𝐓𝐫𝐨𝐮𝐞́𝐞.

Un étang plat, gris comme du métal. Deux collines basses, sombres, qui descendent l’une vers l’autre sans se toucher. Au-dessus, un ciel fermé, étage sur étage.

Un étang plat, gris comme du métal. Deux collines basses, sombres, qui descendent l’une vers l’autre sans se toucher. Au-dessus, un ciel fermé, étage sur étage. Le soleil, je ne le vois pas. Il est quelque part derrière les nuages, tout près de l’horizon, et sa lumière ne passe que par la fente entre les collines : une bande orange, tendue comme un drap sur une corde. Plus haut, à droite, une autre, plus petite, qui lui répond.

Je suis au bord de l’eau. Je connais cet endroit. Nous y venions, elle et moi. Nous parlions peu. Nous regardions.

Pas un bruit, sauf l’eau qui touche à peine la rive.

La lumière tient encore un moment. Puis l’étang la reprend par le bas.

Au village, une table est dressée.
Chez Marine.
Christine et Alain m’attendent.

Illustration : Étang de Gruissan. 15 octobre 19:18