Contre-Regards

par Michel SANTO

La « déclaration d’amour » de Bertrand Malquier à l’Agglo pose un vrai problème de méthode…

 

 

Bertrand Malquier est « captivé par l’Agglo ». Charmé, séduit, il lui a fait une « belle » déclaration d’amour dans le « faire-part » publié dans la presse dominicale – sous un « chapeau » bleu . Il voudrait la conduire vers de nouvelles aventures, unir leurs destinées. Fonder une nouvelle famille ! Il est jeune, intelligent et a de l’ambition ; comme d’autres prétendants de sa génération qui, plus discrètement, la convoitent tout autant, sans le dire, tout en le disant. Le seul obstacle à ce désir étant bien entendu l’assentiment de sa famille politique et  celle d’une majorité de  conseillers communautaires qui seront élus l’an prochain. Ce qui suppose, aussi, évidemment, une confortable victoire de son mouvement à Narbonne et des « partis amis » dans les autres cités du Grand Narbonne.

Une condition qu’il avait, avec Didier Mouly, aux élections précédentes, tout bonnement ignorée, ou très largement sous-estimée. L’Agglo n’avait pas pour eux, à l’époque, les vertus qu’ils lui accordent aujourd’hui. Un défaut de stratégie politique qui explique en grande partie la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui la ville centre. Dirigée par Didier Mouly et son équipe, isolée, elle ne participe même pas à l’exécutif de l’Agglo. La leçon a été visiblement retenue ; et la demande en mariage de Bertrand Malquier le fait publiquement savoir.

Mais le plus intéressant dans sa déclaration est qu’il reconnaisse enfin que l’on ne peut plus dissocier les programmes municipaux qui seront prochainement en compétition des pouvoirs et compétences exercées par le Grand Narbonne (transports, ordures ménagères, équipements culturels, économie etc.) Avec comme conséquence logique (politique et institutionnelle), la présentation aux élections municipales de Narbonne, comme dans les autres communes du Grand Narbonne (les conseillers municipaux et les conseillers communautaires seront élus le même jour), de deux projets cohérents et intégrés : celui concernant la ville centre, par exemple, et celui proposé pour le Grand Narbonne. De cela, qui va incontestablement dans le bon sens, il résulte, pour la clarté du débat démocratique, que tous les maires sortants, et ceux qui veulent l’être, ainsi que tous les candidats à la présidence de l’Agglo, devraient s’exposer comme vient de le faire Bertrand Malquier.

Disant cela, qui me paraît l’essentiel du message envoyé à nous par ce dernier, je tiens toutefois à préciser – ça en devient lassant – que cette analyse ne vaut pas approbation ou critique de sa personne ou du programme municipal actuel ou futur du mouvement dont il est le secrétaire général. Je me proposais simplement de poser ici, à froid, un problème de méthode rarement abordé. Il se trouve que cette circonstance me l’a permis. Produite par une personnalité d’un autre « camp », j’aurais développé la même analyse. Le temps de la dispute sur les projets des uns et des autres, lui,  n’est pas encore venu…

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Commentaires (5)

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    MARTINEZ

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    Encore une lutte intestine dont il ne peut rien sortir . Lorsque l’on regarde le bilan confondu des uns et des autres, mon Cher Michel « la cabano se négo » omme disaient nos anciens.

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    Paul Etienne

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    Une analyse qu’on peut ne pas partager. S’il va de soi en effet que les destins des communes et celui du Grand Narbonne sont liés, avec ce qui en découle de cohérence nécessaire du fait des transferts de compétences, est il réellement nécessaire, voire même souhaitable, que chaque Commune ait à poser son projet pour le Grand Narbonne ? Ce projet n’est il pas, par essence même, celui des 37 communes membres ? S’il s’agissait d’évoquer une méthode, un état d’esprit, un éventuel socle commun de valeurs…alors oui. Mais cette soudaine attention du premier adjoint de la première commune de l’agglomération surprendra les électeurs des autres communes, et sans doute aussi une large partie de leurs maires actuels, dans le sens où elle fait suite à un pilonnage en règle par la même ville centre de nombre de projets communautaires, aux seuls fins de petits calculs politiciens ou pré-électoraux. Il a été nécessaire en effet, vu de la Ville, et dans cette même logique, d’alimenter dans la presse, à la radio et finalement dans l’inconscient narbonnais, le leurre d’une lutte intestine entre les 2 entités, quand celle-ci, faute originelle de l’absence de vice présidence pour la Ville mise à part, ne trouve son origine que dans l’attitude de la Ville depuis 2014. Présider l’agglo, pourquoi ? Sur les ondes que vous occupez chaque semaine, M.Malquier annonçait sans vergogne et sans rire qu’il trouvait justifié, avec votre assentiment et celui du « patron », de faire financer le déficit de l’Arena aux 36 autres communes qui n’ont rien demandé de cette salle. La logique soutenue est la suivante : l’intérêt Communautaire, bien sûr (je vous invite à réfléchir sur le sens de la formule). On voit bien se dessiner alors le dessein de la Ville, qui en prenant la main sur la communauté d’agglomération, y trouvera sans aucun doute le moyen de financer bon nombre de projets narbonnais. Le premier adjoint, dont on ne doute ni de l’ambition, ni de l’envie, est désormais en campagne communautaire, accompagné de l’autre adjoint César, comme au vieux temps du vieil empire, le char emplie de belles promesses. Un peu de légionnaires municipaux ici, un peu de grands ports et galères là, un peu d’assainissement et de nouvelles voies ailleurs…Séduisant certes, pour qui s’intéresse peu à l’intérêt Communautaire, mais dangereux. Les gaulois sont fiers, et l’empire a vécu…

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    • Michel Santo

      Michel Santo

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      Les questions que vous posez sont pertinentes, mais il n’était pas dans mon intention d’aller au delà de la seule qui dans ce billet m’intéressait, comme ma conclusion le souligne. Cela dit, à s’arrêter sur votre conception de l’intérêt communautaire, il conviendrait de sortir des compétences de l’Agglo tous les gros équipements culturels ou pas réalisés et financés antérieurement par la Ville de Narbonne et tous structurellement déficitaires… Permettez moi à mon tour de vous inviter à réfléchir sérieusement à ce critère d’intérêt communautaire, qui n’est pas, comme vous semblez le croire la seule addition de projets présentés par les 37 communes membres du Grand Narbonne. La logique politique et programmatique d’une Agglo oblige en effet les maires de chacune d’entre elles à se projeter dans un espace commun et à penser chaque action ou projet, y compris ceux concernant leur commune, dans l’intérêt général de cet espace… À propos de l’Arena, je vous rappelle, au cas où vous l’auriez oublié, que le président sortant Jacques Bascou, comme son vice-président Martin d’ailleurs, lors d’une émission sur Radio Barques, a clairement fait savoir que cet équipement était de nature et de portée communautaire. Ce qui ne veut pas dire, qu’il emportait son assentiment, moi même ayant exposé à plusieurs reprises pourquoi, il n’emportait pas le mien. Mais voilà, en 2020 il existera bel et bien, et il faudra bien se poser la question, là encore, à quel niveau, commune ou Agglo, sa gestion
      , en cohérence avec d’autres équipements gérés par cette dernière, est la plus pertinente, dans l’intérêt de tous. Bien cordialement !

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    Paul etienne

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    Cette contradiction que j’entends très bien souffre néanmoins d’un défaut de raisonnement, car vous faites fi de l’histoire. Les équipements culturels que vous évoquez sont antérieurs à la création de la CAN (2003), devenue Grand Narbonne. A sa création, ici comme dans toutes les agglomérations, il était légitime de s’interroger sur l’opportunité d’en transférer la compétence. Cette approche découle de l’essence même des transferts de compétences voulue par la loi. Le cas présent est différent : cette salle est un projet de campagne de l’equipe Mouly en 2014, annoncé à l’époque pour la modique somme de 12 millions d’euros, et qui ne devait rien coûter en fonctionnement. Nous savons désormais ce qu’il en est, sans véritable surprise. 12 millions supplémentaires et 600 000 € en sus par an plus tard, il serait subitement question d’intérêt Communautaire ? Allons plus loin dans votre approche : comment analysez vous l’intérêt communautaire d’un sujet comme le crématorium ? Sujet porté par le Grand Narbonne depuis 5 ou 6 ans, mis à mal par la ville centre qui lance son propre projet au doux prétexte d’un autre mode de gestion ? Vous voudriez faire croire que seul l’intérêt général prévaut dans la démarche Narbonnaise, et qu’un tel sujet n’a pas de portée communautaire ? Notez bien enfin que je ne conteste pas l’intérêt d’une gestion croisée de l’Arena entre cette salle, le parc des expositions, voire pourquoi pas le théâtre, ou autre…à des seuls fins de bonne gestion. Mais cela parait bien mal embarqué avec la DSP actuelle, qu’il conviendrait donc de casser. Vous n’empêcherez donc pas de penser que la Mairie agit avant de réfléchir, ou en tous cas pas sans petites manœuvres politiciennes, à son seul et unique profit, politique et financier, et au détriment des contribuables des 36 autres communes. Respectueusement.

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    • Michel Santo

      Michel Santo

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      Je ne me place pas sur ce terrain politique au sens politicien du terme. Je dis qu’objectivement, en faisant abstraction de toutes les raisons que vous exposez, la nature de cet équipement, comme ceux de tous les autres territoires de ce pays qui en disposent et les gèrent, est d’intérêt communautaire. J’ajoute que dès début de cette polémique, je me suis opposé à cette réalisation municipale, en invoquant notamment cet argument… Quant à l’intérêt des contribuables des 36 autres communes, vaste sujet qui n’était pas celui de ce billet, il y aurait beaucoup à dire, y compris sur des programmes de l’Agglo. Le moment venu, j’en discuterai ici même..,

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