Lui : « Quel est l’âge idéal pour mourir ? » Elle : « Je vais te le dire. C’est soixante-quinze ans. »

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
On fait parfois de belles rencontres sur les réseaux sociaux. Celle de Denis, sur Facebook, en est une. Il y a quelque temps déjà, je ne sais plus à quel propos, je lui avais dit que j’avais tout lu de Patrick Modiano. Fidèle lecteur lui aussi de cet auteur, il m’avait demandé si je connaissais Didier Blonde – je comprends à présent pourquoi. Je lui répondis que j’ignorais tout de lui. Mais l’attention portée à cet écrivain par Denis avait éveillé ma curiosité.
J’ai donc lu, pour commencer, son « Cafés, etc », édité au Mercure de France. Pas tout à fait par hasard, d’ailleurs ! J’aime en effet ces lieux d’habitudes et de liberté qui peuvent attirer ou repousser, comme un roman. Chacun, en effet, a son atmosphère, son style, ses voix. Et les premiers mots entendus des serveurs, leurs premiers gestes décident bien souvent de ce que sera la suite.
Les cafés de Didier Blonde, eux, sont parisiens. Il fréquente des anonymes et des plus illustres. Ce sont de petits théâtres où s’y jouent des rencontres fortuites ou programmées, des retrouvailles, des séparations, des moments de joie et de colère…
De sa table ou accoudé à un bar, Didier Blonde observe et croque ce petit monde en perpétuel mouvement. Il nous fait participer à une subtile et mélancolique célébration de ces moments de vie minuscules qui font notre quotidien. Trop pressés, insensibles, indifférents à la trame des jours, on les laisse trop souvent glisser dans la trappe du temps.
Si j’en parle aujourd’hui, de « Ces cafés, etc. », c’est parce qu’à la page 38 de ce beau livre, Didier Blonde note ce bref dialogue entendu dans l’un d’eux : Lui : « Quel est l’âge idéal pour mourir ? » Elle : « Je vais te le dire. C’est soixante-quinze ans. » « Ah ! oui ! c’est vrai, soixante-quinze ans, c’est bien, tu as raison. » Du Beckett, peut-être. »
Des mots qui m’ont fait sursauter. Et pour cause : le 9 avril approchait et c’était précisément le jour de mon anniversaire. J’ai donc, depuis, 75 ans et deux jours.
Ce matin – j’allais écrire comme d’habitude –, je me trouvais finalement en bonne forme et bien décidé à vieillir encore ainsi – tant que cela reste acceptable en tout cas. Sans faux semblants ni en faisant semblant d’aimer vieillir.
Bref ! En vérité, ces impressions de lecture ne sont qu’un prétexte. Mon intention première était surtout de ne pas risquer de paraître trop impoli en ne répondant pas personnellement à tous ceux qui m’ont souhaité en message privé un « bon anniversaire. Cela m’a fait plaisir ! Un grand merci. Mais avant de nous quitter, et puisque « lire c’est vivre » – et résister –, un dernier mot quand même : lisez donc Didier Blonde !
 

(Un plaisir cependant gâché par une actualité politique où nos intelligences et nos cœurs sont attaqués par des idéologies fondées sur la violence et le rejet des « autres ». Aussi, le 24 avril, il ne sera plus temps de jouer avec les mots, mais de choisir, pour le glisser dans l’urne, le seul bulletin du seul candidat capable de nous éviter le pire.)

         

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Commentaires (1)

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    Martinez

    |

    L’âge idéal pour mourir se définit en deux mots , « Plus tard »!

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