𝐎𝐜𝐜𝐢𝐭𝐚𝐧𝐢𝐞 : 𝐥𝐚 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐚𝐢𝐧𝐞𝐭𝐞́, 𝐮𝐧 𝐦𝐨𝐭 𝐯𝐨𝐥𝐞́.

Lu dans l’Indépendant du jour : « l’Occitanie résiliente entend proposer un nouveau modèle de développement pour assurer la souveraineté économique, énergétique, sanitaire et alimentaire de la région. » C’est le rapporteur du budget qui l’affirme.

Rien que ça.

L’Occitanie. Une région. Sans monnaie. Sans armée. Sans frontières. Sans politique commerciale. Sans politique énergétique propre. Sans sécurité sociale. Sans diplomatie.

Mais souveraine. Complètement.

On empile les adjectifs comme on empilait jadis les slogans. Résiliente. Durable. Inclusive. Et maintenant souveraine. Le mot est lourd, sérieux, presque martial. Il donne l’illusion du pouvoir à défaut de l’avoir.

Une région ne négocie pas des traités. Ne fixe pas ses normes. Ne protège pas ses frontières économiques. Ne décide pas du prix de l’énergie. Ne contrôle ni ses importations ni ses exportations. Elle gère. Elle répartit. Elle subventionne. Parfois intelligemment. Souvent à la marge.

Ce lexique martial compense l’impuissance réelle d’élus ligotés par les normes et les budgets.

Parler de « pleine souveraineté », c’est confondre collectivité territoriale et État-nation. Ou faire semblant de ne pas voir la différence. Dans les deux cas, c’est préoccupant.

La souveraineté n’est pas un slogan. C’est un rapport de force. Et à ce jeu-là, l’Occitanie ne joue pas. Elle commente.

Mais le mot claque. Il rassure. Il fait sérieux. Alors on le brandit. Comme un drapeau sans hampe.

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