Contre-Regards

par Michel SANTO

Chronique de Narbonne, et d’ailleurs: Les Salins de Gruissan, et ses amis, orphelins de Jean Jacques Promé…

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Jean Jacques était un ami intime. De ceux à qui on peut tout dire sans risquer d’être jugé. Il nous a brutalement quitté laissant tous ceux qui l’aimaient dans la peine et la douleur. Hier, nous étions nombreux autour de Geneviève, sa femme, de ses enfants, petits enfants et proches, pour les soutenir dans l’épreuve, les entourer de toute notre profonde affection.

J’écris ces lignes, et me reviennent en mémoire ces images et souvenirs de cette escapade à Athènes en compagnie de Jean Pierre, Louis et Thierry, ou celle dans la Vallée des Merveilles, guidés par Henry de Lumley. Jean Jacques Promé s’était lancé, dans sa dernière aventure de chef d’entreprise, sur Gruissan, avec le désir de faire du site des Salins un site d’exception. Ce qu’il est devenu! Lors de notre dernière rencontre, il m’exposait ses derniers projets pour le rendre encore plus beau, plus attractif. Toujours mille idées en tête, tant il faisait corps et âme avec ce superbe lieu et ses compagnons de travail. Patrice Gabanou, au nom de tous les sauniers et de tous ceux qui ont travaillé auprès de lui et avec lui sur les salins lui a rendu un dernier hommage devant toute sa famille et ses amis réunis, hier, à Montpellier. Les mots me manquent! Je lui laisse la parole. C’est aussi la mienne:

Jean-Jacques,

Quand tu es arrivé sur le Salin de l’Ile St Martin, trois sauniers et quelques fidèles se débattaient pour maintenir ce lieu en état de production. Plusieurs personnes ont tenté de les suivre, en vain, tant cette aventure paraissait utopique, voire perdue d’avance pour certains.

Veni, vidi, vici ! Cela t’irait bien cette formule de César ! Car tu es venu, tu nous as vus, et tu nous as suivis !

Oui ! Toi, tu y as cru ! Merci Jean-Jacques!

Nous apportions, nous les agriculteurs de la mer, notre savoir-faire, nos ambitions créatrices, tu nous suivais, tout en gardant bon pied et bon œil sur l’organisation et la gestion de l’ensemble. Tu étais le garant, la critique, la vigilance, l’avertisseur, parfois même le censeur, mais toujours avec humanité, bienveillance et sécurité pour nous tous !

Tu as su sublimer, comme on dit en chimie, nos idées comme nos tables salantes pour en faire la belle entreprise que nous vivons ensemble aujourd’hui.

Tout de toi, va nous manquer !

  • Tes arrivées sur le Salin qui avaient leur petit effet, car tous s’affairaient davantage et encore mieux.
  • Tes petits sourires, ton rire, pleins de malice et d’humour qui ouvraient une brèche d’humilité et d’humanité dans ton sérieux, et qui nous montraient de toi un être si sensible et si généreux.

Compliqué ! Oui ! Tu l’étais, comme l’est un plat d’huîtres chaudes à préparer, dira un cuisinier de la Cambuse, mais tellement réussi, unique et savoureux au résultat !

Car, derrière ta rigueur et ta droiture nécessaires, qui nous ont d’ailleurs tous construits, il n’y avait pas seulement le «Président», comme on aimait à t’appeler il y avait aussi :

  • comme « un papi » bienveillant, dira une des plus jeunes employées,
  • comme un instituteur qui nous a marqués et qui a contribué à la renaissance de notre parcours, dira un saunier,
  • comme un compagnon de travail, toujours à l’écoute, simple et à notre portée, diront les autres sauniers.

Avec Jean-Jacques, chaque rencontre était un enseignement et nous le quittions toujours plus enrichis qu’auparavant, dira encore une employée qui aimait tant à le croiser sur le Salin.

«Vite, le Président !», cette petite phrase d’alerte nous rendait tous complices à ton arrivée, mais révélait combien nous étions tendres, respectueux et admiratifs à ton égard.

«Vite, le président !» Cette petite phrase, désormais muette, laisse place à un grand vide sur nos Salins.

Tu vas nous manquer Jean-Jacques !

Et comme l’a écrit Pierre Richard, un de tes amis du Salin, je le cite :

«Il est des gens qui ont le don de communiquer leur joie de vive, leur appétit pour la vie. Je crois que tout simplement ça s’appelle : générosité. Jean-Jacques avait ce don au plus haut point… Dieu qu’il va me manquer !», Fin de citation.

Oui, Jean-Jacques, ton goût à partager, à échanger, à écouter faisait de toi un homme d’estime et de respect réciproques aux Salins. Et si la perfection n’existe en aucun être, avec toi nous avions tous le sentiment de l’atteindre.

En cet instant, nos pensées vont à ta famille que le Salin a aussi investie depuis cinq ans, car comme nous pouvons l’imaginer ta passion était communicative jusque dans ton entourage le plus proche.

Bien sûr, tu n’es plus, mais l’esprit des salins gardera indélébiles l’empreinte de ton passage et celle de tes qualités humaines !

OUI ! Jean-Jacques, tu vas nous manquer à tous, mais sache que l’équipe des salins poursuivra ton œuvre, et qu’en chacun de nous, un peu de toi nous y aidera encore.

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Commentaires (2)

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    Elle

    |

    Mes sincères condoléances Mr Santo.

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