Contre-Regards

par Michel SANTO

A chacun son métier!

 

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On sait que la proximité physique de la presse régionale avec les élus dominants est une source de financement pour les premiers et un vecteur de communication pour les seconds. On sait aussi qu’une trop longue résidence professionnelle dans une même rédaction locale est propice à des relations électives et parfois, pour ne pas dire souvent, intéressées. On sait encore qu’il n’est pas interdit, bien au contraire, à un journaliste, d’avoir des valeurs sociétales et d’oser, quand il l’estime nécessaire, posément les exprimer. On sait surtout qu’il est très difficile, dans nos petites villes qui se croient grandes, à la flatterie des puissants de sereinement et dignement résister. On sait enfin qu’il est vain d’espérer de ce noble métier une incontestable objectivité. On sait, on sait… C’est ainsi ! Mais des journalistes le savent, et savent intelligemment et courageusement résister… Alors, alors il fallait oser, dans l’Indépendant de ce jour , sortir une pleine page en forme de Journal Officiel de Jacques Bascou et de sa majorité, ainsi titrée: « Des chiffres pour des êtres, c’est aussi cela le budget 2013. N’en déplaise à certains » . Le reste à l’avenant, d’une ostentatoire  et choquante complaisance ! Une « publi-promotion » gratuite et,  à l ‘évidence, en ce samedi saint de parfaite circonstance, savamment « inspirée ». C’est Patrick Nappez qui doit jubiler (chapeau l’artiste !). A se demander toutefois si le trop, comme en d’autres affaires, ne finira pas par rejoindre le rien… Qu’on ne se méprenne pas cependant sur ces lignes. Loin de justifier, par défaut, propos, attaques et propositions de ceux qui contestent Jacques Bascou et son budget, c’est, d’un journaliste, un peu plus de distance et un peu moins de complicité que j’espérais dans le traitement de cette actualité. Pas l’exposé d’un flatteur et ennuyeux dossier de presse. A chacun son métier ! 

 

 

Si loin de la vanité des hommes !

 

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Jeudi soir, dans leurs églises, les chrétiens assistaient au rituel du «  lavement des pieds », tandis qu’au même moment, à la télé, Hollande blablatait et qu’à Narbonne, le conseil municipal s’enflammait. Pour l’Indépendant et son rédacteur à la plume faussement offusquée, « certains préféraient l’ambiance de la corrida, du cirque, ou de la foire. ». Comprendre : l’opposition est scandaleusement polémique et irresponsable. Le Midi Libre, quant à lui, tout en sobriété, présente à ses lecteurs un compte rendu de Marie Pintado finalement plutôt bien équilibré. Sous entendu : à un an des municipales, il ne faut plus, de rien ni de personne, s’étonner. En effet, foin d’hypocrisie ! la campagne des municipales, à Narbonne est lancée, et la raison n’est pas à rechercher dans les arguments qui vont s’échanger. Classiquement et de façon tout à fait asymétrique, à  « la rationalité gestionnaire » de la majorité s’opposera nécessairement « la rationalité polémiste » de ceux qui voudraient s’en emparer. Logique ! Au cas où certains l’oublieraient, je rappelle qu’un conseil municipal n’est pas une réunion d’inspecteurs des finances. On n’y va pas non plus pour s’échanger des mots doux, des roses à la main. Le langage des fleurs et celui des oiseaux n’y sont point pratiqués ! Les termes y sont plus guerriers. C’est un fait, « l’amour courtois » n’y est pas chanté par des troubadours costumés. Et alors ! Pourvu qu’aux personnes, à leur honneur et leur dignité, il ne soit point attenté, admettre cette rugosité c’est, après tout, reconnaître au combat politique sa légitimité. Pour ma part, il est vrai, je préférerais un peu plus d’élégance et de civilité…Il est de mots et des tons qui ont le don de m’énerver… Ah ! que je vous dise, les premières hirondelles sont enfin arrivées. Ce matin, sous un ciel gris, deux voletaient au dessus de ma terrasse. Enfin là !… Un rituel, qui, chaque année, à la même date, me pousse, vers le ciel à les rechercher; dans l’impatience de cette offrande, si loin des hommes et de leur vanité…

 

Les vignerons de Fitou veulent changer d’air (e) !

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En langage sucré on dit des terrains aménagés et réservés aux populations nomades (pardon ! gens du voyage) : aire de grand passage… Aire sent bon les travaux d’antan. A son évocation on croit entendre encore les coups cadencés des fléaux qui battaient la moisson ; le vent emportant sur son passage des nuages de paille… poussières d’or ! Des images d’une joie toute romantique ! Mais pas du goût des vignerons de La Palme et du cru Fitou . Les « Confidences » de notre Alphonse national, ils « s’en tapent » un peu en ce moment. Et sur celle ( d’aire ) que l’on veut faire sur leurs terres ( Midi Libre de ce jour ) ils y voient plutôt des entassements de caravanes parabolées et des « volailles » plumées. Des évangélistes ? oui… mais chez le voisin ! Comme pour les prisons et les décharges publiques. Parce qu’on a des valeurs, n’est ce pas en Narbonnaise ? Un débat pitoyablement « citoyen » qui empoisonne les élus du Grand Narbonne …depuis de nombreuses années ! Tiens, je me souviens avoir entendu des maires « progressistes », quand Moynier présidait l’ Agglo, qui cyniquement proposaient de la créer, sans rire !  en… terres inondables, du côté de Coursan. On taira leur nom, par charité chrétienne ! Les mêmes qui voulaient acheter l’immeuble de la Banque de France pour y faire des logements sociaux. Quand on y pense ! Ils y ont à présent leurs confortables bureaux de vice-présidents ! Allez, laissons les en conscience morale reposer… Bref, Bascou et son Conseil Communautaire, se sont, sur le site de La Palme, enfin arrêtés . Ironie du sort, ce  terrain se trouve derrière une ancienne discothèque « l’ Enjoy » ! Mais qui semble éloignée des itinéraires suivis par nos évangélistes caravaniers. Au fait, leur a-t-on demandé ce qu’ils en pensaient ? Est-on vraiment sur, qu’ils vont, de leur traditionnel « chemin », pacifiquement se détourner ? Ce serait la moindre des choses non, pour éviter que plus d’un million d’euros partent en fumée ? Oui, vraiment pas la joie ce dossier ! Ne parlons même pas de celle des vignerons de Fitou. Ulcérés! A l’image de l’ami Devic, qui invite les élus à voyager. En Bourgogne et Bordelais…

 

 

Bascou M6 et sa plainte !

 

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Dans le Midi Libre de ce matin, Manuel Cudel signe un article documenté qui  attribue un retentissant 19/20 à la gestion municipale de Jacques Bascou. La note et les chiffres avancés (incontestables, je le signale au passage !) sont donnés par l’Association « Les Contribuables associés ». Une association peu suspecte de complaisance car classée à droite et de tendance libérale. Avec cependant deux bémols : les hausses sensibles des charges de personnel et des impôts locaux, depuis 2008. Hausses qui, au demeurant, ne modifient pas  un classement qui situe Narbonne en deçà des ratios des villes de même importance. Mais c’est sur une petite incidente du signataire de cet article qu’il convient de s’arrêter. La voici :  « Toutefois, si l’Agglo prélève désormais sa “dîme”, la Ville n’a, elle, pas augmenté son taux d’imposition depuis les dernières élections municipales ». Et qui confirme, s’il le fallait, ce que j’ai déjà signalé, dans mes billets précédents : on ne peu plus raisonner, à analyser la gestion d’une Ville centre, en la séparant de l’Agglomération à laquelle elle appartient. Cette anodine remarque de M. Cudel signalant tout simplement un transfert d’augmentation fiscale du contribuable narbonnais sur le contribuable du Grand Narbonne. Le même faut-il le préciser ! Une fiscalité additionnelle qui sanctionne elle aussi, comme l’augmentation des personnels, le dévoiement de Communautés d’ Agglomérations instituées pour mutualiser des services et des compétences tout en diminuant les prélèvements des communes membres. On n’insistera pas ! Sauf pour noter qu’à vouloir une gestion contester, il ne faut pas se tromper de cible…et de chiffres Il faudra bien s’y habituer, le Président du Grand Narbonne est de fait le super maire de Narbonne, comme il l’est de Cuxac, Sigean etc… Dans quelques temps, nous sera livré le rapport de la Chambre Régionale des Comptes sur la gestion du Grand Narbonne. Nul doute que nous apprendrons un certain nombre de choses et nous pourrons alors, de cette question, débattre  enfin sérieusement …Pour terminer et clore cette série de billets, je me permets de faire observer à Monsieur Bascou qu’au lieu d’ouvrir un procès en diffamation contre M6, qu’il perdra comme tous ceux engagés jusqu’ici, il aurait été plus avisé de solliciter les conseils du rédacteur en chef de l’agence narbonnaise du Midi Libre. Son article me semble en effet beaucoup plus efficace dans la critique d’une émission bien légère, que ne le sont les grossiers communiqués signés par le « couple » dirigeant la section socialiste locale. Leurs « insultes » et « attaques personnelles », ne sont pas dignes d’une discussion qui mérite un peu plus de hauteur…et de réflexion ! Sans conteste une faute de goût. Plus grave, et du point de vue de ses équipes municipales, un beau ” plantage ” de sa com!

M6 à Narbonne, décevant Capital ! Suite…

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Hier, Jacques Bascou, entouré des DGS de la Ville et du Grand Narbonne, tenait une conférence de presse. On comprend que la vision du reportage de M6 l’ait particulièrement révolté. A Narbonne et ailleurs, quelques soient les sujets, l’audience à la télé est synonyme de raccourcis et de sensationnel. Les « scandales » y sont recherchés, et le plus souvent hélas! de toutes pièces fabriqués. Et sur un sujet comme « le gaspillage de l’argent public », si des personnages ou des circonstances particulières le permettent, le succès est d’avance assuré. Avec le risque de nourrir une forme violente de populisme où s’échangent insultes publiques et mises en cause personnelles. Sur ce terrain là, on ne me trouvera pas ! Je l’ai déjà dit implicitement hier, je persiste et signe encore plus clairement aujourd’hui. Venons en donc au fond du sujet, puisque les chiffres officiels nous ont été, par Jacques Bascou lui même, communiqués. Un sujet, celui de l’évolution des personnels de la fonction publique territoriale, qui oblige désormais à raisonner en terme de budget consolidé. Narbonne ayant transféré des pans entiers de ses compétence au Grand Narbonne, les personnels liés, comme celui des autres communes membres, auraient donc du suivre, et la masse salariale de chacune des villes, à périmètre égal, logiquement baisser. Sans que celle de l’agglo bien entendu augmente, puisque l’intercommunalité a été instaurée pour mutualiser et réaliser des gains de productivité. Eh bien, les propres données fournies en conférence de presse (Je n’ai pas de raisons sérieuses pour les contester !) démontrent que la raison d’être de ces intercommunalités a été manifestement détournée. En effet, sur la période 2008-2012, ce n’est pas, au mieux, une diminution du personnel global Agglo-Ville, voire une stagnation, qui est constatée, mais une augmentation de 258 unités (176 pour la Ville et 82 pour l’Agglo) ! Là est le seul problème sérieux qui mérite d’être posé et publiquement discuté. Un phénomène, je le précise pour des esprits distraits ou oublieux, qui n’est pas propre à notre territoire et à la coalition de partis qui le gouverne. On le constate aussi bien à Béziers, Perpignan, à Alès et à Nîmes, pour rester en Languedoc Roussillon…En conclusion provisoire, retenons donc que, sur la Narbonnaise, à contrario des efforts de maîtrise des coûts de fonctionnement, qu’il eut fallu entreprendre dans un contexte de crise durable des finances publiques, c’est l’inverse qui a été privilégié . Une sous estimation grave de cette crise, qui sera, in fine, par les contribuables payée. Cela seul suffit, qui n’est pas rien, à être relevé  !