Le sanglot de l’homme blanc européen .

 

 

 

 

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Nouveaux drames humains en Méditerranée. Après le naufrage de  » Lampedusa  » où de nombreuses victimes venues de la corne d’Afrique ont péri noyées, celui d’hier encore au large des côtes de l’ile de de Malte. Des familles entières fuyant des pays en guerre, des états corrompus, la misère ou tout simplement désireuses de poursuivre leur vie dans ce qu’il leur apparait comme une terre d’abondance, l’Europe, ont terminé leur voyages au pays d’où l’on ne revient hélas jamais. Une tragédie devant laquelle aucune conscience ne peut rester sans s’émouvoir et sans voix pour en dire ce qu’elle contient de révoltant, d’insupportable et d’injuste. Mais ce qui est intolérable, comme on nous l’assène jour après jour, c’est d’en faire supporter la responsabilité première à   » l’homme blanc européen  » et à son égoïsme meurtrier. Une responsabilité qui demeure pourtant , comme le dit si bien Jean-Baptiste Placca, journaliste, fondateur du magazine L’Autre Afrique,  » celle des dirigeants africains qui seuls peuvent, par un réel leadership, proposer à leur jeunesse, à leur peuple, cette vision qui pousse toute une nation à se surpasser, pour caresser l’inaccessible.Tous les peuples du continent, même de pays plus pauvres que l’Érythrée, ne choisissent pas cette voie désespérée qui engloutit dans les profondeurs de la Méditerranée. C’est donc la preuve qu’il n’y a pas une fatalité à vouloir toucher Lampedusa et mourir  » . En 1983, Pascal Bruckner publiait  » Le sanglot de l’homme blanc « , essai dans lequel il dénonçait,  à travers le tiers-mondisme, une tendance à l’autoflagellation qui, tout en flattant la bonne conscience de l’homme blanc, tendrait à dissimuler les vrais problèmes, l’esprit d’analyse étant remplacé par un sentimentalisme aveugle. Une idéologie qui tend à rendre les dominants d’hier responsables de toutes les souffrances des pays du Sud, que cette responsabilité soit ou non avérée ; comme elle diffuse en France même l’idée que nous ne finirons jamais, au nom de la défense des  » minorités ethniques « , de payer  notre  » effroyable dette  » à l’égard du tiers monde . Eh bien, au risque de passer pour un être dénué de tout sens moral, j’avoue, à contresens du pathos ambiant, mon allergie à cette tyrannie névrotique de certaines élites . J’ajoute , pour aggraver mon cas, qu’elle contribue, pour une part importante, au désarroi politique ambiant de françaises et de français qui, dans un mouvement symétrique,  se réfugient dans des postures collectives populiste et xénophobes. Inutile donc de préciser que je recommande, pour se protéger des  » gestionnaires  » de la mauvaise conscience de l’homme blanc européen, ce stimulant essai brucknérien.

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