Contre-Regards

par Michel SANTO

Valls garde Hollande à l’Elysée !

Valls garde Hollande à l'Elysée !

Manuel Valls a fait hier un discours " présidentiel " à l'Assemblée. Celui qu'un Hollande aurait du prononcer et qu'il ne pourra jamais plus présenter aux français . Un discours- programme présidentiel en trois temps qui "pétrifie" Hollande , s'il le fallait, à l'Elysée .

Et si certains doutaient des talents de communicant de Valls, les voilà rassurer, si je puis dire !.. Allons vite à l'essentiel sur le seul plan politique, et complétons cette première remarque. Ce n'est plus un tournant social démocrate, mais une orientation clairement social libérale qui est affichée – le perdant des primaires du PS vient de gagner le second tour du quinquennat ! Mélenchon et la gauche de la gauche sont désormais dans l'opposition et Duflot et les Verts vont tenter de capter son électorat. La gauche du PS ne peut pas se permettre une dissolution et avalera une fois de plus son chapeau – une vraie collection depuis deux ans . Désir, viré du PS et recasé au Gouvernement – Cambadélis prend sa place …

La bataille du leadeschip, et celle des présidentielles de 2017, entre Hollande et Valls est bel et bien ouverte. Coincé sur sa gauche, pas d'ouverture à droite, l'attelage ne peut foncer qu'au centre droit. Et logiquement l'ancien ministre de Sarkozy : Jean Pierre Jouyet , est nommé secrétaire général de l'Elysée . Ironie de l'histoire, les "manettes " de l'Etat sont tenues par deux hommes politiques de gauche sarkocompatibles ! Ce matin, et dans les jours qui viennent, quand viendra le temps de la réflexion au PS et chez ses militants, la révision de la " boîte " à idées risque d'être compliquée et … très douloureuse … Aux européennes qui viennent, le PS sera-t-il au dessus des 10% ? Tout juste !

Valls veut diviser par deux les régions, et il a raison !

Valls veut diviser par deux les régions, et il a raison !

Manuel Valls a annoncé aujourd'hui son souhait de «réduire de moitié» le nombre des régions françaises pour le 1er janvier 2017. Le premier ministre propose aussi de supprimer les conseils départementaux «à l'horizon 2021». En voilà une bien bonne idée ! Quand Sarkozy proposait lui aussi de réduire le nombre des régions, voici ce que cela donnait : 15 !

Valls veut diviser par deux les régions, et il a raison !

On en enlève quatre pour arriver à onze, et la Région Languedoc-Roussillon disparaît ! Et l'Aude et les P.O se retrouveraient conséquemment en Midi-Pyrénées . Narbonne et son agglomération ont tout à y gagner … Suerte Manuel !

Mona OZOUF et son Jules Ferry . Remarquable !

Mona OZOUF et son Jules Ferry . Remarquable !

Mona Ozouf est une grande dame ! Une grande intellectuelle, pas de celles qui se baladent sur les plateaux-télés. Chacun de ses ouvrages, de ses textes, est une fête de l’intelligence. Elle écrit comme elle pense, avec élégance . Rare !

LE FIGARO. – Jules Ferry est entouré d’un respect unanime. Pourquoi un tel prestige en 2014 ?

Mona OZOUF. –Dans le contexte actuel de la crise de l’école, on l’invoque pour avoir attaché son nom à une de nos grandes réformes scolaires, et il arrive même qu’on lui demande des recettes pour le présent. Mais il y a dans cette invocation admirative un paradoxe. Ferry, fort loin d’attirer les sympathies comme Gambetta, n’a jamais été populaire. Par ailleurs, la montée de l’individualisme menace l’école qu’il a construite, et, comme toutes les figures d’autorité, ses hussards noirs sont aujourd’hui atteints par le soupçon. Cela dit, on donne acte à Ferry d’avoir mis sa foi dans le savoir comme rempart contre la barbarie, souhaité former des citoyens conscients et libres, et voulu, en homme d’État, enseigner à tous les jeunes Français une histoire commune de leur pays, en réintégrant la Révolution française dans la continuité historique.

Qui est donc cet homme à rouflaquettes dont chacun connaît la photo ?

Jules Ferry est né en 1832 dans une famille de moyenne bourgeoisie républicaine de Saint-Dié, dans les Vosges. Son grand-père avait vécu la Révolution et été maire de la ville sous le Directoire. Jeune homme, venu à Paris faire son droit, Jules Ferry vit une immense désillusion : la révolution de février 1848, qui l’avait enthousiasmé, débouche bientôt sur l’élection du prince Louis-Napoléon à l’Élysée, puis sur le coup d’État du 2 décembre 1851. Le jeune républicain ne veut pas rallier le second Empire, ce qui lui barre la route de la haute fonction publique. Devenu avocat, il met à profit sa déception et ses loisirs en étudiant méthodiquement les grands auteurs, Condorcet, Auguste Comte, Stuart Mill, Spencer, Tocqueville, et en voyageant. Il découvre les libertés anglaises et admire les institutions des États-Unis. Sa pensée, plus complexe qu’on ne dit, emprunte à des sources éclectiques, parfois contradictoires.

Quelles leçons Jules Ferry tire-t-il de ses lectures et de sa réflexion ?

Il constate qu’en France le régime républicain ne parvient pas à s’enraciner. En 1789 comme en 1848, les révolutions ont des débuts exaltants, mais leur radicalité – la rêverie du monde refait à neuf et de l’homme nouveau – les condamne à l’échec. On ne peut pas faire n’importe quoi avec un vieux pays, Ferry en est convaincu ; il veut donc réconcilier l’idée républicaine avec le sens de la durée, les égards dus au passé et le respect de la tradition. Le jeune avocat tient ce qui a longuement vécu pour gage de valeur, et se sent redevable à plus ancien que lui. À cet homme des Vosges, rien ne paraît plus chimérique et illusoire que la fameuse phrase de Mirabeau en 1789 : « Il nous est permis de croire que nous recommençons l’histoire des hommes. » Ferry porte sur l’histoire de France le regard d’un héritier. C’est pourquoi, arrivé au gouvernement, il n’hésite jamais à saluer l’apport de ses devanciers, comme Guizot, président du Conseil sous la monarchie de Juillet, ou Victor Duruy, ministre de l’Instruction publique pendant la période « libérale » du second Empire. La tradition, pour Ferry, c’est une parole qui parle à travers nous sans être tout à fait la nôtre – un bienfait, pourvu qu’on se l’approprie et n’en soit pas prisonnier.

La grande affaire pour cette génération de républicains, c’est l’interprétation de la Révolution française…

Oui, le souvenir de la Révolution hante toute l’époque. Pour le jeune avocat, nourri de la lecture de l’historien protestant Edgar Quinet, le tournant dramatique de la Révolution, ce sont les journées des 31 mai et 2 juin 1793. La commune insurrectionnelle de Paris fait alors capituler la représentation nationale. La Convention cède à l’émeute et ordonne l’arrestation des 22 députés girondins que réclame la rue. Une catastrophe, pour Ferry, qui se méfie de la foule et pour qui le principe représentatif doit toujours l’emporter. En outre, l’événement illustre à ses yeux le despotisme toujours latent dans la culture républicaine. Il fustige les républicains qui absolvent la Terreur au nom des circonstances exceptionnelles. Son admiration va à l’Assemblée constituante de 1789 à 1791, non à la Convention qui siège de 1792 à 1795.

Après l’invasion de 1870, la chute du second Empire et la Commune de Paris, les républicains finissent par accéder au pouvoir. Quel est le projet de Ferry, ministre de l’Instruction publique, puis président du Conseil, et qui gouverne de 1879 à 1884 ?

À l’époque, la France vient d’être sévèrement battue par les États allemands et amputée de l’Alsace-Moselle. Puis la Commune de Paris, qui révulse Ferry, ajoute la guerre civile à la guerre étrangère. Ce contexte dramatique ne fait que confirmer son diagnostic sur les divisions des Français. Ce qui déchire la France n’est pas pour lui une fracture sociale, mais une fracture politique. Il faut donc panser les plaies, reconstituer une armée, bâtir des institutions stables, forger par l’école une culture de la continuité. L’ambition de Ferry

vise toujours le collectif. Il s’agit de refaire à la France « une âme nationale ». C’est dans ce contexte que l’instruction primaire obligatoire, gratuite et laïque est instituée en 1881 et 1882.

L’instruction obligatoire et gratuite, était-ce une révolution ?

Non, car ces deux réformes s’inscrivaient dans le droit-fil des efforts intervenus depuis la Monarchie de Juillet. En 1880, la grande majorité des enfants fréquentait déjà l’école, mais par intermittence. Rendre cette fréquentation régulière nécessitait de recourir à la contrainte de l’obligation. Celle-ci s’accompagnait d’une discipline stricte à l’école : respect des horaires, des programmes, du règlement. La pédagogie, unifiée d’un bout à l’autre du pays, était autoritaire, mais les normes, fixées sans états d’âme, étaient alors soutenues par l’ensemble de la société : le classement des élèves, par exemple, était une hiérarchie perçue comme légitime, celle de l’effort, du mérite et de la valeur. La sélection paraît à Ferry, comme aux parents d’élèves, une idée progressiste. Quant à la gratuité, elle aussi était assez largement acquise. En 1880, les deux tiers des élèves du primaire en bénéficiaient déjà. Mais sa généralisation donne à Ferry l’assurance de mêler sur les bancs de la classe ceux qui, lors du service militaire, seront, explique-t-il, « mêlés sous les drapeaux de la patrie ». Ajoutons que les jeunes filles bénéficient elles aussi de l’instruction obligatoire et gratuite. Si on distingue encore entre les écoles de garçons et les écoles de filles, les programmes scolaires, eux, sont identiques pour les matières fondamentales.

L’école publique devient laïque. Qu’est-ce que ça veut dire ?

Ferry sépare l’école publique de la religion catholique. On cesse d’ouvrir la classe par la prière. Le catéchisme n’est plus dispensé par l’instituteur. Les crucifix sont ôtés des murs, sauf si leur disparition provoque l’émoi de la commune et risque de vider l’école publique. Les curés, à qui la IIe République puis l’empire avaient confié la surveillance et l’inspection de l’école publique, se voient ôter cette prérogative. Mais dans l’esprit de Ferry, cette séparation des sphères est sans agressivité : la laïcité, c’est l’aboutissement de la séparation du spirituel et du temporel, qui est elle-même une invention du christianisme. Il n’est pas insensible au vide spirituel que peut entraîner la disparition de toute transcendance dans l’enseignement. Mais pour lui, ce vide peut être comblé par l’enseignement de l’histoire de France, l’instruction civique, et les exemples moraux tirés de « la bonne vieille morale de nos pères ».

La droite de l’époque reprochait à Ferry d’avoir interdit d’enseignement plusieurs congrégations et l’accusait de vouloir régir les consciences…

Le libéralisme de Ferry trouve là sa limite. Il n’accepte pas qu’on dispense un enseignement qui menace l’existence même de la République. Ainsi veut-il, en 1879, interdire l’enseignement des Jésuites, des Maristes et des Dominicains : ces congrégations non autorisées étaient engagées dans le combat contre la forme républicaine de gouvernement. Il s’agissait donc, aux yeux de Ferry,

d’une mesure de salut public, comme de réserver à l’État le monopole de la collation des grades universitaires. Pour autant, Ferry a maintenu le Concordat. Les parents restaient libres de choisir une école catholique pour leurs enfants. Et, dans l’école publique, les instituteurs étaient invités à observer la plus grande prudence dans l’évocation du sentiment religieux.

Après Mai 68, l’école de Jules Ferry va être très critiquée au point d’être abandonnée au profit d’une autre pédagogie. Quelle appréciation portez-vous sur ces critiques ?Elles ont été excessives, souvent injustes et dévastatrices. On doit à Pierre Bourdieu le procès d’une école reproductrice des inégalités de la société capitaliste : à l’en croire, les pics superbes de réussite et de promotion sociale, délibérément montés en épingle, font oublier la morne plaine de la reproduction. Et on doit à Michel Foucault la peinture de l’école comme un lieu de coercition, de dressage et de domination, à l’instar de la prison, de la caserne ou de l’asile. Je ne crois pas que l’école républicaine ait été dans un rapport univoque et servile avec la classe dominante ; et pas davantage que dans les sociétés urbaines et industrialisées, l’école à elle seule porte la responsabilité de l’uniformisation des individus. Et, de façon plus générale, je regrette la tendance justicière et dénigrante de notre époque. Juchés sur nos certitudes d’aujourd’hui, nous voyons partout dans le passé des victimes et des bourreaux. Tout ce qui nous semble fâcheux est attribué à des volontés malfaisantes. Nous ne supportons plus l’adversité, nous cherchons des adversaires. C’est l’histoire qui en pâtit.

Le réquisitoire porte aussi sur le mépris supposé des langues régionales et le statut subordonné des jeunes filles à l’école de Ferry…

Ce sont deux vastes sujets, qui illustrent du reste la tendance justicière dont nous venons de parler. Certes, Ferry s’est montré tout à fait aveugle aux différences ethniques et culturelles ; il n’a pas pour autant cherché, comme on l’en accuse parfois, à coloniser les périphéries, à expédier des instituteurs bretons en Corse et des corses en Bretagne. Et certes encore, il ne concevait pas pour les garçons et pour les filles des destins exactement symétriques ; mais il croyait à l’égalité de la raison chez tous les humains et se préoccupait de donner aux filles le moyen d’être autonomes et de faire face au malheur. Il faut traiter ces sujets dans le respect de la nuance et sans le poids du ressentiment.

Le père de l’école publique est aussi le promoteur de l’empire colonial français. Comment l’expliquer ?

Encore un vaste sujet, et vivement controversé. La pensée « coloniale » de Ferry ne diffère pas de sa pensée scolaire. Dans les deux cas, il s’agit de faire franchir à des groupes donnés la distance qui les sépare encore des Lumières. Transformer des petits paysans analphabètes en citoyens éclairés et amener des peuples barbares (c’est-à-dire, dans le vocabulaire du temps hérité du Montesquieu deL’Esprit des lois, restés à mi-chemin entre la sauvagerie et la civilisation) à franchir une bénéfique et ultime étape, voilà l’objectif qui faisait l’unité de l’œuvre et de la pensée. On peut bien sûr le contester, mais il faut aussi le comprendre.

Jules Ferry a aussi joué un rôle dans la consécration de plusieurs libertés publiques ?

Là est en réalité sa vraie gloire. Il a concouru à l’adoption des lois qui rétablissaient le mariage civil, la liberté de la presse, la liberté de réunion, la liberté syndicale. Il est encore le père de la loi de 1884, toujours en vigueur, et qui, en organisant l’élection des maires et du conseil municipal, fait naître la vie civique au village. Les réformes qu’il a mises en œuvre, devenues invisibles par leur évidence même, continuent à tisser notre vie quotidienne.

Entretien publié dans le Figaro du 7 avril 2014

Scènes de la vie narbonnaise : une remise d’écharpe et d’autres petits détails sans intérêts…

Scènes de la vie narbonnaise : une remise d'écharpe et d'autres petits détails sans intérêts...

Hier, le ciel était bleu et le fond de l’air d’une agréable douceur . C’était l’été sans la violence d’un soleil sans pitié. Il était 18 heures trente ! Je descendais les Barques , que le nouveau maire, Didier Mouly , trouve « môches », Jacques Bascou, l’ancien, qui, à mon goût, les fît belles, les remontait … Nous avons échangé quelques mots. De courtoisie et de respect. Comme il se doit entre " gens bien élevés " . Il y avait beaucoup de monde autour de sa personne, des fidèles en rangs serrés . Sur la promenade et les terrasses aussi, où on y goûtait un moment de détente et de plaisir . Jacques Bascou revenait donc du Palais du Travail . Sans son écharpe ! C’est désormais Didier Mouly en effet qui la porte. Mais sur la mauvaise épaule, l'avez-vous remarqué ? La gauche ! et le bandeau rouge au col de surcroît . Comme les parlementaires ! Un surprenant lapsus symbolique… me disais je ce matin en regardant cette photo dans l'Indépendant de ce jour . Hier au soir, à la tombée de la nuit, sur un fond de ciel sombre et bleuté , de petites formes noires s'agitaient . Indifférentes à ces petits détails de la vie pour elles sans intérêts … Les hirondelles sont en ville ! Enfin …

Chronique de Narbonne: le Grand Narbonne ! De la présidence et de l’UMP …

Le Grand Narbonne ! De la présidence et de l'UMP ...

Je ne vais pas réécrire ici ce que les lecteurs qui suivent cette chronique savent désormais des conditions dans lesquelles sera élu le prochain président du Grand Narbonne – premier lien ci dessous – , et qui, lorsque je les ai exposées ici bien avant le deuxième tour des municipales, ont fait  » sursauter  » le petit  » mundillo  » politique local . Comment donc, Jacques Bascou , maire sortant battu à Narbonne pouvait se retrouver Président du Grand Narbonne ? Et Didier Mouly conséquemment  » coincé  » sur Narbonne par son premier conseiller municipal d’opposition ? Eh bien oui , ce scénario inédit va effectivement se réaliser dans les prochains jours. Un scénario qui , finalement , devrait permettre à l’UMP de limiter son échec sur la ville centre et faire ainsi barrage à toute tentation hégémonique de Nouveau Narbonne sur l’ensemble de la Narbonnaise – tout en préservant ses positions sur Narbonne. Les régionales sont pour l’année prochaine et on ne voit vraiment pas en effet ce que Monsieur Py et ses amis peuvent attendre de ceux qui se sont refusés à tout accord de deuxième tour aux municipales … De ce point de vue, la seule question en suspend est de savoir si le maire de Leucate et ceux qui le suivent au Grand Narbonne seront des acteurs passifs ou actifs dans le processus en cours pour l’élection de Jacques Bascou à la présidence de la communauté d’agglomération …

Billet écrit dimanche soir à 23 heures 35

Ajouté ce matin de ce lundi à 11 heures . Quand je vous dis que l'Indépendant me suit à la trace ...

Ajouté ce matin de ce lundi à 11 heures . Quand je vous dis que l’Indépendant me suit à la trace …

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