Contre-Regards

par Michel SANTO

Non ! un élu de la République ne peut ainsi diffuser ce genre de turpitudes…

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Décidément, quand la bêtise et l’aveuglement militant s’entrelacent dans une  même et constante critique (ce substantif, pour le cas qui nous occupe, n’est pas adapté tant il suppose un minimum de visée argumentative) politique ciblant l’actuel gouvernement et son président, dont cette image et son commentaire en sont l’expression la plus violente, on est droit de se demander s’il est encore possible de raisonnablement en débattre avec leurs propagandistes.La critique est bien entendu non seulement permise, mais nécessaire, faut-il le préciser. Elle concourt en effet à l’exercice public de la délibération démocratique, et permet l’avancée et l’approfondissement de la pensée collective, comme celle de chacun d’entre nous – pour peu qu’elle soit sincère (c’est à dire intellectuellement honnête)

Mais, en la circonstance, cette image – et son commentaire – , qui amène immédiatement à l’esprit cette insupportable comparaison entre une Europe de la dernière guerre mondiale sous domination hitlérienne et celle d’aujourd’hui, en paix, qui serait asservie par une Allemagne imposant ses normes et d’insoutenables dettes à l’ensemble des États qui la constituent, est proprement  scandaleuse. Sa diffusion deux jours avant ce 8 mai par un élu de la République, par ailleurs membre et responsable au niveau départemental d’un parti de gauche dont les responsables ont exercé les plus hautes responsabilités de l’État, en rajoutant dans le cynisme, comme si la sottise agressive et irresponsable du message ne suffisait pas à en soulager l’ardeur militante…

Faut-il donc rappeler aux adeptes de ce genre d’informations ineptes et anonymes que la dette, pour un État comme pour une entreprise, n’est pas, en soi, un problème ou un handicap ; qu’elle est même nécessaire pour financer des dépenses d’investissement, notamment, qui, en retour, permettent, par l’innovation et une productivité bonifiée, l’amélioration des conditions de fonctionnement du secteur productif et de son environnement socio-administratif (l’État entendu au sens large) et, conséquemment, la satisfaction des besoins des clients et contribuables au meilleur prix (celui correspondant au meilleur rapport entre l’euro payé par le client ou le contribuable et l’unité de produit ou de service rendu…)

Faut-il donc rappeler encore que ces raisons sont à l’origine des critères de convergence de l’Union Européenne instituant notamment l’interdiction,  – non d’une dette publique en soi, ce qui serait absurde, je me répète –  d’avoir une dette publique supérieure à 60 % du PIB ; et rappeler enfin que ce n’est pas madame Merkel et son gouvernement qui fixent les montants de dépenses publiques et les niveaux de prélèvements obligatoires et d’emprunts votés par les députés français, comme on ne peut tenir la première chancelière allemande pour responsable de plus de 30 ans de déficits publics français et d’une dette de 2226 milliards d’euros…

Que l’on critique donc les moyens engagés par le gouvernement de Monsieur Philippe, pour diminuer dépenses publiques et endettement est, ma foi,  de “bonne guerre” politique et peut se révéler au bout du compte utile à la Nation. Mais, par pitié, que l’on nous épargne l’indigence coupable de slogans, images et messages forgés dans le seul souci de cultiver, d’entretenir les passions les plus “basses”. Un élu de la République ne peut ainsi diffuser ce genre de turpitudes sans manquer à son devoir d’élever le débat public à la dignité qu’attendent de lui ses électeurs…

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Commentaires (4)

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    BALL

    |

    C’est vrai que le quotient intellectuel de nombre de nos élus est inversement proportionnel au taux de notre endettement par rapport au PIB !!

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  • Avatar

    Frédérique Bergé

    |

    Vous dites que la critique est entendable mais vous posez immédiatement des limites ! Votre conception de la liberté d’expression est vraiment restreinte : pas la bonne image, pas le bon moment etc… Avec ce genre de raisonnement, on arrive vite à censurer tel ou propos ou opinion pour de supposées excellentes raisons !

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    • Michel Santo

      Michel Santo

      |

      Je traite ici du comportement d’un élu de la République, pas de Monsieur Dupont ou Monsieur Dieudonné ! Et je ne lui interdis pas d’agir de la sorte, me contentant de lui dire que ce faisant, avec cette scandaleuse comparaison (et d’une stupidité totale), il abaisse sa fonction et sa responsabilté (et l’image que je m’en fais) au niveau le plus bas dans l’échelle de la démagogie politicienne…

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