Contre-Regards

par Michel SANTO

Chronique de la Région LRMP, et d’ailleurs. Régionales2015: Des promesses intenables pour des votes sans doute incertains…

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Le politique est aussi un marché. Avec ses producteurs ( les partis: machine à sélectionner des élus) et ses consommateurs ( que sont les électeurs…) Sur ce marché, on y échange des « promesses » d’interventions publiques (subventions, taxes, normes juridiques, morales ou symboliques) contre des votes pour conquérir ou conserver le pouvoir. Un pouvoir constitué, sur un territoire donné, de moyens légaux et « coercitifs » pour prélever des ressources et engager des dépenses, souvent très loin des promesses « vendues » avant sa conquête… C’est avec ce regard froid, que certains trouveront cynique, qu’il convient d’analyser ( un bien grand mot ) les programmes et promesses, voire les récits, qui commencent à s’exposer dans les tribunes médiatiques régionales. Une manière, comme une autre, d’éviter les filets de propagande qui , de droite et  de gauche, vont être lancés sur nos têtes durant ces semaines précédant le premier tour des élections régionales de décembre. Un exemple, lu ce matin, de promesse creuse: « la commande publique ne devra pas faillir. La nouvelle région ne devra marquer aucun temps mort. ». Sur la commande publique d’une région, en période de crise durable des finances publiques, que peut-on espérer sinon la création de nouveaux lycées et CFA, sous contraintes budgétaires, qui sont de sa seule compétence?  Pour une capacité de relance d’investissement en tout état de cause inférieure à celle, cumulée, des départements, des métropoles et des communautés d’agglomération, notamment, qui la composent. Et dans un contexte programmatique et calendaire: les contrats États-Régions courent sur la période 2014-2020, qui fixe déjà les grands programmes d’investissements régionaux. Sur le deuxième point ensuite, et compte tenu de  ce qui précède, affirmer qu’il n’y aura aucun temps mort est tout simplement faux. Une fusion de collectivités, comme pour des entreprises, prend du temps. Entre deux et trois ans. Ce qui correspond peu ou prou à la fin des contrats États-Régions, et n’est pas un hasard… De sorte que pendant cette période intermédiaire, une grande part de l’énergie des élus et de leur administration sera (devrait être) consacrée à l’organisation de la nouvelle région. On aura aussi soin, en effet, de se rappeler que la « promesse » vendue par les élus (le législateur) était qu’avec  des régions moins nombreuses et une clarification des rôles et compétences entre les différentes collectivités, le coût du mille-feuilles administratif ( il est toujours là… ) serait moins élevé…

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Commentaires (1)

  • Joel Raimondi

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    résumé tres clair des enjeux … genre  » la chair est triste » et « j’ai lu tous les livres » …ce que Roland Gori professeur émérite de psychopathologie clinique et psychanalyste expose avec clarté dans son dernier essai « l’Individu ingouvernable » …

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