Le feuilleton est bien scénarisé. Avec Valls en super héros face à des frondeurs siégeant à la fête de l’Huma, coachés par une Martine Aubry en pleine braderie et chatouillés par un Melenchon kervialisé, son succès médiatique était assuré. Va-t-il tomber ? titrent ce matin encore, journaux et télés.
En ce dimanche soir, j’ouvre mon « Jardin d’Epicure », d’Anatole France. Au hasard des pages, comme à mon habitude, je note trois de ses observations et les dépose ici. En viatique d’un voyage hebdomadaire où elles éclaireront de leurs feux les mœurs de certains de nos coreligionnaires. Les nôtres, aussi…
J’ai trouvé chez des savants la candeur des enfants, et l’on voit tous les jours des ignorants qui se croient l’axe du monde. Hélas! chacun de nous se voit le centre de l’univers. C’est la commune illusion. Le balayeur de la rue n’y échappe pas. Elle lui vient de ses yeux dont les regards, arrondissant autour de lui la voûte céleste, le mettent au beau milieu du ciel et de la terre. Peut-être cette erreur est-elle un peu ébranlée chez celui qui a beaucoup médité. L’humilité rare chez les doctes, l’est encore plus chez les ignares.
L’intolérance est de tous les temps. Il n’est point de religion qui n’ait eu ses fanatiques. Nous sommes tous enclins à l’adoration. Tout nous semble excellent dans ce que nous aimons, et cela nous fâche quand on nous montre le défaut de nos idoles. Les hommes ont grand peine à mettre un peu de critique dans les sources de leurs croyances et dans l’origine de leur foi. Aussi bien, si l’on regardait trop aux principes, on ne croirait jamais.
Cet homme aura toujours la foule pour lui. Il est sûr de lui comme de l’univers. C’est ce qui plaît à la foule; elle demande des affirmations et non des preuves. Les preuves la troublent et l’embarrassent. Elle est simple et ne comprend que la simplicité. Il ne faut lui dire ni comment ni de quelle manière, mais seulement oui ou non.
La déferlante actuelle de déclarations de sincérité et de transparence, de vraies fausses démissions, de « photos volées », de livres confidences ou de pseudos réflexions, d’annonces jamais réalisées, et la série d’invraisemblables comportements d’un conseiller de la présidence de la République qui prétend s’être fait « épurer », d’un ministre qui ostensiblement à la télé « ment », d’un autre qui se fait virer pour avoir lésé le fisc et son kiné, sans parler d’un couple d’ex (ministres) en escapade amoureuse après l’avoir été eux aussi, virés, montrent à quel point les hommes et les femmes politiques de notre temps sont hélas devenus « normaux »…
Ce billet , je l’ai écrit le 14 mars 2008! Six années plus tard, alors que l’on s’achemine vers l’automne, un vent de colère soulève à nouveau notaires, huissiers, pharmaciens, architectes, greffiers ou plombiers: ils contestent le projet du gouvernement de déréglementer leurs professions. Comme il n’a pas pris une ride, il suffit d’en changer la saison, je le publie à nouveau ici::
𝐋𝐞 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧 Le matin entre Comme avant Quelque chosene suit pas Une robe bleue dans le placard. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime ça :J’aime chargement… […]
Loana.Un drame.Dans l’heure, les textes s’alignent. Même structure. Même ton.On désigne vite : une époque, un système, une foule.La responsabilité se dilue. L’indignation se concentre. […]