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par Michel SANTO

Manuel Valls, en usant du 49.3, signe aussi la fin de l’hégémonie culturelle et politique d’une certaine gauche…

Gramsci-guerre-de-position-et-guerre-de-mouvementsLa décision du Gouvernement de Manuel Valls d’utiliser le 49.3 (ce qui n’est pas scandaleux, en soi!) pour faire passer la loi dite Macron au motif que sa gauche de la gauche, du PS au Front de Gauche en passant par les Verts, établit désormais que ses seuls marqueurs culturels, idéologiques et politiques se limitent au “Mariage pour Tous” et “Au refus du travail le Dimanche”, même étendu de quelques jours à peine. Avec comme figures emblématiques, mesdames Taubira et Aubry.

C’est aussi le signe de la fin d’une longue période historique où la Gauche, disons traditionnelle et au sur-moi marxiste, jouissait d’une incontestable et lourde hégémonie culturelle au sein de la société civile. Une hégémonie au sens “Gramscien” (1)  du terme qui lui a permis de conquérir nombre de pouvoirs, dont celui de l’État.

En cela, comme le faisait remarquer encore récemment Manuel Valls, la Gauche – et le PS avec –  est tout bonnement menacée de disparaître du champ politique. Et si le prochain congrès du PS n’est pas capable de reconstruire son corpus idéologique et programmatique pour l’adapter aux conditions modernes et aux contraintes de notre environnement économique, culturel et politique, la menace en question se traduira en accélération de son effondrement…

Contrairement à certains, je ne me réjouis pas de  cette crise structurelle de l’identité du PS. Sa non-résolution, contient en germe, en effet,  de graves menaces pour la démocratie.

Est-il besoin d’aligner des arguments pour s’en convaincre?

(1) Selon Gramsci, toute conquête du pouvoir doit d’abord passer par un long travail idéologique, une lente préparation du terrain au sein de la société civile. Il faut, peu à peu, subvertir les esprits, installer les valeurs que l’on défend dans le domaine public afin de s’assurer d’une hégémonie culturelle avant et dans le but de prendre le pouvoir.

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