Le chien couché.

Géraldine m’attendait. On aurait dit une adolescente. Menue. Jolie. Ses yeux brillaient comme si elle partait en vacances. Elle est chirurgienne.

Géraldine m’attendait. On aurait dit une adolescente. Menue. Jolie. Ses yeux brillaient comme si elle partait en vacances. Elle est chirurgienne.

Un café. Quatre hommes. Deux journalistes. Deux socialistes. Une phrase lancée à la cantonade : « On fait ce qu’il faut pour Dati. » Une caméra planquée. La vidéo tourne. La toile s’enflamme

New York, 1960. Les bureaux fument. Les verres de whisky s’entrechoquent. Les costumes sont nets, les robes cintrées. Don Draper marche, grand, sombre, un mystère dans les yeux. Il vend des rêves, des cigarettes, l’Amérique. Il charme. Mais il porte un secret, lourd comme une pierre.

Hier matin, il a dit que c’était fini. Qu’il était temps. Qu’il avait eu une belle vie, et qu’il voulait une belle mort.

Avec l’âge, je m’absente souvent du tumulte. Celui des ondes, des médias. Je m’absente comme on ferme un livre qu’on n’a plus envie de lire.

Un avocat lâche tout. Sa femme, sa famille, son confort, sa société bourgeoise et riche. Il veut vivre ailleurs. Plus simple, plus vrai. Dans un quartier pauvre de Paris. Il se trompe. La vérité n’est pas dans les faubourgs. Elle n’est pas dans la bourgeoisie non plus. Elle est nulle part.

Je l’ai sorti de ma pile. Celle de ma cabane. Il m’attendait, massif. Comme les amours de Javier Marías. 373 pages. Roman publié en 2011, traduit en français deux ans plus tard. Je l’ai ouvert comme on avance dans une pièce obscure, tâtonnant, cherchant la voix. Et la voix, c’est María.

Ils se sont croisés à Paris, capitale du feu et des avant-gardes. Ils se sont aimés, admirés, combattus. Parfois frères, parfois rivaux.
Serge Griggio n’embellit pas, il révèle. Ses totems, dressés près de l’ancien lavoir, redonnent vie à un lieu qu’on croyait perdu.

4h45 du matin. Devant ma cabane. Rien ne bouge. Le vent est tombé. Le monde dort.La tasse est chaude dans ma main. Je crois être immobile. Comme les étoiles. Mais c’est faux.

On croit que l’intelligence protège de la bêtise. C’est faux. Elle la décuple. Elle la fait briller. Elle lui donne des allures de vérité.

Il était dans un coin de ma cabane. Parmi d’autres livres attendant d’être lus. L’inondation est un très court roman, moins de soixante pages, de Evgueni Zamiatine. Son dernier texte publié – en 1929 – avant l’exil.