Contre-Regards

par Michel SANTO

La DGS de Narbonne, bouc-émissaire d’un combat de chefs au sein de l’exécutif municipal ?!

Je ne reviendrai pas ici sur les conditions administratives et juridiques dans lesquelles madame Umbach quitte ses fonctions de DGS de la Ville de Narbonne, la presse locale et certains membres de l’opposition s’en sont fait largement l’écho. Je dois dire, au passage, que, comme souvent dans ce genre de circonstances, les passions les plus tristes : ressentiment, jalousies, règlements de comptes professionnels (ou, à travers sa personne, politiques) n’ont pas manqué ; ce qui, chez moi, entraîne presque immédiatement une première réaction, disons de bienveillante neutralité. J’ai trop connu en effet de situations de ce genre pour savoir qu’à un certain niveau de responsabilités, et dans une relation d’étroite proximité avec des élus (surtout dans de petites ou moyennes collectivités locales), se cachent, sous des apparences de « renouvellement des cadres », des conflits d’ordre politique. Le professionnel marginalisé, ou éjecté, jouant le rôle classique du bouc-émissaire, dont la fonction, par sa « mort symbolique » est de rétablir « l’ordre et la paix » au sein d’une communauté * ; en l’occurrence, celle constituée par l’exécutif au commande de la Ville de Narbonne. Ce ne devrait être un secret  pour personne, mais, de fait, le premier adjoint de Didier Mouly : Bertrand Malquier, semble investit d’autres fonctions que celles que lui donnent strictement son mandat et ses délégations, au point d’apparaître aussi comme le véritable directeur de cabinet du maire (!) et le chef de son administration. Ce qui fait beaucoup et ne laisse aucun « espace » à un (une) professionnel de la gestion publique (de surcroît proche du maire). On se souvient, peut-être, que Monsieur Malquier avait confié à Manuel Cudel, dans son enquête du Midi Libre, qu’il lui « fallait un Mouly pour battre Bascou et qu’il avait choisi Didier ». Tout un programme, en effet, qui trouve dans cet épisode sa justification (rien ne doit exister entre lui et le maire). De sorte que la question me vient de savoir comment Didier Mouly va se sortir de cette emprise, cette tutelle, lors des prochaines échéances électorales. Ce dernier, qui n’est pas aveugle, a anticipé la situation de conflit politique programmée avec son premier adjoint en faisant savoir publiquement qu’il était candidat à sa réélection. Ce qui devrait l’amener, en toute logique, à se séparer de  Bertrand Malquier, le moment venu… Et, pour l’intéressé, à se découvrir (et dévoiler ses ambitions) ou rentrer dans les rangs (ou les quitter) ; ce qui ressemble fort à une impasse politique…

*Il faut lire les aventures du « Cas Malaussène » de Daniel Pennac. Plus rigolo que les analyses de René Girard et sa théorie du désir mimétique !

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Commentaires (3)

  • Alphonse MARTINEZ

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    Michel je peux me tromper mais il me semble que nous avons tout de même quelques points communs . Il faut arrêter de tout mettre sur un plan politique ,quelles sont les compétences de Nathalie Umbach ,il faut le dire Michel . Le personnel qui était sous ses ordres ne pouvait la souffrir, j’ai entendu dire qu’elle avait placé dans les emplois municipaux son époux et son fils ,il faut le dire Michel. A ce poste là il nous faut des compétences réelles ,un ingénieur et pas un ot de fleurs. Je ne connais pas le fond de l’affaire mais Didier MOULY et Bertrand MALQUIER ont raison sur ce coup là . Il faut que cette ville cesse de recruter des seconds couteaux ,il nous faut aussi des compétences au Grand Narbonne ou tous ces élus n’ont pas compris que l’économie locale n’est pas leur tiroir caisse. C’est de cela Michel dont il faut parler avec la richesse de ton vocabulaire. Très amicalement malgré mes propos pas toujours compris.

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    • Michel Santo

      Michel Santo

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      Vous verrez Alphonse que mon analyse n’est pas si décalée que cela !

      Reply

  • Christian

    |

    Il est étonnant de voir comment cet article n’entraine qu’un seul commentaire et seulement 6 « j’aime » émanant essentiellement de l’opposition, trop contente que quelqu’un (Michel SANTO) se charge du travail. Tout le monde se montrerait-il si indifférent à ce qui peut se passer dans la gestion de notre Cité? J’ai du mal à le croire, et pourtant………il est un secret pour personne que le premier adjoint, Bertrand MALQUIER n’est rentré au Conseil Municipal que pour se mettre en piste pour l’élection de 2020. Une sorte de passage obligé. Sa nomination aux affaires générales, lui permettant ainsi d’avoir une vision sur l’ensemble des services et être au cœur même des décisions. Sa nomination comme secrétaire général du mouvement Nouveau Narbonne lui permettant parallèlement de verrouiller l’appareil en y tenant une tribune bimensuelle face aux militants. On peut souligner au passage que nul n’était nécessaire d’être absolument premier adjoint pour s’occuper des affaires générales (ce n’est pas écrit dans le marbre). La place de premier(e) adjoint (e) aurait dû être attribuée à une femme comme c’est l’usage depuis quelques décennies dans les municipalités et comme cela l’a été avec les trois prédécesseurs de Didier MOULY. Cela aurait eu un peu plus de panache et Bertrand MALQUIER aurait pu exercer ses fonctions aux affaires générales sans difficultés.
    Pendant trois ans et demi Bertrand MALQUIER, tout en influant sur les choix et les décisions de la municipalité, s’est montré particulièrement silencieux et discret. C’est une tactique bien connue qui permet de se dédouaner partiellement du bilan, le moment venu, surtout sur les décisions qui fâchent.
    Au passage, on peut souligner que c’est le seul adjoint qui sur sa page Facebook ne se faisait pas le relai des décisions prises. D’ailleurs celle-ci a été tout récemment soigneusement nettoyée pour n’y faire paraitre que ce qui pourrait être porteur, donnant ainsi l’impression qu’il n’arrive de nulle part.
    Dans un an et demi environs, les équipes qui souhaiteront présenter aux narbonnais leur programme devront être en ordre de marche. C’est long et court à la fois.

    Bertrand MALQUIER, s’il veut être candidat, doit commencer à apparaitre, à se faire connaitre, à se faire connaitre pour apparaitre comme étant le candidat naturel, celui du renouveau.
    Pour cela il doit maitriser totalement l’exécutif ce qui, dans un premier temps, il aura réussi à faire en quelques semaines.
    Dans un deuxième temps, il devra se démarquer d’une partie de l’action municipale en la critiquant puis en démissionnant.
    Tiens tiens…ça ne vous rappelle pas quelque chose ou plutôt quelqu’un ? sauf que ce qui a marché il y a quelque mois ne se répètera pas forcément. A suivre……

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