Contre-Regards

par Michel SANTO

En “Corbières Salanque Méditerranée”, on chasse et “tue” entre amis !

             

Sébastien Pla, le jeune et inamovible maire de Duilhac-sous-Peyrepertuse – il est aussi président de l’Agence Départementale de Tourisme de l’Aude et président de le Commission Économie Touristique et Thermalisme de la Région Occitanie – , qui devait conduire la seule liste présentée aux suffrages des électeurs de ce pittoresque village, s’est vu notifier par le sous-préfet de Narbonne, une semaine avant le premier tour de ces municipales, son inéligibilité. La raison avancée par l’administration préfectorale : incompatibilité professionnelle. La conséquence est que sa liste ne comptait que dix noms le jour de l’élection, au lieu des onze requis ; et qu’un second tour sera nécessaire pour élire le onzième conseiller municipal manquant. Outre l’intéressé, si je puis dire, c’est tout un village qui s’interroge sur cet arrêté préfectoral en faisant observer que lors des précédentes élections municipales, et alors que Sébastien Pla était le Directeur de l’Office de Tourisme couvrant sa commune, notamment, jamais la Préfecture de l’Aude n’avait soulevé ce genre d’incompatibilité. Mais voilà, indépendamment du jugement que l’on peut porter sur la qualité du contrôle de la légalité des actes administratifs qui, en l’occurence, et dans l’Aude, « aurait laissé un temps à désirer » , le contexte institutionnel et politique est depuis très différent. En effet, Duilhac est à présent intégrée à une communauté de communes interdépartementale dont le siège social est dans les P.O, et la compétence tourisme qu’elle exercait par l’intermédiaire de son Office que gérait son Directeur Monsieur Pla, a été transférée depuis le 1 janvier 2019 à cette même intercommunalité ; et par délégation de cette dernière à un établissement public au sein duquel monsieur Pla se retrouve depuis, disons « placardisé » – refus de deux contrats, temps partiel etc… Le tout dans un contexte plus général où le maire de Duilhac , n’a cessé jusqu’ici de contester le mode de gestion politique de cette communauté de communes (Cf mes billets sur ce sujet : tag Pla ), dont il est aussi, disons par délégation, l’agent salarié. Conflits qui n’ont pas de sources politiciennes, comme on pourrait spontanément le penser. En effet, les deux principaux protagonistes, le président de cette intercommunalité et le maire de Duilhac, sont tous les deux membres du PS… Voilà pour le contexte, que l’on qualifiera de troublant ; troublant, mais très pointu est l’argument juridique : le salaire de monsieur Pla, et non le traitement – il n’a pas le statut de fonctionnaire – correspondrait à celui d’un cadre de la fonction publique, et, comme pour ce dernier, ses fonctions seraient incompatibles avec un mandat de conseiller-maire de Duilhac. Sans aller jusqu’à s’indigner avec les amis de ce dernier pour qui « les protagonistes de ce vol démocratique l’avez fait perdre en faisant perdre la République elle-même » – faut pas charrier, tout de même ! – , je dois dire, sans porter de jugement sur les fondements juridiques de cette affaire, que la gestion politico-administrative du contexte, du temps et de la procédure au détriment de monsieur Pla, a été très professionnelle, quasi parfaite. Décidément, cette intercommunalité interdépartementale n’a pas fini de nous étonner. Aux « âmes simples » , je rappellerai cependant, pour ne plus l’être, qu’en politique “point d’amis, que des alliés” ; et que l’âne et le sanglier sont les deux animaux emblématiques des “cultures” catalanes et audoises (Corbières)… C’est dire !

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