Contre-Regards

par Michel SANTO

Droit du sang, droit du sol ! Ou la manipulation des mots.

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Dans cet étrange pays qu’est la France, il est des mots imprononçables au risque d’être expédié dans l’enfer idéologique de l’extrême droite raciste et xénophobe.

Immigration, identité nationale, sécurité etc… composeraient ainsi le prêt à penser de tous les populismes et leur simple énonciation, au motif qu’elle serait stigmatisante, devrait  être exclue du débat politique. Ces notions appartiendraient au code génétique du FN et devraient être exclues du pacte républicain, dans sa version morale et idéologique. Même si tout le monde sait sait que la grande question de ce siècle sera celle de grands mouvements de population et extra européens, ce qui en soi n’est pas une catastrophe et peut s’avérer même nécessaire pour notre vieux continent. Mais voilà, il est interdit par la pensée dominante d’en discuter. On voit bien l’utilisation politicienne qui en est faite, mais là n’est pas mon sujet de ce jour. Restons donc sur les mots et sur la manière dont on les tord pour les rendre politiquement impensables . Droit du sang, par exemple, pour le dernier en date . Chut ! sitôt exprimé une meute humaniste et progressiste se jettera sur vous. Et pourtant ! aujourd’hui, le régime d’acquisition de la nationalité, régie par le code civil, est avant tout celui si politiquement incorrect du « droit du sang » : un enfant dont au moins l’un des parents est français naît français ; alors que le « droit du sol », lui, à l’inverse si politiquement correct, est secondaire. Le simple fait de naître sur le territoire français ne donne pas droit en effet à la nationalité française. Des parents étrangers ayant donné naissance à un enfant en France peuvent demander la naturalisation de ce dernier à l’âge de 13 ans, à condition qu’il puisse justifier de cinq années de présence sur le territoire. À sa majorité, ce même jeune devient en revanche automatiquement français, à condition d’avoir vécu en France au moins cinq ans depuis l’âge de 11 ans. Dans le champ politique, le Front national est le seul parti à demander l’abolition pure et simple du droit du sol, le PS ne veut rien changer et l’UMP , par la voix de Copé voudrait supprimer la seule automaticité de la naturalisation si l’enfant est né en France de parents en situation irrégulière. Rien là  qui bouleverserait notre code civil ni serait moralement scandaleux, mais qui a provoqué une tempête médiatique et politique d’où il ressort que le droit du sang , qui nous régit au principal, serait une abomination, et le droit du sol, qui le complète, serait la panacée … C’est ainsi que,     par , et avec les mots,  on manipule les esprits ! Pour les empêcher de penser.

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Commentaires (1)

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    Lucas Trady

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    Bel article qui recadre ce qui n’était en réalité qu’un faux débat .

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