Crise migratoire: l’Europe au pied du mur!

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l’Allemagne, débordée par l’afflux de réfugiés ce week-end, a donc décidé de réintroduire « provisoirement » des contrôles à ses frontières, dimanche 13 septembre. Une décision prise la veille d’une réunion des ministres de l’intérieur et de la justice des Vingt-Huit à Bruxelles pour tenter de résorber la crise migratoire qui touche l’Union européenne (UE). Contrairement à ce que titrent ou laissent entendre de nombreux médias, la libre circulation à l’intérieur des frontières des 26 pays signataires des accords de Schengen est, certes, un des piliers du projet européen mais des contrôles peuvent être réintroduits à condition qu’ils soient temporaires, pendant une durée variant de dix jours à deux ans, dans les cas de figure exceptionnels. Ce qui est évidemment le cas! Le temps et la phase strictement compassionnelle – très courts! – de la crise migratoire que vit l’Union Européenne étant passés, place donc au traitement rationnel et politique de ce défi historique.  L’Europe ne peut pas en effet se contenter de mesures conjoncturelles et défensives. C’est à une politique commune de l’immigration, sur tous les plans, qu’elle doit répondre. Croire que la pression migratoire va progressivement diminuée est illusoire. Quelle soit consécutive aux ravages de la guerre en Irak et Syrie ou à la pauvreté en Afrique, la fin de ces deux tragédies n’est, en effet, pas pour demain. François Hollande affirme que la France et l’Allemagne marchent ensemble dans cette situation fortement anxiogène. Va-t-il s’opposer ou défendre la position de madame Merkel, prendre les mêmes décisions? Et que dire du pari  fait aujourd’hui par le gouvernement, d’accueillir et de loger plus de 30 000 personnes en deux ans? À l’heure actuelle, seuls un tiers des demandeurs d’asile sont hébergés dans des structures adaptées, et il manquerait globalement 800 000 logements dans le pays. Dans un pays confronté à un chômage de masse, une croissance en berne et des déficits publics, comment et avec quels moyens résoudre cette contradiction? Poser ces questions est légitime. Et que l’on ne me fasse pas le procès de « criminaliser » l’immigration et les migrants. Entre Marine le Pen, sa fermeture hermétique des frontières, et l’accueil inconditionnel par ceux qui veulent les abolir, la voie de l’humanisme et de la raison exige une réponse unie, solidaire et cohérente des États de l’Union.

Lien: L’appel à l’aide de Munich

 

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Commentaires (4)

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    Ingrid

    |

    Bonjour Michel,

    Les pays d’Europe reçoivent là, le retour du boomerang de leur politique interventionniste sans-gêne dans ces pays, armement inclus.

    Qu’en dire de plus ?

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    Raynal

    |

    Ton papier est très judicieux, Michel….Il est normal, sain, bon qu’un peuple entier, horrifié par cette detresse humaine ouvre les vannes a sa compassion et a sa pitié….Le sentiment d’humanité ne peut jamais être déraisonnable et je pense même qu’il rassure quand aux capacités des hommes a retrouver a certains moments l’essentiel de ce qui les unit….Mais il est necessaire, après que cette impulsion première et impérative se soit donnée libre cours, de gerer, et organiser de façon rationelle la situation ainsi créee….L’Allemagne semble payer maintenant le prix de décisions un peu précipitées guidées certes par de nobles sentiments (avec un peu d’interêt quand même ) mais aussi par de vieux traumatismes et comptes a regler avec elle même qui la poussent a prendre la tête de cette croisade humanitaire…Tout cela n’est pas condamnable mais nous démontre que ce problème est un enorme défi lançé a nos sociétés et a l’Europe….Le coeur, hélas, n’y suffira pas, il y faudra aussi de la volonté des moyens et….de la raison….Les avons nous, les aurons nous…? réponse sans doute très bientôt…..

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      Michel Santo

      |

      Merci Jacques! Je dois t’avouer que ces évènements me troublent au plus haut point…

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    Anna

    |

    Je repense à cette phrase de Churchill : « Vous aviez le choix entre le déshonneur et la guerre. Vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre. » Accueillir des centaines de milliers de personnes difficilement intégrables ne m’enthousiasme pas mais avons-nous vraiment le choix ?

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