Contre-Regards

par Michel SANTO

Ma première contribution au Grand Débat !

Le grand débat a été officiellement lancé par trois rencontres entre le président de la République et des maires. La dernière en date l’a conduit devant des Gilets Jaunes dans la Drôme. Dans ces  exercices, jamais entrepris par un Président de la République, sous la cinquième République – soit dit en passant – , Emmanuel Macron, s’est exprimé et s’est engagé à tirer les conséquences pratiques des propositions qui ne manqueront pas de s’exprimer sur les divers sujets exposés dans sa lettre aux français. Une initiative politique inédite et très révélatrice des difficultés structurelles de notre démocratie.

Première difficulté et premier enseignement : toute réforme en profondeur du pays a besoin de corps intermédiaires. Dans une démocratie de 70 millions d’habitants, un plan techniquement parfait ne peut s’imposer seul depuis un ministère. Il lui faut le soutien de  groupes sociaux aux intérêts contradictoires sur la durée. En Marche l’a réussi avec succès  pour un acte ponctuel : le vote en faveur de son candidat, mais le « parti » présidentiel a échoué a maintenir actif son mouvement, si je puis dire. C’est là que les corps intermédiaires ont leur rôle : ils peuvent bloquer ou faciliter des changements, mais leur désagrégation interdit toute relation ordonnée entre le haut du pouvoir et la masse des citoyens. Cette désagrégation n’a pas été voulue et orchestrée par En Marche, comme je le lis trop souvent. Quand Macron, en campagne électorale appelait et œuvrait au dépassement des clivages politiques et idéologiques des partis politiques ou des syndicats, il  ne faisait que constater que cette offre politique sclérosée ne correspondait plus à une demande sociale de renouvellement traversant tous les corps (et pratiques !) institués depuis trop longtemps. Depuis, deux ans à peine, la recomposition politique n’est pas encore parvenue à son terme ; et la LREM, surtout et hélas, n’a pas su, ou pu, construire un réseau puissant et cohérent de « militants » organisés sur tout le territoire afin de construire des solidarités et relayer auprès des français les « attendus » et effets des réformes engagées. En sens inverse, l’exécutif s’est trouvé privé de ces relais pour sentir et comprendre l’état et les mouvements d’opinions : sa majorité à l’Assemblée ne suffisant pas, à l’évidence…

Le second enseignement des débats avec les maires découle du premier : la France a besoin de décentralisation. Pour des raisons politiques que le mouvement social des Gilets Jaunes a clairement mis en évidence. Raccourcir cette trop grande distance entre le « haut et le bas », passe nécessairement par la multiplication et la mise en place de relais (qui serviront aussi de fusibles) entre les citoyens et le pouvoir central. Aujourd’hui, beaucoup trop d’élus locaux « se planquent » derrière les Gilets Jaunes, notamment, en faisant porter la responsabilté de tous les problèmes financiers et sociaux du pays au seul État central – État qui concentre, il est vrai, trop de pouvoirs. Il faut donc pour éviter ces travers donner une  plus grande autonomie aux collectivités locales, chasser tous les dysfonctionnements résultant d’une réforme territoriale engagée lors du quinquennat précédent, tout en donnant aux administrés un plus grand contrôle, par la voie référendaire, notamment, sur leurs programmes et actions ; laisser jouer l’expérimentation et la concurrence entre collectivités aussi… J’ajoute que cette réorganisation de notre système administratif et politique est aussi une des conditions, la principale peut-être, pour contenir la dépense publique : dans les administrations centrales comme dans la santé, les collectivités ou même l’éducation.

Dans cette imprévisible conjoncture, comme souvent dans l’histoire, l’occasion se présente de pouvoir réformer en profondeur, lever les rentes de situation et les blocages institutionnels de toute nature. Une occasion qui devrait permettre aussi de relancer de manière dynamique ce quinquennat…

 

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Commentaires (7)

  • Dengis

    |

    Bonjour Michel,
    Tu as oublié l’accord du participe passé ? Cela ne te ressemble pas, c’est bien toi qui a écrit ce texte ? (du…de la..) Tu relis toujours pourtant ?
    Cordialement JD

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    • Michel Santo

      Michel Santo

      |

      Oui, il est de ma plume ! Mais pas relu correctement, et que de coquilles et « fautes » corrigées. Merci pour votre lecture attentive et bienveillante.Bonne journée !

      Reply

  • Polo

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    Oui Michel Santo :Vaste programme:C’est au niveau de l’État, du Gouvernements ,des Assemblées ,des Régions,des Départements,des Communautés de Communes ,des Communes de  » lever les rentes de situation et les blocages institutionnels de toute nature »
    Qui va lever le doigt?

    lever les rentes de situation et les blocages institutionnels de toute nature.

    Reply

  • Aimé COUQUET

    |

    « Pouvoir centralisé, pouvoir déconcentré, pouvoir décentralisé… » Est-ce l’organisation qui est responsable de tous nos maux ? Ou bien, le système dans lequel nous vivons ? c’est à dire le système capitaliste (excusez-moi pour avoir prononcé ce gros mot). Avons-nous besoin de tous ces milliardaires ? La plus grande part des politiques n’étant que leurs valets.

    Reply

    • Michel Santo

      Michel Santo

      |

      Croyez-vous vraiment qu’il suffirait d’envoyer les milliardaires et leurs valets (et les remplacer par qui d’autres : les valets ? ) à Pôle emploi pour satisfaire toutes les demandes sociales et financières des français ?

      Reply

    • Didier

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      C’est ballot tous ces milliardaires qui emploient des centaines de milliers de salariés à qui ils versent des salaires…….

      Reply

  • Aimé COUQUET

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    C’est ballot comment sont-ils devenus milliardaires sinon à la sueur du front des travailleurs. Nous n’avons pas besoin de milliardaires pour faire fonctionner les entreprises. Appropriation des moyens de production. Le système capitaliste reproduit en permanence la crise qui est payée par l’ensemble de ceux qui produisent pour rendre les milliardaires encore plus riches. Voir les résultats de distributions de dividendes dans notre pays alors qu’il y a de plus en plus de pauvres. La prochaine crise qui est annoncée mais qui sert a faire peur, sera terrible.

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