Le Grand Narbonne ! Du candidat joker ou fantôme , jusqu’au retrait de Didier Mouly ?
Dan son merveilleux petit livre à l’usage de toutes les générations, Antoine Compagnon nous dit de Montaigne qu’il multiplie sans cesse les points de vue dans ses tentatives de saisir un monde lui-même plein de paradoxes et d’incohérences. Seule en effet l’illusion peut nous faire croire que nous irons au bout d’un sujet. Allant de-ci de-là, abordant toute chose par un petit côté, Montaigne n’écrit pas comme si c’était pour de bon, sérieusement, définitivement, mais en suivant son bon plaisir, en se contredisant à l’occasion, ou en suspendant son jugement si la matière est intraitable ou indécidable. Mon identité est instable ! nous enseigne -t – il . Montaigne n’a pas trouvé de « point fixe », mais il n’a jamais cessé de chercher…
« Je festoie et caresse la vérité en quelque main que je la trouve, et m’y rends allégrement, et lui tends mes armes vaincues, de loin que je la vois approcher. Et pourvu qu’on n’y procède d’une trogne trop impérieusement magistrale, je prends plaisir à être repris. Et m’accommode aux accusateurs, souvent plus, par raison de civilité, que par raison d’amendement : aimant à gratifier et à nourrir la liberté de m’avertir, par la facilité de céder » (III, 8, 1447).
Emplacement 113 sur ma liseuse Kindle
Il conseille aussi aux puissants de ne pas se prendre trop au sérieux, de ne pas « coller » entièrement à leur fonction; qu’ils sachent garder un certain sens de l’humour et de l’ironie. Et Antoine Compagnon de noter ( emplacement 700 Kindle):
" Si Montaigne, une fois élu maire, n’a pas joué à l’Important – comme disait le philosophe Alain –, il n’en a pas moins exercé toutes les prérogatives de sa charge avec fermeté, contrairement à ce que l’on a pu laisser entendre en le prenant au mot. Nul éloge de l’hypocrisie quand il demande que l’on isole l’être du paraître, mais une exigence de lucidité et, avant Pascal, une mise en garde contre la duperie de soi-même. "
Bonne lecture !
Qui me remet en mémoire ce que j’écrivais le 1 avril :
La conclusion de cette excellente chronique de madame Freesoz : " François Hollande ne rêve plus d'être celui qui, en janvier, voulait relancer l'Europe par le couple franco-allemand à travers le projet d'une « convergence économique et monétaire ». Il a plié les gaules. Il se bat pour sa survie. Il est retombé dans la marmite socialiste. Il est redevenu premier secrétaire du PS, il dose les courants, il veille aux équilibres.
Lui qui s'était affranchi de la fonction à l'occasion de la primaire socialiste a épuisé son capital d'autonomie. Pour retrouver de l'air, il n'a pas d'autres choix que de replonger dans la cuisine qui fut la sienne pendant onze ans. Sur ce plan-là, au moins, personne ne lui reprochera de manquer d'expérience. "
Dimanche dernier, je concluais mon billet relatif à l’élection du Président du Grand Narbonne par cette phrase : » De ce point de vue, la seule question en suspend est de savoir si le maire de Leucate et ceux qui le suivent au Grand Narbonne seront des acteurs passifs ou actifs dans le processus en cours pour l’élection de Jacques Bascou à la présidence de la communauté d’agglomération … «
Aujourd’hui, mercredi 9 avril, la question ne se pose plus et Jacques Bascou est assuré d’une majorité élargie .
Contre-Regards : le blog de Michel Santo
À plusieurs reprises, dans mes billets relatifs à cette campagne des municipales narbonnaise, j’ai regretté qu’il n’ait jamais été fait ne serait ce qu’allusion à la communauté d’Agglomérat…