosn: Un niveau d’indécence maximum.

   
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Conférence de Carlos Ghosn crédits Ecole polytechnique Université de Saclay (CC BY-SA 2.0)


 

En 2010, j’avais écrit un billet, que je remets en ligne aujourd’hui après que Renault a décidé, contrairement à la décision prise par son Assemblée Générale réunie le 29 avril, de maintenir le salaire de son PDG malgré le vote contraire des actionnaires. Une enveloppe de 7,2 millions d’euros jugée «excessive» pourtant par le cabinet de conseil aux investisseurs Proxinvest. D’autant plus que cette rémunération s’ajoute aux 8 millions d’euros perçus au titre de ses fonctions de PDG de Nissan, une société détenue à 43,4 % par Renault, comme le précise le journal La Croix, dans son édition du 1 mai

500 000 dollars (407 000 euros) ! C’est le montant évoqué par Barak Obama  pour des dirigeants de sociétés renflouées par l’Etat fédéral à l’automne 2009.

A peine arrivée sur nos côtes, la proposition a été immédiatement attaquée, en général d’ailleurs par des dirigeants d’entreprises ou des représentants du monde patronal, qui, la main gauche sur le cœur et la droite dans une poche, en appellent plutôt à la retenue qu’à des mesures restrictives. «Laissons, dans un marché des dirigeants mondialisé, la libre négociation fixer le montant des salaires au risque de voir les meilleurs partir faire fortune ailleurs», nous disent ces bonnes âmes. Comme si n’existaient pas en France des dirigeants de qualité qui accepteraient des tarifs égaux ou supérieurs à 407 000 euros. L’autre argument avancé est le faible nombre de personnes concernées. Seuls, en effet, 35 000 foyers fiscaux déclarent des revenus de plus de 200 000 euros. Une goutte d’eau ? Soit ! Mais dans une société où il est demandé des sacrifices financiers à tout un chacun, ces revenus aux sommets vertigineux apparaissent comme des contre-modèles d’exemplarité. Pour ne pas dire  de décence. Et si le droit ne peut assurer ce genre de «régulation morale» dans les conseils d’administration de sociétés privées, reste que l’Etat peut, par la fiscalité, notamment, rendre dissuasive l’attribution de telles rémunérations. Il est des moments, dans la vie d’un pays, où il faut avoir le courage de tracer les limites au-delà desquelles la liberté perd sa force d’émancipation pour se transformer en force de conservation… de privilèges injustifiables.


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