Concordance des temps : Narbonne vue par André Gide.

Je 6.2.2025

Concordance des temps !

Un mois encore sans verres adaptés à la vue de près. La conséquence est qu’il me faut des lunettes loupes pour lire et écrire ; ce qui me fatigue. Je me contente donc de courtes plongées dans des Journaux d’écrivains, notamment. Ainsi, ce matin, j’ai ouvert au hasard celui d’André Gide *, pour y trouver ceci noté le 19 Août 1930 :

« Obtenu de moi de ne plus regarder à la dépense. Du reste j’ai plus grand besoin de confort qu’au plus beau temps de ma jeunesse où le dénuement d’alentour m’exaltait et enorgueillissat ma ferveur. J’avais couché à Narbonne ; excellente chambre. Trop paresseux pour décrire l’extraordinaire aspect de la promenade publique, des quais ; à chaque extrémité, un cinéma public, en plein air, chargé d’achalander les cafés, mais profitant en surcroit à tout un peuple oisif ; grouillement indistinct d’enfants assis à terre. »

La promenade publique, les quais et les cafés ont bien changé, il est vrai, mais, cet après-midi, un autre « peuple » tout aussi oisif y jouira paisiblement d’un ciel uniformément bleu. Un ciel d’hiver d’une douceur printanière sous lequel, à la terrasse ensoleillée d’un café, je laisserai mon esprit partir en vadrouille.

*Journal 1889-1939. La Pléiade. Septembre 1951. Page 1008.

Illustration : La photographie doit avoir été prise dans les années 30, un jeudi, jour de marché, où propriétaires, négociants et courtiers en vin des campagnes (domaines viticoles) et villages environnants venaient à la ville pour faire des affaires. Plusieurs cafés étaient situés sur le cours qui longe la promenade des Barques. Les jours de grande affluence, tables et chaises envahissaient la chaussée.

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