Dans une précédente « Chronique de Narbonne » consacrée au sévère plan de restructuration du groupe auquel appartiennent l’Indépendant et le Midi Libre, je m’inquiétais de ses conséquences sociales: suppressions de postes, reclassements et fermeture de l’agence narbonnaise du Midi Libre d’ici la fin de l’année . Je relevais aussi , conséquemment, la perte relative d’un esprit de concurrence qui, objectivement, rendrait plus difficile encore l’expression publique des diverses options politiques d’ores et déjà en compétition pour les prochaines municipales. Ce souci, la CFDT, qui tente de mobiliser les salariés du groupe afin de limiter les dégâts, le fait sien aussi en faisant observer que : « La disparition d’une ligne éditoriale va affaiblir notre capacité, déjà érodée, à faire face aux différents pouvoirs, d’autant plus que la hiérarchie a pris l’habitude de courtiser les élus dans l’espoir utopique qu’ils aideraient les journaux à éviter la noyade. » Le représentant de cette centrale syndicale, qui connait bien le milieu, aurait pu être encore plus précis et faire état des affinités de toute nature liant rédactions locales et pouvoirs politiques locaux, auxquelles se mêlent parfois toutes sortes de traitements de faveur – Chut !… Entendez moi bien, comme partout ailleurs, ou presque … L’exemple venant d’en haut : à Paris la presse et la politique, ne dorment-elles pas dans le même lit ? En province en général et dans ma petite ville en particulier, une mesure toute simple permettrait pourtant de limiter ces effets pervers : déplacer tous les trois ou quatre ans les chefs d’agence, les faire changer d’air, comme les sous-préfets. Mais on en est pas là, loin s’en faut ! C’est plutôt l’inverse qui prévaut: la politique du groupe « Les Journaux du Midi » semblant se limiter au laisser faire de chaque agence avec les politiques locaux dominants, pourvu qu’il n’y ait pas de vagues. Cela dit, j’apprends que certains des journalistes du Midi Libre de Narbonne travailleraient , avec leurs collègues de Carcassonne, au maintien de ce titre dans le Département de l’Aude ; et ce autrement que pour y conserver « deux éditions fantômes à l’image de l’édition Catalan de Midi Libre . » Inutile de préciser que je soutiens cette initiative , comme je soutiens les salariés de l’Indépendant qui, par la voix de leur syndicat, veulent un titre plus libre, plus dynamique et plus offensif. La seule manière, pour une presse locale souvent paresseuse – parce que souvent, il faut en convenir, appauvrie en moyens financiers et humains – de se sauver de la noyade financière et … déontologique.
Youpi, Borloo et Bayrou se marient mardi à la maison de la chimie ! Cherchez l’erreur dans cette étrange combinaison. L’inconstance et la vanité en apesanteur politique. Un mélange sans autre énergie que son propre vide conceptuel et sociétal. Un centre sans circonférence: sans idées et récit. l’Europe n’est plus sa chasse gardée, l’électorat glisse à droite et le leur, qui n’est plus naturel, s’éparpille entre UMP, Verts et Rose. On secoue dans tous les sens l’éprouvette, rien d’autre qu’un agrégat de présidentiables en proportion inverse du nombre d’adhérents, d’élus et d’électeurs. Une recherche d’un centre perdu qui ressemble à celle du triangle des Bermudes. Vaine !
Jamais dans l’histoire de notre « monarchie républicaine », un tel chaos n’avait été constaté aux plus hauts sommets de l’Etat. Son roi est nu, ses ministres guerroient et sa cour de « bonnets roses » se retrouve à contre courant de sa culture, de son discours, de sa pensée d’elle même et de son rôle dans l’histoire. En Bretagne, la révolte sociale se fait sans elle et contre elle et Mélenchon, qui espérait la parer de son écarlate écharpe , se couvre le « chef » d’un ridicule et méchant bonnet d’âne. Des esclaves qui manifestent pour les droits de leurs maîtres, éructe-t-il, la rage aux lèvres . Ce que beaucoup à gauche, dans un silence complice, pensent tout bas ! Et qui montre à quel point le mépris s’en empare quand « le mouvement social » lui échappe. N’attendons donc personne pour condamner cet insultant dérapage. Ce genre de propos haineux ne se tient qu’à droite, n’est ce pas ?
Hier matin, c’est de bonne humeur que je m’apprêtais à regarder le monde au ras des petites agitations et fâcheries narbonnaises, suivant en cela la leçon de Miguel Torga selon laquelle « L’universel c’est le local moins les murs ». Le ciel était d’un bleu sans nuages pour l’attendrir un peu, et les Barques de Cité et de Bourg sans doute déjà noires de monde – le jeudi est jour de marché. De bonne humeur étais je, donc, quand, par réflexe – autant le dire tout de suite : stupide! – l’idée me prit d’ouvrir ma boîte à lettre électronique. Y flottait, comme un cheveu sur la soupe, sous la « banderole » Nouveau Narbonne, un texte – que je m’empressais, tout aussi stupidement de lire – d’un genre inédit et d’une violence inouïe sur la cuisine politique locale – on ne résiste guère à prendre connaissance de ces brouilleries provinciales. Un texte cependant difficile à avaler pour des estomacs sensibles. Long, lourd, laborieux, acide et finalement indigeste à force de filer une métaphore du plus mauvais goût sur « la soupe à l’union ». De quoi vous dégoûter des menus à venir de cette ancienne « maison » politique pour les municipales à venir . De centre-droit, tout en prétendant ne pas l’être tout en affirmant le contraire, apolitique, tout en ambitionnant d’en faire – de la politique – autrement, l’union n’est pas sa tasse de thé, nous est-il en conclusion asséné. Soit ! Mais qu’elle la prépare donc pour un second tour plutôt que de la rendre impossible, serait-on tenté de lui conseiller. Que son chef n’aime pas la table concurrente, celle de l’UMP, on peut après tout le comprendre . Son père était pareil ! Mais puisqu’il est désormais assuré qu’elle sera, comme la sienne, dressée, la sagesse devrait plutôt le conduire à ne rien dire et faire qui les renverserait toute deux . Tiens, pas plus tard qu’au début de cette semaine , je lisais dans la presse informée des affaires régionales que, paradoxalement, alors que tous les indicateurs annoncent un sévère vote sanction pour la gauche lors des prochaines élections municipales, toutes les villes de droite de la région risquaient de basculer… à gauche ; et les autres d’y rester ! La raison ? Le score du FN et les triangulaires qui en résulteraient … Ainsi, tout se passe, dans ma petite ville, comme dans le reste du pays : cette menace n’existerait pas ! Un aveuglement qui confirme le commun sentiment de supériorité qui s’empare des hommes engagés dans la course au pouvoir pour peu que leur raison soit envahie par le ressentiment ou la rancune. Une dernière remarque de Torga, qui n’avait pas besoin de parcourir le monde pour y trouver d’universelles vérités, son village lui suffisait : « L’argent comme finalité; le luxe comme finalité; le pouvoir comme finalité… Une fin d’Empire ».
Les otages n’avaient pas posés leurs pieds sur le sol français et leurs familles de les serrer dans leurs bras, que l’article du « Monde » faisant état du versement d’une rançon de 20 millions d’euros était sous presse pour être lu par des millions de lecteurs et son contenu repris par toutes les chaînes de radios et de télévision; contredisant ainsi , et avec quels arguments, le discours officiel qu’il n’y avait pas eue de rançon, et qu’il n’y en aurait jamais. Ce que, pour ma part, je n’ai jamais cru une seule seconde ! Comment peut-on accepter en effet l’idée que des terroristes présentés comme des assassins sans pitié seraient devenus, par le seul pouvoir de la parole, de doux humanistes soucieux de la vie de personnes emprisonnés depuis si longtemps ? Aucune contreparties d’aucune sorte n’auraient donc été exigées ? Rien! pas un euros. Ni de l’Etat, ni d’Areva, ni des Nigériens? Pas de montages ou d’utilisation de fonds secrets pour neutraliser dans l’opinion publique et chez de futurs ravisseurs que la France est ouverte à des négociations, y compris financières, pour sauver des français pris en otage ? Ecoutant Hollande et Fabius le proclamer, je me disais que, même dans la nécessité de mentir pour des raisons d’Etat évidentes ( voir le texte de Brice Couturier sur ce sujet ), leurs messages n’imprimaient plus; ni les écrans ni les esprits. Il arrive un moment , en effet, nous y sommes, où la parole politique atteint un tel discrédit qu’elle est , quoique fassent ou disent ceux qui en ont le magistère , dans l’instant, contestée, voire niée. Et quand des médias parfaitement documentés, comme dans le cas d’espèce, en exposent la face cachée en allant dans les « cuisines » d’une opération des plus secrètes, on se dit que le mensonge d’Etat perd une grande partie de son efficacité et de sa justification. À trop mentir, si on peut me permettre cet oxymore, le mensonge perd quelques unes de ses vertus…
L’Iran fait ses comptes après le sang. On ne tue pas seulement. On facture. La balle, la cellule, la caution : tout se monnaye. Même le cadavre. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime […]
Tokyo. Ses néons, ses silences. Un acteur américain usé accepte un emploi dans une agence de « familles à louer ». Il devient père d’un jour, mari de circonstance, ami sur commande. Tout est […]
Le rugby, à ce niveau, est le plus beau des sports collectifs. Ce France–Irlande n’est pas une simple victoire. C’est une démonstration. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime ça :J’aime […]
On croit connaître la bassesse des hommes. Puis l’esprit bute sur un fait que la raison ne peut absorber. Quelque chose cède. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime ça :J’aime […]
Libération diagnostique un « soft power » en ruine. Le constat séduit. Il est incomplet. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime ça :J’aime chargement… […]