Émilienne et Manuel, son mari : sur ses genoux, Laurent…
Assise au bord de son petit lit, Émilienne pleure. Ses mains jointes sur ses genoux serrés, sa tête légèrement penchée et ses yeux remplis d’eau jusqu’au bord, elle me fait penser à une petite fille qu’on vient de réprimander. Tous les soirs, à la même heure, Émilienne est ainsi : une petite valise à plat sur le côté, elle attend celui ou celle qui viendra la chercher pour l’emmener « dans sa maison ».
Cette année a bien commencé. Je passe sur les premiers jours, que j’ai déjà oubliés ; pas tout à fait cependant : il a fait froid, le vent était violent – il soufflait par rafales. Un temps à rester chez soi, au chaud ; à n’en sortir que pour acheter ce qu’on appelle désormais des « biens essentiels » : pain, café et de quoi manger. Les autres, accessoires, mais nécessaires : musique, film, séries, livres sont à ma portée : dans mes bibliothèques – la grande, en bois, et la virtuelle, sur le cloud d’Amazon – et sur « Netflix ou en rediffusion sur Arte notamment. Je n’ai donc pas de raisons, disons objectives, d’aller les chercher ailleurs : librairies, salles de cinéma, médiathèques. Quant à celles, subjectives, qui, me serine-t-on, devraient me conduire à y rechercher la présence d’autrui, voire celle de la foule, je n’en discuterai pas ici le sérieux…
Jeudi est jour de marché en centre ville. L’alimentaire est rive droite de la Robine, le textile et les fleurs, rive gauche. Le ciel était bas et gris ; il pleuviotait. Les chaussées, glissantes, brillaient. Il était 9 heures. De ma fenêtre, je suivais, rêveur, de rares et sombres silhouettes.
Elle avait des yeux bleus, Lola ! Ils se couvraient souvent de gris. Comme on tire un rideau, pour s’isoler du monde. Dans ce temps de l’enfance, je n’en comprenais pas le sens. Je ne savais pas alors qu’elle cachait une profonde tristesse. J’ai à présent devant moi une photo d’elle.
Il y avait peu de monde dans les Halles, ce matin. Très peu ! Des dames surtout. Agées. Les plus jeunes étaient derrière leurs étals. Elles s’ennuyaient. Le temps était lourd. Il passait mal. L’ambiance était noire. Le silence gris. On aurait pu entendre le murmure des terminaux de paiement mobiles. J’ai acheté mon pain chez Anna. On ne voit que ses grands yeux bleus.
« Elle dort. Longuement je l’écoute se taire.C’est elle dans mes bras présente et cependantPlus absente d’y être et moi plus solitaireD’être plus près de son mystèreComme un […]
Le soir du premier tour, tout était écrit.Le Rassemblement National en tête.Horizons en embuscade.Et le Parti socialiste arc-bouté sur son maintien. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime […]
Ils cherchent des maîtres.Ils disent chercher du sens. Chez Jean-Luc Mélenchon, ils trouvent une voix. Forte. Tranchante. Rassurante.Elle dispense de douter. Elle dispense de penser. […]
La scène se passe à Bondy. Jean-Luc Mélenchon parle des socialistes. Il ne les combat plus, il les évalue. « Ils ne vont pas nous coûter trop cher à acheter », dit-il. […]