Contre-Regards

par Michel SANTO

Emplois aidés dans l’Aude ! Ce n’est pas le nombre qui manque mais l’engagement des acteurs…

Illustration : e-RSE.net

 

C’était le 19 décembre 2017, mesdames Sandragné et Bossis (vice-présidentes socialistes du Conseil Départemental de l’Aude) s’indignaient par voie de presse  [1]  de la baisse du nombre d’emplois aidés programmée par le Gouvernement. Avec ce seul message, complaisamment repris, témoignages à l’appui, sans aucune mise à distance, ou remarques “critiques” : “si demain ça s’arrête, c’est une catastrophe…”. Madame Sandragné précisant même : “le gouvernement s’en prend aux plus fragiles, c’est inacceptable…” Je leur rappelais alors dans un billet daté du même jour (nous vivons hélas dans une société sans mémoire !)  que c’est la majorité précédente, à laquelle appartenait les trois députés socialistes de l’Aude (plus aucun depuis…), qui avait décidé cette baisse drastique des dits contrats pour l’année 2017.

Qui s’en souvient ? Mais  le temps passant très vite, nous voilà déjà à la fin du mois de juin, et le Préfet nous informe, lui, que malgré une enveloppe de 981 emplois aidés au titre du programme Parcours Emploi Compétences [2] (emplois aidés dans le secteur non-marchand), seuls 18 % ont été pourvus à ce jour. 176 contrats ! Où est donc la “catastrophe”, serais-je tenté de dire ; “qui s’en prend aux plus fragiles” ? À l’évidence, ce n’est pas le nombre d’emplois aidés qui est en cause ici, mais la faible réactivité des collectivités locales en général et du Département en particulier. Au point que le Service public de l’emploi [3], qui s’est réuni dernièrement à la préfecture, a sonné la mobilisation générale. La signature d’un partenariat avec le Centre de gestion de la fonction publique territoriale a suivi, et une réunion de tous les maires de l’Aude est programmée le 2 juillet. Des maires, nombreux à gauche, qui, en décembre, chantaient pourtant fortissimo, en choeur, la même rengaine : “le gouvernement s’en prend aux plus fragiles” etc. (voir ci-dessus) J’attends donc avec impatience la rentrée prochaine pour vérifier si l’énergie  qu’ils vont déployer pour s’engager dans ce programme sera d’une aussi forte intensité que celle dépensée dans leur dénonciation d’une “baisse des contrats aidés”… 

[2] Contrats de courte durée (9 à 12 mois) dont l’objectif est de permettre au bénéficiaire d’acquérir des savoir-faire et savoir-être susceptibles de l’amener à un « vrai travail ».

[3] Cette instance regroupe tous les acteurs de l’emploi (Pôle emploi, collectivités locales, missions locales, etc.)

 

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