Contre-Regards

par Michel SANTO

On rectifie la Carmen de Bizet et tue son Don José à l’Opéra de Florence

 
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Photo prise dans Le Parisien.

 

J’apprends qu’ à partir du 7 janvier, le metteur en scène Leo Muscato présentera au Teatro Maggio à Florence, une version politiquement-correcte du célèbre opéra de Bizet dont il a réécrit le final. Souffrant qu’on puisse acclamer, bisser, le meurtre de Carmen par Don José, dans une époque “marquée par le fléau des violences faites aux femmes”, notre directeur de conscience, a donc décidé d’inverser les rôles et d’en faire… la meurtrière de Don José. Drôle de morale qui en vient finalement à justifier le meurtre d’un homme parce que violent envers une femme. Une grotesque provocation artistique qui ajoute à l’impudente bêtise de son auteur celle des spectateurs et des “critiques” qui ne manqueront pas d’applaudir à cette audacieuse contribution à la “lutte contre le fléau du patriarcat”. Décidément, je ne suis plus de ce monde où il suffit de choquer pour paraître moderne et moral ; intelligent et progressiste…

*La nouvelle de Prosper Mérimée, qui inspira l’opéra, débute en épigraphe par une citation du poète grec Palladas : «Toute femme est amère comme le fiel, mais elle a deux bonnes heures, une au lit, l’autre à sa mort». Qui va prendre l’initiative d’interdire l’étude de cet auteur et de son oeuvre dans les lycées et les collèges ?

 

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Commentaires (2)

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    Forgues Henri

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    D’abord, mon cher Michel, je tiens à t’adresser mes meilleurs voeux pour 2018!
    Je laisse rarement des commentaires, me contentant , le plus souvent, d’apprécier la pertinence de tes articles, leur ton et ton honnêteté intellectuelle.Mais en l’espèce, je réagis car on touche à l’opéra…et donc, au sacré! Certes, j’en ai vus des délires de metteurs en scène, mais jamais ça!Comment peut-on se permettre de salir ainsi Bizet et Mérimée? Et comment un directeur de théâtre peut-il l’accepter, comment un public peut-il l’applaudir? Et le pire, c’est qu’avec ça, on fait le BUZZ, on touche ce nouveau graal de la notoriété aussi instantanée qu’éphémère. Si rejeter cette tendance à l’irrespect c’est être dépassé, alors oui, je suis un “has been” et le revendique. Amitiés, mon cher Michel.

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    • Michel Santo

      Michel Santo

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      Merci pour ce commentaire, Henri ! Bonne année à toi. Amitiés fidèles !

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