Contre-Regards

par Michel SANTO

l’État “nounou” : il fait chaud, il faut boire ; bien s’habiller…

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Il fait chaud ! Très chaud ! Et me l’entendre dire tous les matins et tous les soirs de tous les jours par les présentateurs météo des journaux télévisés, les éditorialistes des stations de radio, les ministres, les présidents et représentants des partis d’opposition — certains n’hésitant pas à rendre le gouvernement responsable de la canicule que nous subissons en ce moment — , les militants d’associations « vertes », me fatiguent. Oui, il fait chaud, très chaud ! Il faut boire, boire, nous est-il rabâché.

J’ai même ouï un ministre qui sur une « radio » donnait des conseils sur la meilleure façon de s’habiller ! Me prendre ainsi pour un enfant non seulement accroît ma fatigue — morale —, mais blesse aussi l’idée que je me fais des devoirs envers moi-même, comme envers ceux de la société, que m’impose cette période climatique, en particulier. De mon sens des responsabilités, pour tout dire. Et comme si cela ne suffisait pas à créer une atmosphère sociale chargée de peurs et anxiogène, pleuvent, si je puis dire, de toutes parts, des reportages et des articles de presse, sur la fonte des glaciers, l’expansion des déserts, la raréfaction des eaux, la disparition d’espèces animales… Phénomènes dont je suis bien conscient, mais qui, exploités de cette façon apocalyptique, finissent par entretenir le doute sur le sérieux du « réchauffement de la planète terre » tout en suscitant des formes de paranoïa collective. Avec la circonstance aggravante d’évacuer de la discussion « politique » alimentée par les médias tous les autres aspects de la vie publique — sociaux, éducatifs, industriels, internationaux etc. Bref ! cette tendance à l’infantilisation des individus en jouant sur les peurs et le désir de protection me semble très préoccupante. Traiter et résoudre les problèmes posés par l’incontestable réchauffement climatique, notamment, nécessite au contraire de les considérer en tant que personne libre, autonome et responsable. C’est le rôle de l’État d’y veiller…

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Commentaires (3)

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    Polo

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    Les dangers de la canicule ou les bienfaits des dettes….!

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    Eric AKAFFOU

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    En te lisant, j’ai pensé à ce passage de L’Education sentimentale: “il se sentait tout écœuré par la bassesse des figures, la niaiserie des propos, la satisfaction imbécile transpirant sur
    les fronts en sueur ! Cependant, la conscience de mieux valoir que ces hommes atténuait la fatigue de les regarder.”

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    • Michel Santo

      Michel Santo

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      Quel roman ! Il fut un temps où je récitais par cœur les premières pages, celles où le jeune Frédéric Moreau embarque sur le « Ville de Montereau »..,?

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