La capacité de nuisance de l’individu fait des progrès considérables.

   

La capacité de nuisance de l’individu fait des progrès considérables. Sur le banc voisin du mien, hier, sur la promenade des Barques, une dame, son téléphone portable collé à l’oreille et son caniche jappant à ses pieds, m’imposait son interminable et sénile conversation. Je n’eus évidemment pas d’autre choix que de fuir cet ahurissant bavardage. Le temps de m’asseoir hors de sa portée, qu’à ma hauteur, une jeune et charmante adolescente jetait paresseusement à terre son mouchoir de papier ; elle riait et grognait de joie au milieu de sa cour, comme une cocotte sevrée à qui on apporte la pâtée du jour. Il suffit d’un seul geste ou d’une parole pour enlaidir le monde, me disais-je encore. Je divaguais sur ces dernières pensées vaguement misanthropiques qu’entra alors dans mon champ vision, un homme d’un âge avancé à l’allure guindée et lustrée d’un employé de banque ; casqué, il slalomait entre les platanes sur sa trottinette électrique concurremment avec un collégien sur sa planche à roulettes. Sur ces entrefaites, trois de mes amis, « Leica » en bandoulière remontaient le cours en provenance de la place de l’hôtel de ville où ils ont l’habitude de prendre le soleil, à l’abri du vent, sur un banc de pierre. De ce poste d’observation, ils guettent l’anecdote ; je leur ai raconté les miennes ! Puis, par des détours labyrinthiques et des glissements successifs de sens dont j’ai oublié la géographie, nous en sommes venus à parler de Soulages (!?), ses noirs et sa « lumière ». Son outre noir ! Qui, je le confesse, me laisse sans voix ! Il était midi, et rive droite de la Robine, des militants de gauche présentaient à de rares passants – pour un dimanche en tout cas ! – la liste des candidats audois figurant sur la liste de madame Delga : un politique professionnel et des fonctionnaires, surtout ; pour ne pas dire exclusivement. La vie, quoi !…

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Commentaires (1)

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    KRISDEN

    |

    Juste une remarque: Soulage réalise sûrement dans sa peinture l’illustration d’une vieille chanson de « notre » Johnny national : Noir, c’est noir! Mais il va plus loin puisqu’il met en exergue l’expression de la lumière…au travers du noir, c’est « facile » encore fallait-il y penser pour trouver un public qui s’extasie devant l’évidence et lorsque vous vendez alors vos toiles à des prix qui vous éclairent le portefeuille alors vous ne pouvez que souhaiter à continuer à broyer du noir.

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