𝐐𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐂𝐚𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐬𝐞 𝐭𝐚𝐢𝐭.

Le festival est terminé. Les palmes distribuées. Les leçons de morale éteintes avec les projecteurs.
Je pensais à cela depuis plusieurs jours. Je n’ai rien publié pendant la fête. Trop de bruit. Trop de poses. Il fallait attendre le silence.
La Croisette rejoue chaque année la même liturgie : robes, flashes, tapis rouge, vertus proclamées sous les ors. On y parle du monde, de ses drames, de ses blessures. Puis les voitures repartent. Les coupes se remplissent. La fête continue.
Comme dans « L’Idiot », chacun semble jouer son rôle jusqu’au bout. Les causes deviennent des accessoires. Les indignations, un langage mondain. Derrière les sourires et les discours, l’argent veille en silence.
Le contraste finit par devenir obscène. Le réel sert de décor moral à une célébration du luxe et de l’entre-soi.
Aujourd’hui, les marches sont vides. Les lumières tombées. Et dans ce calme revenu, quelque chose apparaît plus nettement : derrière les dorures, il n’y avait souvent qu’un grand vide poli.
Mots-clefs : Festival de Cannes




