Lu ceci dans la presse locale : « Ce lundi 23 juin, en fin d’après-midi, un homme de 32 ans, originaire de Toulouse, a sauté du haut de la falaise surplombant le gouffre de l’Oeil Doux. » Ayant visiblement perdu la tête, c’est sur le dos , dans l’eau, que cet apprenti plongeur a terminé son vol ; pour se retrouver dans les airs à bord d’un hélico , grièvement blessé … On lui souhaite bon vent !
Et toujours dans l’Indépendant du jour, ce titre : » le Cru Corbières sort la tête de l’eau et maintient son cap » . Après avoir bu la tasse , le Cru maintient donc sa ligne. Dans l’eau ? Quel pastis !
Texte de Maxime Tandonnet :
Il est toujours difficile de se repérer à un instant donné dans les grands courants de l’histoire, de s’élever du quotidien, prendre du recul, de la perspective et de se situer aujourd’hui par rapport à la marche du monde.
Hier après-midi, je m’en suis allé. Je m’en suis allé pour ne point fêter la musique. Ou du moins pas cette musique là. Je veux dire cette grande et anarchique débauche de décibels au milieu de laquelle circulent de somnambuliques grappes humaines .
C’est un restaurant musical comme on en voit dans certains films américains, entre Narbonne et Gruissan. Au milieu de nulle part , Sylvain, le jeune maître de maison, sait accueillir ses clients amateurs de jazz et de bonne musique autour de menus simples et savoureux. L’ambiance en salle, en terrasse ou sur l’ancien chemin de halage respire » l’esprit du lieu » : un ilot cerné par les eaux d’étangs et de rizières. Le soir venu, ses lumières clignotent sur celle du canal de la Robine. En toile de fond, la » Clape » offre ses formes lascives, que le soleil couchant caresse de nuances cuivrées. C’est un endroit, comme ce soir d’été, où l’on rencontre une amie danoise perdue de vue, une petite troupe de sexagénaires anglo saxons descendus d’un village des Corbières, un inconnu venu en Panhard de collection, dont je sais à quel point sa restauration fut difficile, un fonctionnaire démissionnaire faisant office de serveur, des musiciens de Toulouse venus en spectateurs et d’autres personnages assemblés ici dans une joyeuse et nostalgique ambiance des années 60. Sur scène les Oldies, nous remettaient en tête et en corps ACDC, les Stones, Hendrix, The Animals… la joie et l’insouciance d’une génération qui vit se briser les codes et les moeurs d’une société bloquée : les français s’ennuyaient disait-on !… C’était un soir d’été , au Tournebelle, loin, très loin des médiocres » animations » bistrotières des centres-ville alentours et d’un pseudo festival de jazz . Au plus près de ce qu’offre de sincérité un paysage à nul autre pareil. Si par bonheur ou par hasard vous prenez l’envie de vivre quelques heures hors de la vulgarité marchande quotidienne , c’est à la Guinguette qu’il vous faut rendre. A minuit ou à la pointe du jour, quand s’éteignent les lumières et que les yeux brillent, les rizières ressentissent du chant d’amour des grenouilles…
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