Contre-Regards

par Michel SANTO

La crise sanitaire agit comme un révélateur de nos propres déficiences civiques…

     

C’est d’une grande banalité que de l’écrire, mais cette crise sanitaire de grande ampleur, comme tout état détresse collective, social et politique, révèle d’une manière presque caricaturale certains traits de caractère propres à notre nation, aux individus qui la composent.

Narbonne ! Municipales2020 : un second tour qui s’annonce ouvert…

 

Narbonne. Hôtel de ville.

 

 

Rapide analyse, à chaud. Les résultats sont à présent connus. Juste derrière Didier Mouly avec 34,64%, on trouve Nicolas Sainte-Cluque avec 23,81%, puis Nathalie Granier-Calvet avec 10,93%, Viviane Thivent (LVEC) avec 10,54%, Jean-François Daraud (LRN) avec 10,39% des voix, David Granel avec 7,31% des voix, puis Jordan Perello avec 1,27% des voix et enfin Nathalie Delavallez avec 1,11% des voix.

Ce soir, les plateaux télévisuels de ces municipales étaient moralement insupportables…

     

#Coupdegueule Ben voilà ! Je viens de fermer la télé. Des plateaux où des Royal (mais on l’invite à quel titre cette dame en totale perdition intellectuelle et politique ?), des Corbières, des Retaillau, des Bardella… se vautrent dans une démagogie indécente, dans le moment même où notre pays traverse une crise sanitaire d’une ampleur exceptionnellement grave pouvant entraîner la mort de milliers de personnes, m’étaient devenus insupportables. Mais comment peut-on moralement s’abaisser ainsi ? Mais comment peut-on encore, ne serait-ce qu’écouter, une opposition aussi minable ? Ce soir, j’éprouve un profond dégoût pour ce genre de politiciens sans scrupules. Et que l’on puisse accorder sa confiance à ce genre de personnages incapables de se hausser au niveau des exigences d’un pays vivant une situation aussi dramatique, me terrorise.

Scène de la vie narbonnaise (et d’ailleurs !): “Ce matin, sur la plage des Ayguades…”

   

Gruissan. Plage des Ayguades

 

“M” et “J” habitent à l’année dans un mobil-home situé à une dizaine de mètres de la plage des Ayguades. Ils y vivent depuis trois ans ; sans rien regretter de leur maison, de leurs voisins et amis de leur ancienne petite cité ariégeoise. À les entendre, n’en restent dans leur mémoire que de vagues souvenirs qu’enveloppent une sorte de brume.

Quelques notes en passant, publiées sur Facebook…

       

Victime !

« — D’où parles-tu ?

 — Ben, de mon bureau.

 — Je m’en fous ! Ton âge, ton sexe, ta couleur de peau, ton boulot, tes goûts : sexuels, alimentaires, musicaux, littéraires…

 — C’est un peu intrusif, non ? 73 ans à Pâques, blanc, hétero, et, de ce qu’en sais, de sexe masculin…

 — Et tu te permets d’exprimer un point de vue sur les femmes, les noirs, les jaunes, les jeunes, les LGTBQRTSXV… ?

 — Ben, oui !

 — Salaud ! Salaud, de t’approprier ainsi leur statut de victime. Sans remords, culpabilité, ni honte. Que sais-tu de leurs souffrances ?

 — Ah ! Mais, mes parents et…

 — Tais-toi ! dominant patriarcal et salaud, tu es ; dominant, patriarcal tu resteras. Mais les dominés bientôt auront ta peau (chanté)…

 — Oh ! Pourrais-je alors lire Proust, Césaire et Cendrars, ?

 — Change de moeurs, de couleur et coupe toi un bras, d’abord…

 — Oh ! Non !

 — Adieu !

 — Adieu ?! »

Victimes toujours ! On dirait que les souffrances et le sang des victimes alimentent les organes de presse ; qu’ils imbibent l’encre des nouvelles publiées dans les journaux.

« […] les livres ont amplifié les mythes ; – mais quelques mythes suffisaient. Ainsi le mythe du Narcisse […]. Vous savez l’histoire. Pourtant nous la dirons encore. Toutes choses sont dites déjà ; mais comme personne n’écoute, il faut toujours recommencer. » Gide : Le Traité du Narcisse. »

Comme on ne se baigne jamais deux fois dans un même fleuve, on ne lit jamais deux fois le même poème. Expérience faite encore, avec celui de Pierre Reverdy peint sur un des murs du Conservatoire de Musique – Conservatoire situé à quelques mètres seulement de mon appartement. Pierre Reverdy, que l’on a peine à lire, dit-on souvent, m’est ainsi apparu hier, contrairement à mes lectures précédentes, d’une belle et rugueuse simplicité. Au point d’y relever une petite « faute » – la trouverez-vous ? – du peintre l’ayant copié ; faute qui, depuis des années, ne m’avait pourtant pas sauté aux yeux.

Écrire. Écrire seulement quatre lignes et être un moment, un moment seulement, ailleurs…

Humour ! Le slogan le plus drôle de la Narbonnaise dans cette campagne des municipales : « Ensemble Gruissan, Terre et Mer d’Avenir » ! Merd’avenir ! Vraiment ? Crotte alors !