Contre-Regards

par Michel SANTO

Mariage pour tous: “Sarko m’a tuer”! Vraiment l’a-t-il fait?

Sarkozy

Sarkozy a donc cédé devant les militants UMP anti “Mariage pour tous” Il a en effet prononcé le seul mot qu’ils souhaitaient entendre: abrogation. Depuis , fusent les critiques du côté gauche comme du côté droit . Madame Taubira, elle, reste silencieuse. Personne n’en fait la remarque, mais je note que depuis l’installation du gouvernement Valls2, on ne la voit, ni ne l’entend plus. Serait-elle victime d’une extinction de voix? Mais passons! ce n’est pas mon sujet. J’observe aussi qu’à l’analyse des propos tenus, L’Express souligne le fait que les idées avancées par l’ancien président ne sont pas très différentes de celles qu’il défendait, sur cette question, dans sa campagne de 2007. Mais peu importe, l’objet de ce billet n’est pas de revenir sur un débat qui devrait être clos. Non , ce qui me semble important de souligner, dans cette affaire, est l’énorme pression exercée sur les candidats déclarés aux primaires de la prochaine présidentielle par une large majorité d’adhérents et sympathisants de l’UMP . Une fraction du corps électoral durablement acquise à des thèses et positions politiques très conservatrices . La pression est telle, qu’un Juppé , s’il n’y prenait garde, surtout depuis sa récente conversion en faveur de l’adoption par des couples homosexuels, finirait bien par incarner à leurs yeux, la figure d’un candidat de centre gauche. Un Bayrou relooke ou un Valls qui aurait pris un peu plus de «bouteille» . Mais, et pour faire bref, c’est un fait politique majeur qui, en cette occasion, s’est clairement exprimée et n’a guère été commenté. Une contradiction potentiellement explosive entre la nécessité de “rassembler les français” au delà des partis, comme le clame le même Nicolas Sarkozy, et la consolidation d’un refus de tout compromis sur ce qu’il est convenu d’appeler les questions de société, comme l’exige une part grandissante de ses sympathisants – et de l’électorat de droite en général… Ainsi apparaît en pleine lumière l’obstacle du bipartisme de fait qui régit le fonctionnement de notre système politique. Un bipartisme politique et culturel qui bloque toute tentative de coalition partisane et condamne les «partis dits de gouvernement» installés au pouvoir à très vite apparaître aux yeux de leur électorat respectif comme des «partis traîtres » faisant fi des promesses faites pendant leur campagne électorale. Une aubaine pour les extrêmes … Cela dit, attendons l’après 27 novembre et l’élection du futur président de l’UMP pour aller au delà de cette première constatation. Cette élection sifflera en effet le vrai début des primaires à droite et permettra d’y voir un peu plus clair sur la façon dont Nicolas Sarkozy, puisqu’il ne fait aucun doute qu’il en sortira vainqueur, entend affirmer les «valeurs» de son camp et réconcilier «les français». Et pour ce faire, selon son dire, organiser autrement son parti et ses idées… Il en va de même à gauche . À suivre!

Mots-clefs : , , , , ,

Rétrolien depuis votre site.

Désormais, 3 façons de réagir !

Commentaires (5)

  • Avatar

    Barsalou

    |

    Sarkozy m’a tué et non tuer…

    Reply

    • Michel Santo

      Michel Santo

      |

      C’est volontaire Hélène, je reprends le titre du bouquin de Lhomme et Davet, qui lui même reprend la fameuse phrase fautive: “Omar m’a tuer” en intitulant leur bouquin ” Sarko m’a tuer “. J’ai fait un billet sur ce sujet, tu ne l’as pas lu ?

      Reply

  • Avatar

    POLO

    |

    Merci de votre billet d’aujourd’hui.
    Peut on parler de “récente conversion” de celui qui est marié à une journaliste du progressiste quotidien La Croix?

    Reply

    • Michel Santo

      Michel Santo

      |

      Le quotidien La Croix est un excellent journal. Certainement un des mieux écrit. Il ne pratique pas la course au buzz de surcroît. Ce qui dans notre univers médiatique est une précieuse rareté…

      Reply

      • Avatar

        Chocard

        |

        Il n’en reste pas moins progressiste…

        Reply

Laisser un commentaire

Articles récents

Scène de la vie narbonnaise : un soir des fééries de Noël, j'ai croisé un homme seul sur une chaise roulante…

Scène de la vie narbonnaise : un soir des fééries de Noël, j'ai croisé un homme seul sur une chaise

      Dans ma petite ville, nous avons un marché de Noël aussi. Avec les mêmes baraques blanchâtres, les mêmes têtes du Père Noël, les mêmes marchandises, le même fond "musical[Lire la suite]
Scène de la vie narbonnaise : Elle était assise sous la véranda de ce bistrot du centre ville…

Scène de la vie narbonnaise : Elle était assise sous la véranda de ce bistrot du centre ville…

        Elle était assise sous la véranda de ce bistrot du centre ville où je m’étais installé pour y boire une tasse de café noir. Je l’observais, élégante et rêveuse, caress[Lire la suite]
Le temps n'est pas loin où vont revenir les langueurs universelles, les croyances à la fin du monde…

Le temps n'est pas loin où vont revenir les langueurs universelles, les croyances à la fin du monde…

    Depuis des mois, je ne lis plus que des correspondances, carnets, journaux d’auteurs : Flaubert, Gide, Malaparte, Renard, les Goncourt … (dernier achat chez mon bouquiniste : Les car[Lire la suite]
"Franchement, Michel ! à quoi bon tout ça !", me disait aussi une petite voix…

"Franchement, Michel ! à quoi bon tout ça !", me disait aussi une petite voix…

    Recommandant la lecture quotidienne d’une ou deux « pensées » de La Rochefoucauld ou de La Bruyère pour exercer sa lucidité et ne point être dupe de certaines postures social[Lire la suite]
Qui pense encore à nos 13 soldats morts il y a quatre jours à peine ?

Qui pense encore à nos 13 soldats morts il y a quatre jours à peine ?

        Qui pense encore à nos 13 soldats morts il y a quatre jours à peine dans une opération de combat menée contre nos ennemis djihadistes ; qui pense encore à leu[Lire la suite]
Scènes de la vie narbonnaise à l'entrée du passage de l'Ancre et du cloître de la cathédrale Saint Just-Saint Pasteur

Scènes de la vie narbonnaise à l'entrée du passage de l'Ancre et du cloître de la cathédrale Saint J

        Lundi dernier, était-ce le matin ou l’après-midi, je ne sais plus. Pour quelles raisons me suis-je retrouvé devant l’entrée du passage de l’Ancre, je l’ignore. Et[Lire la suite]
  
2006-2019 © Contre-Regards
Conçu par OnEric Studio
 
%d blogueurs aiment cette page :