Contre-Regards

par Michel SANTO

Philippe Lucas! Cui bono ?

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Manuel Cudel a mené l’enquête et nous révèle ce matin dans le Midi Libre le contenu de l’accord passé entre le Grand Narbonne et Philippe Lucas. Un achat « d’image » en réalité. Et quelle image ! Celle d’un faux voyou au physique bodybuildé et un  peu empâté dont les « Guignols de l’info » et Nicolas Canteloup assurent la notoriété ! Après Forster et les lignes épurées de son futur musée, je pensais que la communication de cette ville allait enfin changer. Eh bien, voilà qu’on nous annonce, de l’Espace Liberté, le grand retour de l’antique péplumnisé et grassement rémunéré. Car, sans vouloir l’offenser, Philippe Lucas est à la communication institutionnelle ce que l’amphore géante du rond point de Narbonne est au mobilier urbain : le comble du kitsch ringardisé…Cui bono ?

 

Des fleurs au coeur de l’hiver, qui, dans l’hiver du monde, préparent le fruit….

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«Quand j’habitais Alger je patientais toujours dans l’hiver car je savais qu’en une nuit, une seule nuit pure et froide de février, les amandiers de la vallée des Consuls se couvriraient de fleurs blanches. Je m’émerveillais de voir ensuite cette neige fragile résister à toutes les pluies et au vent de la mer. Chaque année, pourtant, elle persistait juste ce qu’il fallait pour préparer le fruit.»

Dans ce texte de 1940 : l’Eté, Camus associe la fleur d’amandier à la force de caractère, qu’il définit ainsi : «Je ne parle pas de celle qui s’accompagne sur les estrades électorales de froncements de sourcils et de menaces. Mais de celle qui résiste à tous les vents de la mer par la vertu de la blancheur et de la sève. C’est elle qui, dans l’hiver du monde, préparera le fruit.»

Une force de caractère qu’il nous demande de ne pas oublier, de toujours mobiliser; une force propre à vaincre «l’esprit de lourdeur» et ses vertus gémissantes.

C’est au retour d’une petite randonnée dans le massif de la Clape, hier, par vent violent, pluie et grésil mêlés, que cette méditation de Camus m’est vaguement revenue à l’esprit.

Devant mon clavier, une branche d’amandier. Je l’ai ramassée au pied de son arbre … 

Ils fument encore, à la table de Saint Crescent !

 

 

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Stendhal l’avait déjà noté dans son Journal de Voyage daté de 1838. Narbonne ! « C’est la patrie du vent. » Le Midi Libre, en dénombre quatre. Quatre vents qui font l’accroche d’une rubrique quotidienne. Y sont rapportés les « on-dit », les rumeurs, les potins de la petite « société » narbonnaise ! On y médit et ironise, on se croirait dans un dîner en ville, mais sans méchancetés. Ainsi, savons nous que  Gérard Dubois, notre ancien sous-préfet, était très en verve, l’autre soir, à la table étoilée de Saint-Crescent. Montaigne, la bonne chère et les cigares ont été invoqués devant une assistance fournie en notabilités. Une exotique pipe aussi a été honorée : le calumet de la paix, par les Amérindiens des plaines autrefois utilisée pour, avec leurs Dieux, communier. Il est vrai que Jacques Bascou, le maire, Didier Mouly, le fils de l’ancien maire ( qui ne rêve, à son tour, que de le devenir ! ) et Hervé Fraisse, le délégué de Patrice Millet ( qui lui, tous les matins,  y pense ) étaient de l’honorable tablée . L’occasion, pour les membres de ce « club » huppé de fumeurs de havanes, de disserter sur leurs qualités afin de les départager. Le partage d’expériences, comme pour un vitole, importe en effet ; comme importe aussi son origine, l’ aspect et son remplissage. Enfin, surtout, surtout, il convient, à la bonne mine des vendeurs, de ne jamais se fier . A ma connaissance, Gérard Dubois et ses amis fument encore ! Les effluves du calumet de la paix n’ont toujours pas permis, au « grand esprit » des Amérindiens convoqué, de les aider à distinguer, des trois, le mieux doté. Quoique, en secret…

 

 

 

A Narbonne, Mouly est une “marque” !

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Dans un récent billet, je rappelais que le marché politique obéissait aux mêmes lois que les autres, les grandes marques ayant la préférence des électeurs. Peu importe en effet la « qualité » intrinsèque du produit, c’est la « marque » qui conditionne l’acte d’achat et , en l’espèce, détermine le vote pour un candidat. Une marque qui  symbolise une histoire, des référents sociaux, des personnages historiques… A Narbonne, par exemple, ce peut être le nom d’un parti : PS, UMP…, ou le nom d’une éminente personnalité : Mouly. Ce qui me faisait dire à un ami, samedi dernier, à l’heure du thé, que le sondage lancé pour apprécier le rapport des forces au sein des forces d’opposition à J. Bascou,   entre Mouly ( le fils ), l’ U.M.P et Millet serait très largement favorable au premier; et que si les élections avaient lieu demain, ce seraient Bascou et ses alliés du PS qui les gagneraient. Ce qui vient d’être provisoirement confirmé. Dans l’imaginaire narbonnais, le nom de l’ancien maire possède en effet, pour longtemps encore, une importante « valeur ajoutée » ; il est associé, à tort ou à raison, peu importe, à des principes, une méthode et des valeurs qui sont toujours d’actualité. Il suffit donc filialement, comme Didier, de le porter pour spontanément capter une part importante de la demande du marché électoral narbonnais. Il serait vain de le nier! Nouveau Narbonne ne signifie rien, mais son créateur et son nom, à l’inverse, signifient tout: c’est un capital de notoriété à forte productivité. Autant dire que pour Narbonne Oxygène et Patrice Millet, pour inverser cette tendance lourde du marché , il va lui falloir de bons vents, de solides équipiers et beaucoup ramer… 

Il faut, Narbonne et Cambrai, les jumeler !

 

 

 

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Dans ma petite cité, qui se voit grande et qui n’est pas Cambrai, on distribue des bêtises à toute volée. On y veut battre monnaie et sociocratiser ( !!! ), sous l’égide de « Potes  », dans leur Maison, chapeautés de phrygiens bonnets. A les entendre, c’est une Commune qu’ils voudraient instituer ! La citoyenne Herpe, Vice- Présidente du Grand Narbonne, l’a claironnée en présentant ses vœux au personnel de la Maison de l’Emploi et de la Formation. Cette narbonnaise monnaie  « répond à la volonté du Président et des élus de mettre en place ce système pour lutter contre le capitalisme et tous ses maux! », a-t-elle proclamé. Des sous et des billets pour tuer le capital et ses valets, il fallait y penser ! Nos sans-culottes d’opérette l’ont osé. Les chômeurs du Narbonnais, à dame Herpe, dans sa Maison de l’Emploi, demain, sauront lui rappeler sa naïve envolée et viendront lui chanter sur des airs de Pottier : « Par ici la monnaie ! »