C’est Jean Tuffou qui m’a remis en mémoire ce texte de Max Rouquette, que l’on trouvera dans les » roseaux de Midas « . Un ensemble » d’écrits au quotidien « , entre 1945 et 1999, traduit de l’occitan par l’auteur et publié par l’ami Max Chaleil aux » Editions de Paris » ( 2000 ).
La première phrase, page 51 datée du 6 juin 1978, m’avait alors à proprement parler saisi : » J’avais besoin – je le croyais – d’éclaircissements. Je croyais nécessaire de reproduire la vérité telle qu’elle est. » Et la dernière, encore aujourd’hui, ne cesse de m’habiter : » Car écrire ce n’est pas copier le monde, mais le refaire, l’inventer dans l’air de la liberté, les lambeaux de vérité n’étant que le bois de ce grand feu, un bois qui se meurt en cendre. » Beaucoup considère Max Rouquette comme le plus grand écrivain d’expression occitane. Sans doute ! Mais c’est aussi et surtout un de nos plus grands écrivains; un maître de la prose poétique: » Arbres dans la forêt. Droits et tendus vers le ciel. Silencieux, ils s’écoutent. Ils écoutent la voix des autres.Cette écoute engendre un silence terrible. Pour que l’on puisse entendre le rouge-gorge. » ( page 108, à la date du 7 avril 1981)
…C’est qu’ils portent en eux, les arbres fraternels, Tous les débris épars de l’humanité morte Qui flotte dans leur sève et, de la terre, apporte A leurs vivants rameaux ses aspects éternels.
Et, tandis qu’affranchis par les métamorphoses, Les corps brisent enfin leur moule passager, L’Esprit demeure et semble à jamais se figer Dans l’immobilité symbolique des choses.
Willy Ronis, l’un des derniers représentants de la photographie humaniste française, est décédé dans la nuit du vendredi 11 septembre, à peine un mois après son 99e anniversaire. Au-delà des scènes capturées sur les pavés parisiens, Ronis était aussi le photographe de la condition ouvrière. Des clichés simples et d’une puissance saisissante comme celui, devenu mythique, de cette femme qui harangue la foule aux usines Citroën en 1938. Il disait : « J’ai de l’empathie naturelle pour mes semblables et sans faire d’angélisme, j’ai rencontré assez peu de salauds. » Une chance dans ce monde où ils pullulent…
Allez, ne mégottons pas notre plaisir ! Cette deuxième éditiondu « Festival Trenet » est plutôt réussie. Comme l’ensemble des « animations ». Quelques petits réglages ça et là, et, sur la durée, une forme, enfin cohérente et de qualité, devrait émerger et donner à Narbonne un visage estival reconnu au-delà de ses » frontières naturelles « . Si l’essentiel du passé a été heureusement conservé : jazz, musique baroque, encore fallait-il renouveler et dynamiser le reste d’une programmation assez banale et usée.Lui donner une orientation plus festive. Les « années folles » et » Trenet » y ont incontestablement réussi. Et, de surcroît et à la manière du » fou chantant » , le ciel n’aura pas été gris. Il aura fallu certes se lever, se laver, se vêtir.Chanter mêmequand on n’avait plus rien à dire. Mais, finalement, je crois que ce rêve d’août a eu du bon…Comme le dit la chanson!
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