Contre-Regards

par Michel SANTO

Les raisons d’une victoire ( ou d’une défaite ).

A Narbonne, la campagne des municipales fut, pour l’essentiel, digne. Et Jacques Bascou l’a nettement emportée : 57%. Cette sévère défaite de Michel Moynier vient de loin et il ne peut , pour l’expliquer, s’en tenir qu’à des facteurs externes :  une  presse malveillante (facile!), l’effet Sarkozy (trop simple!)… voire à l’usure du pouvoir ( un peu plus sérieux!).
Ces facteurs doivent certes être pris en compte, mais il ne me semble pas déterminants. En réalité, malgré la présentation d’un bon bilan et d’un bon programme, cette sanction des électeurs s’explique essentiellement par des raisons qui tiennent à la forme, au style même de la gouvernance conduite par la municipalité sortante.
Une gouvernance héritée d’une histoire marquée par une opposition frontale aux principaux acteurs institutionnels locaux de gauche et un « apolitisme » de combat établit il y a trente ans par son fondateur, Hubert Mouly. Une histoire qui a profondément structurée des pratiques et  une culture de « ville assiégée », en totale contradiction, aujourd’hui, avec les réalités d’une société locale plus « éclairée », plus ouverte, plus diversifiée. 
Bien que cela soit difficile à entendre, on ne peut pas ne pas constater, en effet, une demande de la société civile de ” participation ” à la définition et à la ” mise en oeuvre ” des politiques publiques .Et cette attente, les électeurs narbonnais ont considérée qu’elle n’avait été ni entendue ni satisfaite . Les conditions dans lesquelles la piétonisation et le plan de circulation ont été mis en place à deux  ans des élections, par exemple, ont révélé (à tort ou à raison , peu importe après tout!) l’ampleur de ce déficit d’écoute et de dialogue cristallisant définitivement dans l’esprit des narbonnais l’image d’un maire “ passant systématiquement en force. “
Sur le plan institutionnel ensuite, en prenant l’initiative (juste et nécessaire) de la création d’un nouvel espace de gestion (la Communauté d’Agglomération de la Narbonnaise, le SYCOT…) avec des communes environnantes en majorité « hostiles » au plan politique Michel Moynier signait, de fait, la fin du « Moulysme » et de sa culture politique sans en tirer cependant toutes les conséquences, notamment , dans ce domaine aussi, quant à son style de « management » forcément inadapté à ce nouvel environnement institutionnel (CAN, Parc Naturel Régional, Pays de la Narbonnaise…) structurellement plus ouvert et  plus coopératif.
Dans ce contexte, il suffisait à J. Bascou de bâtir une liste et de construire une campagne qui, par « effet miroir »  mettent en relief ces contradictions résultant d’une manière de faire propre à Michel Moynier combinée à une forme ” politique” et à un style de gouvernance manifestement en fin de cycle .
Ce fut fait…On connaît la suite !

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