Une hirondelle de mer.

Je 25.6.2025

Voilà un bel article de Peggy Sastre. Lu ce matin. Sous mon mûrier. Un café aux bords des lèvres. En compagnie d’une tourterelle. Toujours la même. Elle connaît mes habitudes. Elle attend quelques miettes de pain.

Un bel article, disais-je. Jubilatoire. Écrit comme on tire une balle : droit, précis, sans demander pardon. Visée ? une petite armée de journalistes indignés. Prêts à mourir – de honte ! –pour une blague de Sophie Aram.

Qu’elle eut surnommé, dans sa chronique du 15 juin, Greta Grunberg, Miss Krisprolls, et rebaptisé son expédition : Des Wasa pour Gaza, était, pour ces « vertueux », outrageusement, perversement raciste.

Peggy Sastre, elle, n’a pas tremblé. Elle a regardé ce grand théâtre de l’offense en service commandé comme on regarde un poisson trop petit : amusant, bruyant, sans intérêt pour le dîner.

Dans un monde où on fabrique du drame à la louche, avec du sucre et du pathos, le poisson a mordu. Pas un requin, juste un banc de sardines journalistes, pleines de principes et vides de sel.

Le papier dit vrai : il n’y a plus de tempêtes, alors on fait des vagues avec un doigt levé. On envoie la déontologie sur le front, armée d’un hashtag, pendant que la vraie douleur — celle qui pue, qui hurle, qui crève — est reléguée au paragraphe d’après.

Aram, elle, a ri. Et comme tous ceux qui rient encore dans cette époque d’air conditionné moral, elle s’est fait fusiller à bout portant. Pour une biscotte.

Entre temps, ai nagé dans une mer plate. Le vent d’ouest avait fait son office. À droite, à gauche, personne. Du sable. Et une hirondelle de mer. Un oiseau merveilleux. Vol stationnaire pendant quelques secondes. Puis, descente à la verticale. Ailes au corps. Foudroyante. Et vive remontée dans les airs. Sa cible au bec. En vain s’agitant.

Ps : Merci à Olivier Ranson pour avoir mis en partage ce papier de Peggy Sastre.

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