Un moment dans ma querencia, chez Lionel Giraud, à sa « cave à vin et à manger »…

Je.9.11.2023

Moment de vie : Chez La Table Lionel Giraud – Maison Saint Crescent : à sa « Cave à vin et à manger »

Quand le ciel du jour est trop chargé en nouvelles toxiques et pensées tristes, plutôt que de me poser sur une chaise pour faire zazen, je file m’asseoir à « La cave à vin et manger » de Lionel Giraud. Ne me demandez pas pourquoi. C’est ainsi !

Chez lui, les images et les idées brumeuses du matin s’évaporent. J’y vais comme François Mauriac à sa querencia, un coteau couvert de vigne à Malagar. Un lieu d’élection, un repaire que la tauromachie, qui ne lui était pas étrangère, définit comme un espace invisible dans l’arène, une sorte de refuge mental que son instinct assigne au taureau.

Je le cherche aussi quand j’entre chez Lionel Giraud. Et mon regard se porte tout aussi instinctivement vers une petite table à deux places que nous aimons beaucoup. Située, au centre de sa belle salle, lumineuse et « aérée », elle est souvent libre. Elle l’était mardi et nous y fûmes accompagnés par le maître d’hôtel avec ce mélange de courtoisie et de bienveillance propre à rassurer l’esprit, à lui redonner confiance.

Assis, la lecture de la carte et du menu du jour fut vite faite. Leur style est simple et repose de ces feuilles incompréhensibles et indigestes présentées dans certaines « maisons » outrageusement prétentieuses dont la lecture épuise avant même d’avoir avalé sa première bouchée.

Bref ! Mardi midi, notre choix s’est vite arrêté en entrée sur un crémeux de cèpes assorti de petits morceaux de jambon croustillants avec son jaune d’œuf confit tout simplement parfait ; un paleron de bœuf effiloché, nappé d’une sauce Maury, moelleux à souhait, a suivi dans un plat délicatement coloré par une purée de cèleri fine et subtile ; et pour conclure, une dacquoise à l’amande, souple à cœur et croustillante, ornée d’une généreuse crème diplomate aux marrons nous a régalés.

Deux mots enfin sur le verre de vin bu sur le paleron. Toujours le même à cette table : un « Loulou » du Mas Baux (Canet en Roussillon). Un vin sans chichi, élégant et lumineux de robe, franc et joyeux. Servi un peu frais, il libère d’heureux arômes de fruits rouges. Pour la petite histoire, Serge et Marie-Pierre Baux ont créé cette « bouteille » à la naissance de leur première petite-fille, Louise. Loulou…

Je disais donc de cette « Cave à vin et à manger » qu’elle était une de mes querencias, un repaire, un de ces lieux sûrs qui réconcilient avec le monde et donnent envie d’écrire. Je disais aussi qu’elle était personnelle. Mais je ne voudrais pas laisser croire qu’elle est exclusive. Chacun peut y retrouver en effet des affinités électives. Et puis le mot sonne bien. Querencia ! On dirait un tango de Carlos Gardel.

Les querencias sont aussi des mots de passe !

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