Contre-Regards

par Michel SANTO

Hopper, peintre métaphysique!

 

Self_portrait_by_edward_hopper-copie-1.jpeg

 

 

Magnifique rétrospective de  l’œuvre d’ E. Hopper au Grand Palais. Beaucoup de choses ont été écrites sur cet événement, je n’y reviendrai pas.  Une remarque cependant sur la trop grande insistance des critiques français sur sa « dénonciation » de la société américaine. S’il est vrai que ses personnages et ses paysages en sont le reflet, ses thèmes et sa philosophie ont une tout autre portée. Hopper est un peintre métaphysique ! Comme George de la Tour, Goya, Munch, de Chirico… en d’autres temps et d’autres pays. C’est pour ça qu’il nous touche. De ses toiles se dégagent tension, mélancolie, solitude et attente. Comme dans celle ci, célébrissime : un bar tristement éclairé, sans murs, plongé, tel l’étrave d’un bateau, dans l’océan de la nuit.

 

 

m-Hopper.jpeg

 

Trois personnages bavardent, indifférents au quatrième de dos, dont l’ombre ne laisse à la lumière que le bas d’un visage penché sur un verre à peine deviné. Ses épaules portent le poids du monde. Qu’attend-t-il ? La solitude est en nous comme une lame, nous dit Christian Bobin, dans son « éloge du rien ». On ne peut nous l’enlever sans nous tuer aussitôt. L’amour ne la révoque pas, il la parfait. Et qui nous dit de cet homme, qu’en cet instant où plus rien n’est à attendre, sinon l’inattendue dans sa nuit, qu’il n’est pas au plus près de sa vérité. Comme une prière le vent, comme une âme son être. Le génie d’Edward Hopper est dans cette faculté qu’il a de transformer la banalité des formes et des situations en représentations d’un univers métaphysique d’une profondeur inouïe. Le glacé de ses toiles en lumineuses rêveries. Le rien de la vie en tout de l’être…

 

 

 

Rétrolien depuis votre site.

Désormais, 3 façons de réagir !

Commentaires (1)

  • Avatar

    VIET

    |

    Effectivement  je ne pense pas que Hopper ait voulu suggérer je ne sais quelle critique de la société américaine mais qu’effectivement sa peinture parle à notre inconscient. Il ya assurément
    une dimension métaphysique sans ses tableaux.

    Reply

Laisser un commentaire

Articles récents

Des combats de pets sur les réseaux sociaux...

Des combats de pets sur les réseaux sociaux...

    Nicolas Bouvier, dans « Les chemins de Halla San », note que « les trois divinité de l'île de Chedju (Corée du Sud) s’appellent Ko, Yang, et Puh. Puh, comme on le devine à l’oreill[Lire la suite]
Narbonne ! Municipales2020 : À mon tour d'entrer en campagne !

Narbonne ! Municipales2020 : À mon tour d'entrer en campagne !

    Laissons de côté, pour le moment, le nombre d’arbres ou de trottinettes par habitant (je plaisante), pour nous intéresser à ce qui me semble, s’agissant des politiques environnem[Lire la suite]
Dimanche : Quelques notes prises à la volée, et en passant…

Dimanche : Quelques notes prises à la volée, et en passant…

    Novembre ! Dimanche 17. Je déteste cette expression : "A ne manquer sous aucun prétexte". Elle clot toujours une invite à voir une expo, un film ; lire un livre, goûter un vin ;[Lire la suite]
L'ogre médiatique a besoin de sa dose quotidienne de "scandales" moraux, intellectuels ou politiques…

L'ogre médiatique a besoin de sa dose quotidienne de "scandales" moraux, intellectuels ou politiques

          L'ogre médiatique a besoin de sa dose quotidienne de "scandales" moraux, intellectuels ou politiques — au mieux les trois à la fois — pour persévérer dans son [Lire la suite]
Narbonne ! Municipales2020 : les métamorphoses d'Alphonse !

Narbonne ! Municipales2020 : les métamorphoses d'Alphonse !

      Jeudi dernier, notre Alphonse, qui se présente modestement, à lui tout seul, sous l'étiquette "Je suis Narbonne", nous invitait à trinquer "en toute convivialité" dans [Lire la suite]
Scène de la vie narbonnaise dans une boulangerie-pâtisserie du centre-ville : "Bande de cons !"

Scène de la vie narbonnaise dans une boulangerie-pâtisserie du centre-ville : "Bande de cons !"

      Lundi 11 novembre, il est 16h 45, j’entre dans la boulangerie-pâtisserie Maury située dans le centre-ville et me range dans la file d’attente. Devant moi, deux dames pa[Lire la suite]
  
2006-2019 © Contre-Regards
Conçu par OnEric Studio
 
%d blogueurs aiment cette page :