Soyons laconique ! Plus que d’habitude; et disons les choses de façon brutale . Comme les circonstances, qui le sont tout autant, l’exigent. Fillon, qui, en rasant, se peignant ( ah! sa raie…), se brossant, se mirant… ; le matin, le midi, le soir ; à pied, en moto, en voiture; la nuit, le jour… ne pense qu’à Ça. Et fait preuve d’une irresponsabilité totale en divisant ses troupes, ce qui en soit ne serait pas bien grave si , dans un contexte hautement anxiogène, en sapant toute reconstruction de la droite républicaine et » cassant des assiettes » à toute volée dans sa propre cuisine , et alors même que la majorité au pouvoir est en train de perdre son hégémonie politique ( et culturelle ), il n’ouvrait une autoroute au Front National. Me plaçant du seul point de vue de l’intérêt de notre modèle républicain, je n’hésite pas à le dire : Fillon est, aujourd’hui, le premier agent électoral de Marine Le Pen. Cet homme est dangereux !
Ce François là, Umberto Eco dit de lui, dans le journal argentin La Nacion , qu’il représente quelque chose d’absolument nouveau dans l’histoire du monde. Son sourire , son verbe , son humour, sa modestie, sa volonté de réforme ont conquis un auditoire qui dépasse largement celui de ses sympathisants. Il a ce que les professionnels américains des relations publiques appellent le star power. Il parle beaucoup, il téléphone, tweete , écrit des lettres; bref il surprend. De l’avis de tous les commentateurs, un nouvel animal politique est en train de s’imposer sur la scène médiatique mondiale; il aurait tout compris de la globalisation et du pouvoir des médias. Toujours en perpétuel mouvement, il force l’admiration de tous les communicants, au premier rang desquels figurent ceux en charge de l’image de notre Président. Ce François là, on l’aura compris, ne siège pas à l’Elysée. Le sien, saint, est à Rome …
Les déclarations de François Fillon, hier ? Tout le monde, et moi le premier, s’en fout ! Plus grave, il contribue à la dévalorisation du politique en donnant l’impression qu’il ne pense qu’à une chose: sa carrière et les prochaines présidentielles. Par effet d’optique, il donne l’image d’une droite de gouvernement, toutes tendances confondues, sans projet et désunie. La conséquence pour l’UMP ? Son incapacité à mobiliser lors d’élections intermédiaires ! Une autoroute pour la fille Le Pen qui prend à droite sur les sujets sociétaux et à gauche sur les questions sociales. Comme le disait si bien ce matin Bruno Le Maire : » Ce n’est pas le moment de la compétition, c’est le moment de la reconstruction et ça passe par le respect de sa famille politique. J’ai eu vent des déclarations de François Fillon, mais ça ne m’intéresse pas. Il faut que l’UMP comprenne que pendant des années, elle n’a pas su répondre aux besoins des Français « . Ce n’est pas seulement l’intérêt de ce parti qui est en jeu dans cette affaire, évidemment – si ce n’était que cela !… Il n’est plus possible en effet d’assister à des face à face comme celui que Brignoles nous offre à voir encore aujourd’hui, et à cette montée, qui semble irrésistible de l’abstention et du FN , sans s’interroger sérieusement sur les responsabilités des uns et des autres dans le camp républicain. N’hésitons pas à le dire, les dirigeants de l’UMP et au principal Fillon, qui ne cesse de vouloir » casser la vaisselle » et de se démarquer de… Sarkozy , sont co-responsables avec Hollande et le PS de cette situation. A croire que leur cerveaux sont définitivement incapables d’enregistrer l’état réel du pays, de l’opinion et de ses attentes. Il est peut-être temps après tout que cette génération, à droite en tout cas, passe la main à des Le Maire et des Kociusco-Morizet. Ça élèverait les performances intellectuelles d’une opposition bien faiblarde sur ce point, à tout le moins… Ce qui serait déjà beaucoup !
Dimanche! on sort son carnet de notes ( ma Kindle ! ) et on copie ceci, juste avant l’heure de la messe : » Une situation assurée, une grosse voiture, une maison qu’ils ont fait construire, et je vous fais grâce du reste de la litanie ! Ils regardent la vie de haut, et vous font sentir ces attributs de leur surface sociale : Place ! place ! Tu peux crever, si t’es autre ; en plus, ça les conforterait ! En un mot, ils sont comme les bébés : ils croient que tout leur appartient, que tout leur est dû. « (1) Qui me fait penser à cet homme assis au bord de son lit, nu, contemplant à ses pieds son pantalon, sa chemise et tout le reste de sa raison sociale. En tas ! Froissé et dégageant des odeurs de fin de journée…
Les médias n’y ont pas prêtés attention, mais le retour de Bayrou vers Borloo et un centrisme d’opposition ancré à droite, d’une part, et le mouvement des Verts, comme à Rennes, Nîmes, Grenoble, Cholet, Clichy-la-Garenne, vers le parti de Jean-Luc Mélenchon dès le premier tour aux prochaines municipales, illustrent beaucoup plus qu’une érosion de la base électorale du gouvernement. Cela ressemble fort en effet à un naufrage, que souligne à sa manière l’impopularité record de François Hollande – il n’est pas besoin ici d’insister ! Dans ce contexte, pour sauver ses positions de pouvoir à défaut de son hégémonie culturelle , la gauche de moins en moins plurielle et de plus en plus limité au PS, n’a plus d’autre choix que de parier sur des triangulaires aux prochaines municipales et de conséquemment installer Marine le Pen et son parti au centre du débat politique. Ce qui est méthodiquement fait ! Aidé en cela par une réalité économique et sociale anxiogène, une politique fiscale brutale au plus grand nombre… une droite éclatée et une UMP divisée dont les principaux leaders s’organisent, en se différenciant par des postures et des petites phrases, pour la prochaine présidentielle. La question est donc de savoir s’il n’est pas déjà trop tard pour endiguer une déferlante Le Pen en 2014 , comme nous le prédisent tous les instituts de sondages ; et si l’on est en droit d’espérer ensuite un véritable sursaut, comme nous le suggèrent tous les docteurs Folamour ? Encore faudrait-il, pour que ce scénario ait quelque crédibilité, qu’apparaisse ou se révèle , puisque nous sommes dans une monarchie républicaine, une » personnalité » capable de proposer aux Français un récit clair, cohérent et courageux, plus qu’un programme électoral, qui soit capable de faire sens et de les rassembler. Or, si les circonstances s’y prêtent, à l’inverse, ceux qui prétendent y répondre, ne le sont pas , ou pas encore. Là réside le fond de mon pessimisme politique, tout en sachant, parce que ce pays décidément ne changera jamais, que c’est toujours au bord du gouffre qu’il prend conscience de l’état dans lequel il se trouve. Sans doute ne nous y sommes pas encore !…
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