Contre-Regards

par Michel SANTO

Le carnet de campagne de Marin de Viry.

    imgres  

« Le débat sur la dette de la Nation a une vertu générale : rappeler que les projets de société ont un coût. Quel beau projet de société fut le nôtre, en vérité, auquel nous nous devons d’entamer une période d’au moins dix ans de baisse du pouvoir d’achat, d’érosion du patrimoine privé et collectif, de probables épisodes de contraction de la production nationale, de crédit cher et difficilement accessible, de renforcement du prélèvement économique de l’État sur la moindre ressource privée, d’accélération de notre déclin relatif au niveau européen et mondial, et de gâchis des chances de la génération montante. Trouvez-vous que ce lien entre projet de société et dette soit discuté pendant cette pré-campagne ? Moi pas. Pourtant à titre personnel je fais un rapport assez clair entre d’une part mon capital emprunté ou possédé et d’autre part mon style de vie, mes anticipations, mes priorités. »

C’est l’entame de la chronique de Marin de Viry publiée par la Revue des Deux Mondes jeudi 22 septembre. En voici la conclusion:

  » C’est ce que je méditais en lisant le numéro de Libération consacré à Martine Aubry, mardi. J’eusse aimé qu’elle nous dise d’abord que nous allons tous nous appauvrir. Pourquoi cette vérité d’évidence serait-elle politiquement indicible ? J’aurais aimé ensuite qu’elle nous parle de la manière dont on dégage l’intérêt général quand on est fauché comme les blés. Bêtement, j’imaginais que les socialistes seraient bien placés pour ça. Et de là, qu’elle en vienne à la manière dont on fait consensus dans l’appauvrissement et l’austérité. Vous voyez, ma demande est simple : réalité, intérêt général, condition politique à réunir pour atteindre l’intérêt général. Au lieu de quoi, Martine Aubry a déclaré qu’il n’y avait pas que la dette dans la vie, et qu’il fallait aussi esquisser une « politique de l’individu », ou peut-être de la « personne » (cette oscillation entre le vocabulaire personnaliste et l’individualisme me paraît assez significative du flou qui règne dans les bases philosophiques du projet socialiste). C’est exactement le contraire, me semble-t-il : il n’y a que la dette dans la vie de la Nation, et il faut en finir avec l’individualisme. »

Mots-clefs : , , , , ,

Rétrolien depuis votre site.

Désormais, 3 façons de réagir !

Laisser un commentaire

Articles récents

La branlée du RCNM à Valence fera-t-elle réfléchir les "Socios" et les "autres"…

La branlée du RCNM à Valence fera-t-elle réfléchir les "Socios" et les "autres"…

          "Sucette", le gourou des Socios du RCNM, a beau s'en "beurrer les noisettes", sortir la lame et pointer son équipe en lui retirant son aide financière, [Lire la suite]
Une prison à Perpignan, mais pas à Narbonne, ni à Lézignan...

Une prison à Perpignan, mais pas à Narbonne, ni à Lézignan...

        Fin de l'enfumage médiatico-politique sur l'édification d'une prison dans le Narbonnais d'abord, puis le Lézignanais ensuite. L'État vient de s'engager en eff[Lire la suite]
François Hollande se déplace dans l'Aude sous de tristes auspices…

François Hollande se déplace dans l'Aude sous de tristes auspices…

François Hollande poursuit sa "tournée des popotes" dans les supermarchés et les grands magasins culturels. Parfois des librairies. Il y vend et signe ses "mémoires" quinquennales : "les leçons du po[Lire la suite]
Le Théâtre+Cinéma du Grand Narbonne et la Tempora du même : une mutualisation impossible ?

Le Théâtre+Cinéma du Grand Narbonne et la Tempora du même : une mutualisation impossible ?

        Samedi dernier, nous recevions, Jean-Claude et moi, à Radio Barques, madame  Marion Fouilland-Bousquet, la directrice du Théâtre+Cinéma Scène Nationale, du Grand [Lire la suite]
Les "Socios du RCNM" renversent les tonneaux : "pas un sou au club" !?

Les "Socios du RCNM" renversent les tonneaux : "pas un sou au club" !?

        « Sucette » et Marco, les deux (!?) présidents des « Socios » du RCNM ne font pas dans la guimauve épistolaire. C’est un véritable glaçon en effet qu’ils vien[Lire la suite]
L'amputation nécessaire des Départements couvrant les Métropoles (l'exemple de la Haute Garonne)

L'amputation nécessaire des Départements couvrant les Métropoles (l'exemple de la Haute Garonne)

 Pierre Médevielle, en haut, et Georges Méric… Le précédent gouvernement avait prévu la suppression des conseils départementaux mais, pour des raisons bassement politiciennes – ne pas perdre les voix[Lire la suite]
%d blogueurs aiment cette page :