Chronique de Narbonne: le vrai-faux débat sur les charges de personnel de la Ville !

10629828_787123701309137_3593244128433659673_n

Hier, la presse « affolait » le lecteur contribuable en titrant : « Ville et agglo: le débat récurrent des charges de personnels », un article illustré, pour faire bonne mesure, d’un graphique présentant les courbes de l’évolution des charges de personnel de ces deux collectivités. Un montage « en face à face » repris à Anticor 11 qui , ne faisant pas dans la nuance, se garde bien de préciser que l’essentiel de l’augmentation des personnels du Grand Narbonne résultait du fait qu’entre l’année de sa création et aujourd’hui ont été intégrés à son effectif initial les personnels des communes des cantons de Ginestas et de Sigean. Une obligation imposée par loi! Et puis, les statistiques, dans ce genre de débat politicien, comme à l’habitude, chaque partie sort les siennes et les interprète selon ses intérêts politiques et électoraux. Ainsi, avec ses courbes racoleuses à souhait, on accablera le maire battu, tandis que ce dernier en sortira d’autres (les charges de personnel par habitant, par exemple) tout aussi « vraies » que celles de son adversaire, pour vanter sa bonne gestion passée:

Capture d’écran 2014-09-12 à 13.21.45

Qu’en est-il donc réellement de ces charges de personnel? Comme tous les rapports de Chambres Régionales des Comptes le notent , elles ont effectivement augmenté (trop!) dans toutes les communes et agglos de France, qu’elles soient dirigées par la Gauche ou la Droite. Et ce dans un contexte de crise des finances publiques que n’ont pas vu ou voulu voir les élus. En conséquence, les recettes suivant à peu près le cours de l’inflation et les dépenses de fonctionnement et d’investissement augmentant beaucoup plus fortement que les recettes, la différence a été compensée par le recours à l’emprunt et « l’assèchement » des capacités d’autofinancement, c’est à dire des réserves. C’est ainsi qu’à Narbonne, et c’est le seul chiffre officiel certifié par la Direction Générale des Finances Publiques à prendre en compte pour établir une stratégie budgétaire, la capacité d’autofinancement net a fondu comme neige au soleil: 750 000 euros! contre 9 millions en 2008 et 4 millions en 2009. Notre commune se trouve donc dans la même situation que nombre d’autres (1) où, pour investir, ne pouvant plus laisser filer les dettes, il lui faut impérativement reconstituer sa capacité d’autofinancement. L’actuelle municipalité ayant promis de ne pas faire jouer le recours à l’impôt,  pour, au contraire, diminuer la pression fiscale et l’État diminuant sa Dotation Globale tout en lui transférant des charges (la réforme des rythmes scolaires), que lui reste-t-il comme autres leviers disponibles? La diminution drastique des charges de fonctionnement? Les personnels ne pouvant pas être licenciés et leurs traitements étant fixés par l’État , les départs à la retraite peu nombreux et la sous-traitance induisant elle même des charges, rien ou trop  peu à espérer de ce côté là. Reste l’autre volet des subventions aux associations et des fêtes et cérémonies. Beaucoup plus aisé  de tailler dans ces dépenses, en théorie, il n’y faut, en effet, que du courage politique et de la constance, avec pour inconvénient, tout de même, de faire de nombreux mécontents. L’expérience prouve que les limites de cet exercice sont en général vite atteintes et qu’il serait vain d’en attendre des miracles… Du côté de l’investissement à présent, le recours à l’emprunt étant plus que contraint par l’autofinancement, l’étau pourrait être cependant desserré  par la procédure dite du partenariat public-privé, mais pour des projets ne générant pas de charges de fonctionnement directes ou indirectes (voir plus haut). Bref, on l’admettra facilement, et sans me faire le procès  de n’en faire que d’intention, les marges de manoeuvres de la Ville sont faibles. Le temps de la clarté sur les véritables orientations budgétaires de la Ville est venu , comme celui des choix engageant l’avenir qui seront ensuite  effectivement faits… Des choix, comme ceux que devront  encore faire l’État et l’ensemble du secteur public pendant de nombreuses années; des choix forcément rigoureux – pour ne pas dire douloureux!

(1) Il est dénombré environ 600 communes qui n’ont plus de marges de manoeuvre. Voir « les Échos »:(Ici)

 

Mots-clefs : , , , , , , ,

Articles récents

  • J’ai lu « Le cul de Judas » d’Antonio Lobo Antunes.
    𝐀𝐧𝐭𝐨́𝐧𝐢𝐨a 𝐋𝐨𝐛𝐨 𝐀𝐧𝐭𝐮𝐧𝐞𝐬 𝐞𝐬𝐭 𝐝𝐞́𝐜𝐞́𝐝𝐞́ 𝐥𝐞 𝟓 𝐦𝐚𝐫𝐬 𝟐𝟎𝟐𝟔 𝐚̀ 𝐋𝐢𝐬𝐛𝐨𝐧𝐧𝐞. 𝐉’𝐚𝐢 𝐥𝐮 𝐋𝐞 𝐜𝐮𝐥 𝐝𝐞 𝐉𝐮𝐝𝐚𝐬. 𝐏𝐚𝐫𝐦𝐢 𝐥𝐞𝐬 𝐧𝐨𝐭𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞𝐬 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬, 𝐜𝐞𝐥𝐥𝐞-𝐜𝐢 : Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime ça :J’aime […]
    Aucun commentaire
  • 𝐍𝐚𝐫𝐛𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐬𝐞𝐥𝐨𝐧 𝐥𝐞 𝐦𝐞𝐞𝐭𝐢𝐧𝐠.
    𝐃𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐞𝐞𝐭𝐢𝐧𝐠𝐬, 𝐥𝐚 𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐯𝐚 𝐭𝐨𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐭𝐫𝐞̀𝐬 𝐦𝐚𝐥.𝐂’𝐞𝐬𝐭 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐬𝐮𝐜𝐜𝐞̀𝐬 : 𝐢𝐥 𝐟𝐚𝐮𝐭 𝐝𝐞𝐮𝐱 𝐜𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥’𝐚𝐩𝐩𝐥𝐚𝐮𝐝𝐢𝐫. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime ça :J’aime […]
    Aucun commentaire
  • 𝐈𝐦𝐚𝐠𝐞 𝐦𝐨𝐫𝐭𝐞.
    Un écran noirsur le chemin de la place au Blé,ce matin. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime ça :J’aime chargement… […]
    Aucun commentaire
  • 𝐋’𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐣𝐨𝐮𝐫.
    Une chute. Lourde.Les secours dans la chambre.Elle cherche son regard.Le transport aux urgences. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime ça :J’aime chargement… […]
    Aucun commentaire
  • 𝐋𝐚 𝐬𝐚𝐥𝐥𝐞 𝐛𝐥𝐚𝐧𝐜𝐡𝐞.
    La salle est blanche, clinique. Elle est assise, une bulle de plastique et d’ondes sur les oreilles. Quinze ans, peut-être. Son pouce balaie l’écran du téléphone. Le monde s’arrête […]
    Aucun commentaire

En savoir plus sur Contre-Regards

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Continue reading