Contre-Regards

par Michel SANTO

Hier au soir, un « Ce soir (ou jamais) » à revoir sans jamais se lasser…

  Unknown  

Hier soir! excellent émission de « Ce soir (ou jamais) ». Les invités: Alain Duhamel, Élie Cohen, Bernard Maris, Régis Debray et Guy Roux de Bézieux. Ce dernier, vice-président du MEDEF – je ne le connaissais pas – qui, je dois l’avouer,  m’a particulièrement séduit. C’est pas du Gattaz! Au milieu de ces dinosaures du monde intellectuel et médiatique forts brillants il a  élégamment montré  qu’il n’avait, sur le registre strictement intellectuel de cette soirée, rien à envier à ses voisins « idéologiques » et encore moins, si cela était possible (!), à redouter des Maris et Debray. L’un et l’autre, toujours aussi prévisibles, ont en effet défendu de manière attendu leurs parts sur le marché de la critique du libéralisme économique et social, avec un Debray toujours aussi intelligent aux formules ciselées, et un Maris égal à lui même dans la dénonciation tous azimuts des entreprises et du marché – un hybride de Hessel et Cavanna.

J’ai retenu cet extrait d’un dialogue entre Debray et De Bézieux, qui démontre qu’entre personnes respectueuses des idées des autres, des « ponts » politiques  inattendus permettent d’en éclairer le sens et, parfois, leur substrat commun:

R.Debray : « Qu’on ait besoin des entreprises, c’est évident. Que la République elle-même devienne une entreprise, je l’ai dit, c’est dangereux.C’est vrai que les entreprises, ce sont peut-être les jambes d’une société mais cela ne peut pas en être le coeur et encore »

GRoux de Bézieux : « Oui, une nation, c’est une collectivité qui se trouve un destin, comme disait Régis Debray. Mais 5 millions de chômeurs, ce n’est pas le bonheur non plus… Le désespoir des Français qui s’en vont, ce n’est pas un destin… »

R.Debray : « Impôts, sacrifices, réforme, aides aux entreprises, oui d’accord.Mais pour quoi faire?Au service service de quoi? Quand de Gaulle arrive en 58, il prend des mesures dures mais il a un projet. »

GRoux de Bézieux : « Les entreprises françaises ont à rôle à jouer dans la constitution du destin national. Leur rôle, c’est de contribuer à ce que les millions de chômeurs rentrent dans la communauté nationale. Travailler, c’est un épanouissement, c’est l’oeuvre d’une vie. »

Je suis « sorti » de cette émission lavé de ces « on va faire en sorte que « entendus toutes les trois phrases  et d’un « c’est pas cher, c’est l’État qui paye » en guise de conclusion et de philosophie politique, entendus récemment sur TF1. Je ne dirai pas dans la bouche de qui!

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