Benjamin à la plage.

Me 23.07.2025

Il passe tous les jours devant ma cabane. Vers quinze heures.
Trente ans peut-être. Blond. Le visage doux.
Il dit « Bonjour » sans insister. Toujours avec la même jeune fille. Discrète. Ils se ressemblent.
Il tire une petite remorque. Parasols, chaises, serviettes.
Et tout ce qu’il faut pour pêcher.
Sur la plage, ils s’installent un peu à l’écart.
Ils se baignent. Moins que les autres.
Lui, il prend un masque et un tuba. Il part loin, chercher des appâts.
Elle l’attend.
Puis lui caresse les cheveux.
Il rêve.
Quand la plage se vide, il plante ses cannes dans le sable. Lentement.
Seul.
Parfois il prend deux dorades. Trois, rarement plus.
Ce soir-là, le ciel était rose, lavé de bleu.
Benjamin ne bougeait presque pas.
Ses gestes épousaient le murmure des vagues.
Il respirait avec la mer.
C’était le dernier souffle du jour.

Le cœur simple de Jules Renard.

Di 20.07.2025

On lit Jules Renard pour son ironie sèche, son œil de lynx sur les ridicules du monde littéraire. On le lit pour ses piques, ciselées comme des aphorismes : “Il ne manque à ce comédien que d’être vrai”, ou encore : “Flaubert a de la barbe à l’intérieur”.

La Cour, encore !

Sa 19.07.2025

La Cour, encore !

Sous l’Ancien Régime, les lettrés savaient à qui plaire pour obtenir pension, protection ou brevet d’office. Molière avait Louis XIV. Boileau aussi. Et Racine finit historiographe du roi. Il y avait des charges, des grâces, des faveurs. Cela s’appelait la Cour, avec majuscule.

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