Un soir, au théâtre.

Avant-hier soir, théâtre. A l’affiche, de la danse contemporaine. Le ballet de Lorraine y présentait cinq pièces. La meilleure, à mon goût, signée Mathilde Monnier et Jean François Duroure : Mama, Monday, Sunday or Always. Le programme nous invitait à y voir des danseurs (en réalité des danseuses dont deux hommes en longs tutus) ayant « des airs de détectives privés ». Que je n’ai pas vus. Je les ai pourtant longtemps cherché. Scrutant les moindres indices. Gestuels et vestimentaires. Les imperméables, peut-être ? La pièce ne durant que 20 minutes, j’ai vite abandonné. Vaincu ! L’art contemporain vous place souvent dans ce genre de situation. La création est une co-production. L’artiste assure la livraison des matériaux. Les spectateurs la «  mise en quelque chose ». Forme (!!!), perspective (???), abyme (pourquoi pas), situation (forcément), concept (sans doute). Qui, chez les plus cuistres de nos amateurs, se résume à un « c’est intéressant » aussi vague que prétentieux. L’infiniment creux au service de l’infiniment vide…

 

 

 

Vive les belges!.

Chaque gare a son odeur.

A Lille, c’est celle de la frite et à Bruxelles celle du chocolat,dont on connaît les vertus apaisantes. Elles expliquent sans doute le comportement de nos amis belges : un mélange d’innocence, de bonhomie et de sérieux .Travailler dans une ambiance conflictuelle leur est par exemple insupportable. Ils aiment faire la fête aussi, mais à regret. Et leur légendaire discrétion leur fait généreusement rater les occasions de nous rappeller l’origine belge du…français.

C’est en lisant la presse régionale couvrant l’inauguration de  » l’ambassade  » ouverte par G. Frèche à Bruxelles que ces traits de caractères me sont revenus à l’esprit.

Si j’en crois les photos et les commentaires, une nombreuse et souriante cour d’élus, de fonctionnaires et de « politiquement-dépendants » s’était déplacée et serrait de près notre grand féodal. Ah le ruban ! Et ces coups d’épaules pour coller au chef et se placer dans le champ du photographe ! Quelles bouffonneries … Piteuses images sorties du « bain » culturel bruxellois. La vérité du politique perverti par un désir maladif  de reconnaissance. 

Mais les belges sont gens intelligents. Ils savent notre région accueillante. Elle n’a pas ce visage enflé de suffisance. Ils viendront… Quant à l’Europe son budget est à sec. Ses subventions sont réorientées vers les nouveaux entrants. Et notre région, qui n’ est pas à un paradoxe près, elle a voté massivement contre le traité constitutionnel,elle ouvre aujourd’hui, en grande pompe, une « ambassade » à Bruxelles. Treize autres vont suivre ! A Londres, Shanghai… J’en suis fier !

 

 

 

 

 

 

     Vive les belges!

 

Les mots ne sont pas neutres.

J’attendais avec impatience la réaction des élus socialistes de la majorité régionale conduite par G. Frèche après sa dernière sortie sur le trop grand nombre de blacks dans l’équipe de France. C’est fait ! Ils se sont rassemblés samedi autour de leur chef, comme un seul homme, et nous font savoir, sans trembler de honte, ceci : « Le rapport des faits supposés, extrêmement parcellaire, ne correspond pas aux termes effectivement employés… Nous dénonçons avec fermeté cette instrumentalisation politique ».  Ça ne vous rappelle rien ? L’argumentation et les termes de ce communiqué semblent en effet tout droit sortis des archives du F.N. Il ne se serait donc rien passé. Ou plutôt si ! G. Frèche est une victime des médias. Rideau ! D’autres, se croyant plus subtils nous assurent que : «  Ces déclarations viennent ternir le bilan de bâtisseur de Georges Frêche ». Imaginez le tollé que provoquerait le quidam qui viendrait nous expliquer que Mussolini, oui, bon… ! Mais il a construit des autoroutes… La contamination s’étend. Les mots et les images ne sont pas neutres.Qui mettra en quarantaine tout ce beau monde pour en extirper cette gangrène ? Ce matin, Olivier Duhamel  propose une solution. Chirurgicale. "Couper la tête" de G.F…  

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Amérique,notre histoire?

Samedi 25 novembre, 16 heures, à l’auditorium de la médiathèque de Narbonne, diffusion en avant-première du documentaire: « L’ Amérique, leur histoire. » en présence du réalisateur  Jean-Michel Meurice  ( qui a eu la bonne idée de s’installer à Bages ). Une salle comble et attentive, plutôt âgée et féminine. Pour un film qui, d’après l’auteur, lui a été commandé par ARTE (ce soir à 20H 40) « et qui doit s’adresser à un public de 7 à 77 ans. » Ironie involontaire de la situation !!!

Le parti pris de J.M Meurice ? Notre image des Etats-Unis découlant largement de celle que Hollywood en a fabriqué, soumettre deux grands témoins : Russell Banks et Jim Harrison  à la diffusion d’un montage d’extraits des plus fameux films afin de les leur faire commenter. Ça commence avec Naissance d’une nation et ça se poursuit avec La case de l’oncle Tom, les Raisins d de la colère…

Sur la durée, Banks voit les américains comme des évangélistes voulant imposer leurs valeurs au reste du monde. Le sauver du malheur quitte à tuer au nom d’une mission à remplir pour la plus grande gloire de Dieu, les Indiens comme les irakiens , avec cette arrogance et cette « imbécillité heureuse » qu’il y a à vouloir être admiré dans le monde entier.

Curieusement, en l’écoutant, et par un mouvement incontrôlé de mon esprit, les mots : « Français, Lumières, Etre Suprême, Paysans vendéens, Africains… » venaient se couler dans sa voix. A croire qu’avec l’Amérique de Meurice et R. Banks, c’est de notre histoire dont il est question. Ce qui expliquerait, peut être, le profond ressentiment des français à l’égard de ce peuple. Si différend et si proche…

 

 

Du respect pour le client!

Je constate depuis quelque temps, chez certains de nos jeunes professionnels audois de la chose politique, ce qui semblerait être, malheureusement, une prédisposition au style « vulgaire ». Ainsi, dans le flot quotidien des communiqués et des conférences de presse que nous rapporte la presse locale, j’ai pêché, aujourd’hui, cette perle de l’un d’entre eux : « Nous sommes dans la même marmite, maintenant il faut agir sur le contenu de la recette. » Limpide, non ? Quelle audace ! Eric, Georges (un amateur éclairé des plats lourds et gras) et les autres, baignant dans un « cassoulet de Montpellier ». Vous me direz que l’on cuisine avec les mots et les images dont on dispose. C’est vrai ! Comme il est aussi vrai que l’auteur de cette métaphore culinaire n’est pas prêt de  figurer dans le « Michelin » du bien parler. La « tambouille » qu’il nous présente sent plutôt en effet l’apprenti de cuisine pressé : ingrédients de second choix et technique médiocre. C’est quand même manquer de respect pour le « client » !  

 

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