𝐒𝐞𝐥𝐨𝐧.

Des mairies envahies. D’autres incendiées.
Une place de la République saccagée.
Des magasins pillés.
Des commissariats attaqués.
L’appartement d’une préfète vandalisé.
Des enseignants et des proviseurs agressés.
Des policiers blessés.

Les explications ne manquent pas.
Des violences marginales, voire inexistantes.
Le seul moyen de se faire entendre.
Le fait de policiers infiltrés.
Ou la conséquence des violences policières.

Et des mouvements politiques organisés,
à bas bruit ou ouvertement,
qui la légitiment ou l’encouragent.

À force de slogans et de soupçons,
le débat se ferme.
La violence devient acceptable
quand la cause paraît légitime.
La dénoncer suffit à vous ranger
dans le camp adverse.

Comme si condamner une violence
revenait à en excuser une autre.

Elle n’a jamais sa place.
Je me demande seulement
à qui ce brouillage profite.

Ceux-là n’ont même pas besoin de parler.
Ils engrangent des voix.