Une phrase immonde.

Hier, Isabelle Chésa aurait dit, devant les militants de l’U.M.P, à Carcassonne: « Sur l’immigration, on ne peut être la poubelle du monde. » Ecrivant cette phrase immonde, pour le besoin de ce billet, j’en tremble encore de rage. Comment peut-on, quand on souhaite représenter la nation française, tenir des propos aussi indignes ? Comparer les immigrés, mêmes en situation irrégulière, à des déchets, des ordures est au-delà de tout ce que j’ai pu entendre et lire sur ce sujet. Et les mots me manquent pour exprimer ma colère. Que notre pays ne puisse accueillir toute la misère du monde, certes. Mais la moindre des chose, et au premier chef le respect qu’on se doit à soi même, devrait nous amener à ne jamais retirer à quiconque ce qui le constitue en tant qu’homme: sa dignité. Cette dame l’a fait.Sait-elle que les nazis ont d’abord commencé leur œuvre de mort en niant l’humanité des juifs ? Pour les envoyer ensuite dans des fours.Comme des déchets…Décidemment, un air nauséabond est en train d’envahir les esprits en ce début de campagne électorale. 

Le complexe de Billancourt.

Après l’affaire des caricatures danoises de Mahomet, celle de la leçon de Benoît XVI à Ratisbonne sur les rapports entre foi et raison, celle encore de la fermeture d’un opéra bavarois menacé par des barbus et celle ,enfin,mais jusqu’à quand, du professeur de philosophie de Toulouse victime d’une fatwa, on attend toujours la réaction franche, massive et indignée de nos hommes politiques et de nos intellectuels par ailleurs si prompts à se scandaliser de la plus petite broutille attentatoire aux droits fondamentaux de l’homme aux U.S.A ou en Israël, par exemple. Comment expliquer ces silences et cette lâcheté devant des menaces proférées par des foules fanatisée sinon par la prévalence au sein de nos élites d’un détestable état d’esprit munichois. Une trouille théorisée par le souci d’éviter un conflit de civilisation entre Orient et Occident et celui de ne pas désespérer les masses musulmanes opprimées par le " pouvoir blanc ". La même démission, et les mêmes méthodes que celles qui ont terrorisé l’opinion publique dans les années 50-80, quand nos clercs fermaient les yeux et se taisaient sur les goulags qui, eux, n’en finissaient pas de se remplir. Une application parfaitement réussie du « complexe de Billancourt »: ne pas désespérer les "pauvres". Combien de morts pour le prix de ce silence ?Et combien en faudra-t-il encore pour que nous nous décidions, enfin, à défendre nos principes et nos valeurs.

Lettre à Monsieur Melon, Architecte des Bâtiments de France

Monsieur, 

 

Je ne vous connais pas. A l’inverse, ceux qui ne cessent, publiquement ou en privé, de vous lancer au visage les plus indignes des insultes, je les connais bien. Ils appartiennent à cette élite régionale politico-économique pour qui les représentants de l’Etat sont des bêtes à abattre .Et parmi eux, les Préfets, les Directeur Départementaux de l’Equipement et les Architectes des Bâtiments de France sont, il est vrai, des cibles de choix, car ils incarnent, avec certes leurs qualités et leurs défauts, la norme commune. Celle définie par la représentation nationale, et qu’ils s’efforcent de faire respecter, le plus souvent avec honnêteté et intelligence. Ce qui, pour certains de nos élus, est "naturellement" interprété comme de la provocation malveillante. Il est vrai que pour ceux-là, l’idéal qu’ils se font de la République présente tous les caractères de celles que l’on définie par ce délicieux qualificatif de bananière. Cette région n’est décidemment pas très accueillante.Et je peux témoigner que dans toute ma carrière au service de l’Etat et des collectivités locales, je n’ai jamais rencontré un tel mépris, si ouvertement et si fièrement affiché. Originaire de ce département, je porte, je vous l’avoue, ce trait de caractère régional avec un sentiment de honte et de tristesse.Il est en effet la marque de ceux qui veulent oublier tout ce qu’ils doivent à l’Etat et qui retournent, sur tout ce qui peut le rappeler, le peu d’estime qu’ils s’accordent à eux-mêmes.Serait-il donc trop exiger de la morale politique et de la morale tout court de s’affranchir enfin de ces comportements si peu respectueux des hommes et des institutions ? En attendant, comme vous, une réponse à cette si naturelle exigence propre à toute société civilisée, je vous transmets, Monsieur, l’expression de mon soutien fraternel.

Un crime symbolique.

Château de Peyrepertuse. C’était un après midi d’un mois d’août particulièrement venteux. La plage de Gruissan était presque déserte. À l’exception de deux couples qui s’occupaient à construire un château de sable. L’ouvrage achevé, une gamine se mit à sauter par-dessus tours, tourelles et murailles en criant « j’ai mon château cathare, j’ai mon…, j’ai mon… ».

La formation et l’emploi

Après la rentrée des élèves, c’est, à présent, celle du Président de la Région . C’était au lycée Clemenceau. Et il y aurait prononcé cette phrase (L’indépendant du 5 septembre) : « Au lieu de former des psychologues et des archéologues en masse…on ferait mieux d’orienter les jeunes vers…ou d’autres professions du tourisme où ils gagneront bien leur vie. »

Je ne suis pas certain que l’on gagne vraiment bien sa vie dans l’exercice de métier comme maître d’hôtel, cuisinier ou serveur dans les entreprises de notre région. A l’exception peut-être de certains établissements. Mais, ce dont je suis sur, c’est que les cohortes de sociologues, d’historiens, de géographes… fabriquées par nos universités régionales, et d’ailleurs sont, elles, condamnées à pointer à l’ANPE. Le temps est définitivement révolu, en effet, ou la possession d’une licence de philo permettait l’accès quasi assuré à un emploi de cadre. Aujourd’hui, sans finalisation professionnelle, l’enseignement supérieur ne peut produire que des chômeurs ou des frustrés. Sur ce point, nous sommes d’accord. Cela dit, peut-on et doit-on réorienter l’ensemble de notre système éducatif régional afin de l’adapter à la seule dynamique de l’emploi dans notre région. Je ne le pense pas. A ce compte, il ne faudrait former que pour les métiers du commerce, du bâtiment et du secteur social dont les niveaux de qualifications et de rémunération sont aujourd’hui,hélas, plutôt faibles.

Disons les choses encore plus nettement: le Languedoc-Roussillon ne produira jamais d’emplois suffisants, en nombre et en qualité, pour satisfaire la demande de tous ses lycéens et étudiants. Sauf à imposer à des licenciés en psycho, produits en abondance, ou a des personnes sans qualification, des emplois de maçons et de manœuvres, par exemple, qui ne trouvent pas preneurs. Ce qui éthiquement est inconcevable…

La recherche d’une parfaite adéquation entre formation et emploi relève donc du voeux pieux. Mais, par contre, et à la condition de réaliser un gros effort d’orientation et de professionnalisation ( c’est l’enjeux des vingt prochaines années) notre région pourrait donner à ses enfants le viatique nécessaire pour entrer avec le maximum d’atouts dans la vie professionnelle. Ici, ou ailleurs. En France et en Europe… Et l’Etat, comme la Région et les entreprises ont chacun leur part de responsabilités dans la réussite de ce chantier.

 

 

 

 

 

 

 

 

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