La gauche, c’est moi ! Le Premier Ministre, c’est moi ! La Répubique c’est moi ! La France c’est moi !!

 

Olivier Ranson

     

Contrairement à ce que je lis et entend un peu partout dans la médiasphère, l’alliance politique conclue entre LFI, PS, EELV et PCF n’est pas l’expression d’une recomposition politique inaugurale d’une offre politique de long terme à gauche. Elle n’est « qu’un sauve qui peut » électoral sans principes, ripoliné par un marchand d’illusions qui court désespérément après son rêve de « grand timonier » national et populiste. J’observe que ce personnage autoritaire et sans scrupules, qui s’est construit une image de dirigeant politique au-dessus des « magouilles politiciennes », se sera donc conduit, dans cette dernière séquence préélectorale, comme un « vulgaire » épicier – pour reprendre sa rhétorique publique – distributeur de circonscriptions et, conséquemment, de financements publics. Une descente ruineuse dans la « réalité politique » où il entraîne à sa suite le PS – surtout, qui hier soir a signé, au terme d’une longue agonie, son acte de décès – et les autres parties prenantes à cet accord. Finalement, tant sur ces thèmes – sorties de l’Europe, de l’OTAN, de l’OMC… – que sur ces méthodes, le pilotage par LFI de cette dernière tentative, fantasmée et ridicule, d’obtenir une majorité de gauche à l’Assemblée, fait le lit de l’extrême droite. Une extrême droite mariniste qui occupe désormais à droite – LR, atomisé à la présidentielle, est en liquidation de biens et d’élus – la plus grande part de l’échiquier électoral, et qui, jusque dans les rangs d’intellectuels proches de LFI et de JLM, est désormais considérée comme fréquentable, car penchant à « gauche »…

       

Je ne connaissais pas Sandra Hurtado Ros, jusqu’à ce que je la vois et l’entende chanter Miguel Hernandez, notamment !

 
 
 
 
 
Je ne connaissais pas Sandra Hurtado Ros, jusqu’à ce que je la vois et l’entende chanter au piano samedi dernier dans la salle des Synodes de l’Hôtel de Ville de Narbonne. Toute de noir vêtu, longue et fine, elle a magnifiquement interprété de sa belle voix de soprano des textes en occitan de Max Rouquette et Gérard Zuchetto, ainsi que des poèmes de Miguel Hernandez et Antonio Machado. Le petit orchestre qui l’accompagnait était dirigé avec beaucoup de sensibilité par Bertand Bayle. Il s’en dégageait une grande harmonie musicale et affective. La voix puissante, charnelle et sensible de Sandra Hurtado Ros quant à elle magnifiait la beauté des textes qui nous étaient si généreusement offerts. Je dois dire que j’ai été particulièrement touché par deux des poèmes de Miguel Hernandez (No quiso ser ; En el fundo del hombre). Un poète très peu connu du public français, mais qui, ici, dans cette ville et les villages environnants n’est pas sans éveiller quelques échos dans de nombreuses familles, comme la mienne. Car Miguel Hernandez est né en effet Orihuela et a vécu quelque temps à Cox, le village tout proche de mon grand-père paternel. Je disais que je ne connaissais pas Sandra avant qu’elle ne nous donne ce récital, mais je dois quand même préciser ici que je connais un peu ses parents et sa mère surtout. Je sais aussi que dans cette famille oncle et frères ont été ou sont musiciens. Alors Sandra, merci ! Merci pour avoir réservé dans votre concert un petit moment de l’histoire de familles venues de ce « coin » d’Espagne entre Elche et Alicante, tout un quartier de Narbonne où elles vécurent dans la pauvreté et la poésie simple de Miguel Hernandez, ce poète chevrier ardent et généreux au destin tragique qui parle encore et toujours au cœur de chacun.
 
 
Tristes guerres
si l’amour n’en est l’enjeu.
Tristes. Tristes.
 
Tristes armes
si les mots ne sont de feu
Tristes. Tristes.
 
Tristes hommes
si d’amour ils ne meurent.
Tristes. Tristes.
 
Miguel Hernandez.
 
 
 
 
 
 
 

Cox. Statue de Miguel Hernandez de sa femme et son fils.

 
 

Le sommeil des épaves…

   

Tous les matins ou presque, je fais un grand tour de ville à pied d’environ 4 km, en mode « balade » récréative et contemplative. Tour de ville que je boucle assez souvent d’ailleurs à la terrasse d’un bistrot dans lequel j’ai mes habitudes. Mais avant, je me serai toutefois arrêté de brefs instants devant les deux boîtes à livres des jardins dits de la « Révolution » et de « Bourg ». Comme aujourd’hui où, dans la caisse de la seconde, j’ai trouvé, gisant au milieu d’une vile paperasse, cette revue du PS de 2003 « Construire la gauche du XXI siècle ». Était-ce le premier et dernier geste d’un militant perdu refusant la tutelle insoumise sur son parti « signée » cette nuit ? Le moment en tout cas aura été bien choisi par ce malheureux « anonyme », me disais-je. Sur tous les panneaux publicitaires municipaux balisant mon parcours, en effet, était promue l’exposition photo de mon ami Patrice Strazzera : « Le sommeil des épaves ». – Je profite de l’occasion pour vous inviter à vous y rendre nombreux. Elle est magnifique !

     

Les socialistes audois se soumettent à LFI et à Jean-Luc Mélenchon…

     

       

Voilà qui est dit ! Les socialistes audois sont en accord avec leur direction nationale : soumission politique et programmatique à LFI et à son candidat premier ministre Jean-Luc Mélenchon ; tandis que dans le même journal, le même jour, Carole Delga, la présidente socialiste de leur Région Occitanie réitère son refus de toute alliance avec eux.

R.C.N ! La fin du club des cinq…

         

Ils étaient cinq présidents du RCN. Anciens joueurs ou entraîneur. La pratique et la science du jeu réunies. À ce paquet de première ligne, un Directeur Général, l’ancien maire socialiste de Narbonne et député, président de l’Agglo aussi, était adjoint. Son capital relationnel devait multiplier miraculeusement subventions et sponsoring. Comme les pains et les poissons ! Un bloc de compétences inouï pour la Pro 2. Un collectif puissant qui allait redonner du rêve et de l’espoir au RCN ; faire exploser de joie les « tribunes » du Parc des Sports et de l’Amitié. Las ! Jamais ne fut enregistré dans l’histoire du club de « saison » aussi catastrophique et humiliante que celle-ci. Avec le bonus d’une descente en Nationale et un record olympien de points encaissés. Mardi, dans la petite boutique du stade, le pack des cinq a donc décidé de passer la main à « d’autres ». Sans plus d’explications ! On aurait cependant pu attendre une analyse sérieuse et approfondie des raisons de cet échec, pourtant programmé, prévisible ; des raisons qui sont structurelles : économiques et financières. Eh bien, non ! Dans un grand et bel encart vert de l’Indépendant du jour, Gilles Belzons, l’un des cinq, envoie le « ballon » de leur défaite collective dans les mains du maire : « On n’a pas un stade de rugby » ; « il manque des food-trucks, des buvettes, des points de vente et des loges ». Ah bon ! On imagine la tête de Didier Mouly, à l’heure de son petit déjeuner, tournant les pages de son journal, recevoir plein pot « l’ovale » de Bebel dans son bol de céréales « bios ». Un coup à faire des cuirs toute la journée. Fort heureusement, quelques lignes plus haut, le président Campos, lui, plus lucide, précisait : « On a atteint notre seuil d’incompétence. » Qui osera le démentir ?

         

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