Contre-Regards

par Michel SANTO

« Monsieur, vous êtes un gros con ! »

     

Ce matin, devant l’agence de la Société Générale, à quelques mètres de son entrée, un petit bonhomme, maigre et chétif, tenait en laisse un petit caniche aux poils roux, court sur pattes et à l’aspect souffreteux. Il le regardait, rêveur et attendri, pisser joyeusement sur le mur de la banque en question. La foule du jeudi matin — jour de marché — vaquait à ses occupations domestiques et balladeuses, indifférente, quant une dame en sortit vivement pour se précipiter vers le chien pisseur et son maître, la tête en avant, ses bras faisant de larges moulinets, pour les prendre violemment à parti : « Monsieur c’est dégueulasse ce que vous faites ! » L’autre, surpris par cette soudaine — et inattendue — interpellation, s’est aussitôt engouffré dans le hall de l’agence bancaire pour s’y planquer, tout en rouspétant et tirant de concert sur son chien paniqué, la patte arrière toujours relevée et toujours pissant, la furie hygiéniste à leurs trousses. Et là, coincé dans cette entrée et objet de l’attention de tous, ce monsieur s’est entendu dire, certainement pour la première fois de sa vie d’accompagnateur canin, un retentissant et définitif : « Monsieur, vous êtes un gros con ! ».

Des “corbeaux”, des amis et des hommes !

       

Notes :

1) Affaire” de Rugy. Vérifié dans ma vie professionnelle : on n’a pas d’amis en politique. Conséquemment la sagesse commande de ne jamais inviter à déjeuner ceux qui prétendent ou disent l’être. Le lendemain seront savamment colportés (et entendus) médisances, ragots, mesquineries, rosseries, vilenies etc… L’envie, la jalousie, le désir de nuire et sa jouissance, la trahison sont au cœur des hommes… Et dans une époque comme la nôtre, où elles représentent, de surcroît, une vérirable valeur marchande, ces “passions tristes” prennent la forme “d’informations” justifiées par une demande sociale insatiable et délétère de transparence démocratique… L’espèce “corbeaux” envahit l’espace public…

2) Toujours sur cette “affaire”, cette remarque fort juste de Maxime Tandonnet, dans son blog. “Une certitude également : au moins les deux tiers des hauts responsables de ce pays, publics, privés, politiques ou non politiques, sont susceptibles de faire l’objet de reproches analogues en fouillant dans leur vie privée. Ils sont les cibles potentielles d’une opération de déstabilisation générale. Nous assistons au triomphe d’une République des taupes, des boites aux lettres, des corbeaux, de la délation et des lynchages publics ou meurtres rituels…nous sommes assis sur un baril de poudre.” (M. Tandonnet). Remarque elle aussi vérifiée tout au long de ma vie professionnelle.

3) Sur un autre registre, cette observation enfin de mon ami Gil Jouanard ((Avignon, ce 8 juillet 2019) : “Le pire qu’il puisse arriver, sur Facebook (sur l’ensemble des réseaux sociaux ; c’est moi qui souligne), lorsque l’on propose à l’écoute une musique que l’on souhaite faire entendre et, le cas échéant, découvrir, c’est que ceux des esprits qui sont friands de contradiction (ou d’affirmation de leur différence vis-à-vis de vous, ou de leur plus de subtilité, de connaissance et de goût) vous fassent observer qu’ils connaissent, de l’œuvre, une bien meilleure interprétation que celle que, mélomane de seconde catégorie, vous avez (souvent au hasard) mise en exergue. Ils vous feront observer, au passage, la grande supériorité d’Andreas Scholl sur Alfred Deller par exemple, ou celle d’Alfred Brendel sur Martha Argerich !). Ce n’est pas très grave et peut, le cas échéant, engendrer des échanges comparatistes fort instructifs !

En revanche, la moindre idée ou impression soumise à la cantonade peut vous valoir des commentaires qui, dépassant (souvent à propos d’un détail très subalterne) les limites de la courtoisie, dégénèrent à l’occasion en pugilat verbal fort étranger aux règles implicites de la discussion et du débat. Cela peut aller de la violence jusqu’au sarcasme.

On en peut certes rire, et accepter de bon cœur d’y perdre beaucoup de temps ; mais cela peut aussi lasser et, si la fréquence et la dose sont excessives, vous casser le moral ou vous échauffer la bile. Car la question n’est plus, à ce moment, de comparer ou d’argumenter, mais d’exacerber un esprit de contradiction et de dépréciation de l’autre qui  s’en vient flirter avec les confins de la caractérologie clinique.

C’est à se demander si certains d’entre nous ne sont pas, avant tout, des forcenés de l’inscription en faux systématique et du chipotage qu’ils confondent avec de l’exigence ou avec de l’expertise.

Et encore ne parlerai-je pas de ceux qui vous répudieront de leur cercle d’amis virtuels sous prétexte que vous accorderez crédit à tel ou tel  professionnel de la politique, plutôt qu’à tel ou tel autre, tout aussi professionnel dudit exercice public (ou, bien pis à leurs yeux, que vous n’abonderez pas dans le sens de l’aversion qu’ils se plaisent à manifester à jets continu envers tel idéologue ou tel « élu du peuple » sorti vainqueur, bien sûr illégitimement, de la roulette électorale).”

 

“Guerre” contre le climat ! le maire de Bize, notamment, face au PDG de Total, seulement !?…

 
Sans titre.jpg

Bize : les rues inondées © F.Guibal/France 3 pays Audois ; Total : illustration France Info (Villalon Richard/ MAXPPP)

 

Ce titre dans l’Indépendant : “Alain Fabre, le maire de Bize, face au PDG de Total”. Pour quels motifs ? C’est le plus gros émetteur de gaz de France et avec 13 autres de ses collègues, il lui a signifié que s’il ne respectait pas ses engagements de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre, il l’enverrait devant les tribunaux. Et pourquoi ?

Contrats aidés dans l’Aude ! le Conseil Départemental s’engage dans une vaine polémique…

contrats aidés

Ainsi va l’info dans nos journaux. Tenez, un seul exemple, la baisse du nombre d’emplois aidés programmée par le Gouvernement. Lundi donc, dans l’Indépendant, page 2 et 3, articles, commentaires et photos, notamment, des deux vice-présidentes socialistes du Conseil Départemental de l’Aude, mesdames Sandragné et Bossis

Articles récents

Narbonne ! Municipales2020 : Acte 2 de "mon" programme municipal…

Narbonne ! Municipales2020 : Acte 2 de "mon" programme municipal…

        Après un premier billet : "Narbonne ! Municipales2020 : À mon tour d'entrer en campagne !" (ici), poursuivons donc notre réflexion sur les grandes options d’a[Lire la suite]
Des combats de pets sur les réseaux sociaux...

Des combats de pets sur les réseaux sociaux...

    Nicolas Bouvier, dans « Les chemins de Halla San », note que « les trois divinité de l'île de Chedju (Corée du Sud) s’appellent Ko, Yang, et Puh. Puh, comme on le devine à l’oreill[Lire la suite]
Narbonne ! Municipales2020 : À mon tour d'entrer en campagne !

Narbonne ! Municipales2020 : À mon tour d'entrer en campagne !

    Laissons de côté, pour le moment, le nombre d’arbres ou de trottinettes par habitant (je plaisante), pour nous intéresser à ce qui me semble, s’agissant des politiques environnem[Lire la suite]
Dimanche : Quelques notes prises à la volée, et en passant…

Dimanche : Quelques notes prises à la volée, et en passant…

    Novembre ! Dimanche 17. Je déteste cette expression : "A ne manquer sous aucun prétexte". Elle clot toujours une invite à voir une expo, un film ; lire un livre, goûter un vin ;[Lire la suite]
L'ogre médiatique a besoin de sa dose quotidienne de "scandales" moraux, intellectuels ou politiques…

L'ogre médiatique a besoin de sa dose quotidienne de "scandales" moraux, intellectuels ou politiques

          L'ogre médiatique a besoin de sa dose quotidienne de "scandales" moraux, intellectuels ou politiques — au mieux les trois à la fois — pour persévérer dans son [Lire la suite]
Narbonne ! Municipales2020 : les métamorphoses d'Alphonse !

Narbonne ! Municipales2020 : les métamorphoses d'Alphonse !

      Jeudi dernier, notre Alphonse, qui se présente modestement, à lui tout seul, sous l'étiquette "Je suis Narbonne", nous invitait à trinquer "en toute convivialité" dans [Lire la suite]
  
2006-2019 © Contre-Regards
Conçu par OnEric Studio