Sur la route du retour, écoute de Proust : Sodome et Gomorrhe, avec la voix de Guillaume Gallienne.

 
 
 
 
 
 
 
Sur la route du retour, en voiture, écoute de Proust : Sodome et Gomorrhe, sur Audible, avec la voix de Guillaume Gallienne. C’est éblouissant ! Je connaissais le texte, mais l’entendre ainsi lu avec tant d’intelligence ne peut jamais s’oublier. À ce moment, par exemple, le fou rire m’a pris :
« La marquise douairière ne se lassait pas de célébrer la superbe vue de la mer que nous avions à Balbec, et m’enviait, elle qui de La Raspelière (qu’elle n’habitait du reste pas cette année) ne voyait les flots que de si loin. Elle avait deux singulières habitudes qui tenaient à la fois à son amour exalté pour les arts (surtout pour la musique) et à son insuffisance dentaire. Chaque fois qu’elle parlait esthétique, ses glandes salivaires, comme celles de certains animaux au moment du rut, entraient dans une phase d’hypersécrétion telle que la bouche édentée de la vieille dame laissait passer au coin des lèvres légèrement moustachues, quelques gouttes dont ce n’était pas la place. Aussitôt elle les ravalait avec un grand soupir, comme quelqu’un qui reprend sa respiration. Enfin s’il s’agissait d’une trop grande beauté musicale, dans son enthousiasme elle levait les bras et proférait quelques jugements sommaires, énergiquement mastiqués et au besoin venant du nez »
Fort heureusement, quand Gallienne rendait ainsi merveilleusement tout le ridicule « savant » et comique de la marquise de Cambremer, j’entrais à très faible allure sur l’aire d’une station service. À « La Junquera », précisément.
 
 
 
 
 

Quelques mots sur une carte postale du 28 juillet 1907, mais que d’histoires…

     
Cette vieille carte postale a été écrite le 28 juillet à la gare de Narbonne par un nommé Armand. Il disposait d’une heure avant de prendre l’express de Toulouse. Il devait se rendre à Foix. Il faisait « beau temps », précise-t-il à ses « chers parents ». Son écriture est précise et soignée. Notamment, l’adresse du destinataire, remarquablement calligraphiée. Surtout les majuscules F et P. Magnifiques ! Dans ses courbes, ses pleins et ses déliés, sans doute Armand tenait-il à montrer aussi à ses « proches » son profond respect et la noblesse de ses sentiments.
Cela fait bien longtemps que cette carte postale me sert de marque page et passe ainsi d’un livre à l’autre. Comme pour cet « anonyme » qui l’avait insérée dans ce « pavé » des éditions « Bouquins » rassemblant les grands romans de Graham Greene ; livre que j’ai trouvé au pied d’une poubelle publique et qui figure désormais en bonne place dans ma bibliothèque.
Je me suis toujours demandé ce qui, ce jour-là, dans cette gare de Narbonne, avait traversé l’esprit d’Armand après qu’il eut posté cette carte. Se remémorait-il les évènements dramatiques survenus dans cette ville un mois plus tôt : la troupe tirant sur des viticulteurs et faisant quatre morts dont une jeune fille de vingt ans, Julie Bourrel ? Et quel âge avait-il et qu’allait-il faire à Foix, le 28 juillet 1907 ? (Une semaine plus tard, le croiseur cuirassé « Gloire », bombardait la ville de Casablanca…)
Cent quinze ans me séparent d’Armand. Je ne connais rien de lui que cette modeste carte postale. Quelques mots assez banals finalement. Quand je l’ai retirée d’entre les pages de la « Puissance et la Gloire », précisément, j’aurais pu m’en débarrasser. Mais voilà, quelques traits de plume m’ont retenu. Ceux, indiscutables, j’aime à le croire, d’un jeune homme au caractère vif, à l’éducation sûre et au style affuté. Depuis, quand je l’ai sous les yeux, je me raconte, au milieu de la grande, la sienne et la mienne aussi, de petites histoires.
 
 
 
 
 
 

Didier Codorniou rejoint Carole Delga dans son combat contre LFI et son populisme d’extrême gauche…

       

La présidente de la Région Occitanie a refusé de se soumettre à l’accord de dupes imposé par Mélenchon à ce qui reste de « frondeurs » dans son ex-parti – inutile à ce stade de se voiler la face. Son premier vice-président, PRG, Didier Codorniou la suit, qui diffuse sur les réseaux sociaux son appel à combattre cette capitulation historique devant un populisme d’extrême gauche aux accents autoritaires et mensongers. Et dans mon département, l’Aude, celui aussi de Codorniou, les choses, en surface au moins, sont claires – enfin ! façon de parler. Une seule circonscription a été octroyée par Mélenchon au PS ; et c’est la conseillère régionale Sophie Courrière Calmon, au profil pourtant droitier et macroniste, qui, de fait, a été adoubée par LFI avec l’incandescent soutien de sa fédération qui, autrefois, c’est-à-dire hier, soutenait hardiment Manuel Valls. Comme me le disait un proche conseiller de Carole Delga , au détour d’un commentaire sur Facebook : « ça sent le sapin ! »

       

Patrice Strazzera : Le sommeil des épaves, sa quête de vérité…

 
 
 
 
 
Patrice Strazzera est un ami passionné de plongée et d’histoire. Dès qu’il le peut, il quitte son atelier d’artisan-bijoutier pour explorer les fonds marins en quête d’épaves du siècle dernier : machines de guerres, avions et bateaux. De ces voyages dans ce monde du silence peuplé de cadavres de fer et d’acier, il en revient avec de superbes argentiques en noir et blanc. Des images troublantes et puissantes de gorgones autour desquelles évoluent des nuages de pescaille. Qu’on ne s’y trompe pas, cependant, Patrice Strazzera, ne voyage pas dans ces « eaux » en touriste. Sa quête passionnée est le fruit d’une longue et patiente préparation physique et intellectuelle. Et sa recherche, un chemin de vérité. Les épaves aux contours froissées par la tragédie et ridées par le temps qu’il nous montre sont les traces résiduelles d’un temps de violences. Il nous rappelle aussi que ces machines de guerre qui gisent enveloppées de mystère et de beauté au fond des mers, sommeillent dans les profondeurs de notre inconscient. Sans jamais tomber dans l’oubli ! Les feux et les bruits de canons entendus aujourd’hui aux frontières de l’Europe en témoignent. Avec cette exposition, Patrice Strazzera nous invite enfin à garder la mémoire vive et nos sens en éveil. Une œuvre salutaire en ces temps somnambuliques.
 
 
Patrice Strazzera « Le sommeil des épaves » : du 4 mai au 26 juin, à la chapelle des Pénitents-Bleus. Narbonne.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

La gauche, c’est moi ! Le Premier Ministre, c’est moi ! La Répubique c’est moi ! La France c’est moi !!

 

Olivier Ranson

     

Contrairement à ce que je lis et entend un peu partout dans la médiasphère, l’alliance politique conclue entre LFI, PS, EELV et PCF n’est pas l’expression d’une recomposition politique inaugurale d’une offre politique de long terme à gauche. Elle n’est « qu’un sauve qui peut » électoral sans principes, ripoliné par un marchand d’illusions qui court désespérément après son rêve de « grand timonier » national et populiste. J’observe que ce personnage autoritaire et sans scrupules, qui s’est construit une image de dirigeant politique au-dessus des « magouilles politiciennes », se sera donc conduit, dans cette dernière séquence préélectorale, comme un « vulgaire » épicier – pour reprendre sa rhétorique publique – distributeur de circonscriptions et, conséquemment, de financements publics. Une descente ruineuse dans la « réalité politique » où il entraîne à sa suite le PS – surtout, qui hier soir a signé, au terme d’une longue agonie, son acte de décès – et les autres parties prenantes à cet accord. Finalement, tant sur ces thèmes – sorties de l’Europe, de l’OTAN, de l’OMC… – que sur ces méthodes, le pilotage par LFI de cette dernière tentative, fantasmée et ridicule, d’obtenir une majorité de gauche à l’Assemblée, fait le lit de l’extrême droite. Une extrême droite mariniste qui occupe désormais à droite – LR, atomisé à la présidentielle, est en liquidation de biens et d’élus – la plus grande part de l’échiquier électoral, et qui, jusque dans les rangs d’intellectuels proches de LFI et de JLM, est désormais considérée comme fréquentable, car penchant à « gauche »…

       

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