Chronique de Narbonne: le vrai-faux débat sur les charges de personnel de la Ville !

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Hier, la presse « affolait » le lecteur contribuable en titrant : « Ville et agglo: le débat récurrent des charges de personnels », un article illustré, pour faire bonne mesure, d’un graphique présentant les courbes de l’évolution des charges de personnel de ces deux collectivités. Un montage « en face à face » repris à Anticor 11 qui , ne faisant pas dans la nuance, se garde bien de préciser que l’essentiel de l’augmentation des personnels du Grand Narbonne résultait du fait qu’entre l’année de sa création et aujourd’hui ont été intégrés à son effectif initial les personnels des communes des cantons de Ginestas et de Sigean. Une obligation imposée par loi! Et puis, les statistiques, dans ce genre de débat politicien, comme à l’habitude, chaque partie sort les siennes et les interprète selon ses intérêts politiques et électoraux. Ainsi, avec ses courbes racoleuses à souhait, on accablera le maire battu, tandis que ce dernier en sortira d’autres (les charges de personnel par habitant, par exemple) tout aussi « vraies » que celles de son adversaire, pour vanter sa bonne gestion passée:

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Qu’en est-il donc réellement de ces charges de personnel? Comme tous les rapports de Chambres Régionales des Comptes le notent , elles ont effectivement augmenté (trop!) dans toutes les communes et agglos de France, qu’elles soient dirigées par la Gauche ou la Droite. Et ce dans un contexte de crise des finances publiques que n’ont pas vu ou voulu voir les élus. En conséquence, les recettes suivant à peu près le cours de l’inflation et les dépenses de fonctionnement et d’investissement augmentant beaucoup plus fortement que les recettes, la différence a été compensée par le recours à l’emprunt et « l’assèchement » des capacités d’autofinancement, c’est à dire des réserves. C’est ainsi qu’à Narbonne, et c’est le seul chiffre officiel certifié par la Direction Générale des Finances Publiques à prendre en compte pour établir une stratégie budgétaire, la capacité d’autofinancement net a fondu comme neige au soleil: 750 000 euros! contre 9 millions en 2008 et 4 millions en 2009. Notre commune se trouve donc dans la même situation que nombre d’autres (1) où, pour investir, ne pouvant plus laisser filer les dettes, il lui faut impérativement reconstituer sa capacité d’autofinancement. L’actuelle municipalité ayant promis de ne pas faire jouer le recours à l’impôt,  pour, au contraire, diminuer la pression fiscale et l’État diminuant sa Dotation Globale tout en lui transférant des charges (la réforme des rythmes scolaires), que lui reste-t-il comme autres leviers disponibles? La diminution drastique des charges de fonctionnement? Les personnels ne pouvant pas être licenciés et leurs traitements étant fixés par l’État , les départs à la retraite peu nombreux et la sous-traitance induisant elle même des charges, rien ou trop  peu à espérer de ce côté là. Reste l’autre volet des subventions aux associations et des fêtes et cérémonies. Beaucoup plus aisé  de tailler dans ces dépenses, en théorie, il n’y faut, en effet, que du courage politique et de la constance, avec pour inconvénient, tout de même, de faire de nombreux mécontents. L’expérience prouve que les limites de cet exercice sont en général vite atteintes et qu’il serait vain d’en attendre des miracles… Du côté de l’investissement à présent, le recours à l’emprunt étant plus que contraint par l’autofinancement, l’étau pourrait être cependant desserré  par la procédure dite du partenariat public-privé, mais pour des projets ne générant pas de charges de fonctionnement directes ou indirectes (voir plus haut). Bref, on l’admettra facilement, et sans me faire le procès  de n’en faire que d’intention, les marges de manoeuvres de la Ville sont faibles. Le temps de la clarté sur les véritables orientations budgétaires de la Ville est venu , comme celui des choix engageant l’avenir qui seront ensuite  effectivement faits… Des choix, comme ceux que devront  encore faire l’État et l’ensemble du secteur public pendant de nombreuses années; des choix forcément rigoureux – pour ne pas dire douloureux!

(1) Il est dénombré environ 600 communes qui n’ont plus de marges de manoeuvre. Voir « les Échos »:(Ici)

 

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