Contre-Regards

par Michel SANTO

Les mots, le pouvoir et la politique !

 

images-copie-8.jpegimages-copie-8.jpeg

 

Dimanche soir, j’ai regardé et écouté le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, annoncer sur la « Une » son intention de réduire les parts de l’Etat dans des entreprises cotées. Une annonce à de forts marris manifestants (Au fait, connaissez vous la pièce de Claudel:  ” l’Annonce à Marie ” ? Un « drame de la possession d’une âme par le surnaturel », selon sa définition. Mais je dérape…) Revenons à des choses, sinon plus sérieuses en tout cas plus triviales. Je disais donc que les troupes toutes de rouge vêtues qui défilaient hier, menées par d’anciens combattants trotskystes devenus depuis d’honorables sénateurs et patrons de presse , ont du recevoir cette sainte annonce gouvernementale comme un véritable coup de matraque . Une parole aussitôt récupérée par un Moscovici en pleine possession, si je puis dire, d’une syntaxe sans doute acquise auprès de la « Compagnie de Jésus », transformée ensuite en un déni d’un prétendu «  retour à des privatisations » pour être enfin confirmer par ce génial euphémisme «  d’une gestion fine du capital de l’Etat… ». Ah ! cette gestion fine du capital… Une merveille ! Finalement, si l’on devait retenir une chose de ce premier anniversaire du pouvoir exercé par Hollande et les siens, c’est bien cette capacité à normaliser, à édulcorer le langage ; et donc notre représentation du réel. Tout ce qu’il peut contenir de tensions, de conflits voire de violence symbolique est en effet débusqué et chassé. On parle désormais aux français comme à de grands malades avec des mots-lexomil aux effets apaisants. On me dira qu’il n’y a là rien de nouveau. En effet, Platon et ses sophistes nous ont depuis longtemps  appris le poids de la parole et des mots dans la conquête et l’exercice du pouvoir. Ce n’est cependant pas une raison pour cesser de les interroger, de les déconstruire et d’en dénoncer, comme hier, les usages parfois mal intentionné…

 

Rétrolien depuis votre site.

Désormais, 3 façons de réagir !

Commentaires (1)

  • Avatar

    pibouleau

    |

    langue de bois pour justifier une politique de droite avalisée, au demeurant, même par le Medef

    F.H. a droite toute. Les patrons lui disent merci, pas les travailleurs

    ni les descamisados de bastille

    Reply

Laisser un commentaire

Articles récents

Un coup de coeur et quatre coups de gueule…

Un coup de coeur et quatre coups de gueule…

        19 Octobre. 17h 15, je prends la rue Droite — qui ne l'est pas — au départ de la place de l'Hôtel de Ville  pour attaquer mon grand tour urbain quotidien[Lire la suite]
Municipales2020 ! À Gruissan — et ailleurs ? — Codorniou se jette à l'eau !

Municipales2020 ! À Gruissan — et ailleurs ? — Codorniou se jette à l'eau !

      Codorniou rompt enfin un lourd silence qui mettait les électeurs de Gruissan, ses concurrents éventuels et les commentateurs du mundillo politique narbonnais dans un état proc[Lire la suite]
Narbonne ! Municipales2020 : Monsieur Daraud veut épurer notre petite cité !

Narbonne ! Municipales2020 : Monsieur Daraud veut épurer notre petite cité !

  Monsieur Daraud veut épurer notre petite ville. Les SDF la salissent, leurs chiens chient et puent. « Il faut les enjamber pour entrer dans les commerces du centre-ville. » Ce sont des « ind[Lire la suite]
L’ai-je déjà dit ? J’apprends à voir. Oui, je commence.

L’ai-je déjà dit ? J’apprends à voir. Oui, je commence.

          « L’ai-je déjà dit ? J’apprends à voir. Oui, je commence. Cela va encore mal. Mais je veux employer mon temps. Je songe par exemple que jamais encore je[Lire la suite]
À quoi bon inventer des histoires, les mots n’y suffiront jamais.

À quoi bon inventer des histoires, les mots n’y suffiront jamais.

  2. J’allais donc sur une plage de sable fin dont je tairai ici le nom, pour encore tenter de vivre, dans ce moment d’écriture, l’illusoire après midi d’un monde rythmé par des images et de[Lire la suite]
Faux procès et questions après la tuerie à la Préfecture de Police de Paris…

Faux procès et questions après la tuerie à la Préfecture de Police de Paris…

        Il eut donc fallu que Monsieur Castaner, dans l’instant même où l’assassinat de quatre fonctionnaires de police fût commis et l’information instantanément diffusée sur[Lire la suite]
  
2006-2019 © Contre-Regards
Conçu par OnEric Studio
 
%d blogueurs aiment cette page :